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Pro D2 : L’incroyable trajectoire du RC Vannes, passé de la Fédérale aux portes du Top 14
RUGBY•Les Bretons recoivent Perpignan ce jeudi dans un choc de prétendants aux playoffs de ProD2Camille Allain
L'essentiel
- Leader de Pro D2, le RC Vannes accueille Perpignan jeudi soir à La Rabine pour un match entre prétendants aux playoffs d’accession au Top14.
- En passant de la Fédérale à la Pro D2 en quelques années, le club s’est construit « avec prudence et humilité », selon son directeur général.
- Ambitieux, le club breton espère se hisser en Top14 dans les années à venir. Cet été, il a recruté l’ancien arrière de Clermont Nick Abendanon.
Passée la déception de ne pas accueillir l’équipe de France dimanche, le RC Vannes s’est rapidement remis la tête à l’endroit. Leader de Pro D2, le club de rugby le plus huppé de Bretagne accueille ce jeudi Perpignan, l’un des favoris à la montée en Top 14 cette saison. Une référence historique du rugby français face au petit nouveau de la bande, promu en 2016 et à qui on promettait l’enfer. Au lieu de ça, Vannes a réussi l’exploit de s’installer parmi les outsiders de ce championnat très relevé. En attendant le Top14 ? C’est au programme.
Un stade de La Rabine chaleureux, où les 9.000 spectateurs se taisent quand le buteur adverse s’apprête à taper, comme les clubs irlandais le font si bien. Une pelouse souvent malmenée qui se repose au son des mâts des bateaux, amarrés dans le port situé juste à côté. A Vannes, le rugby ne ressemble à aucun autre. D’abord parce qu’avant le RCV, aucun club breton n’avait jamais atteint un tel niveau. Qui aurait imaginé que l’ancien club amateur irait un jour gifler Biarritz à Aguilera ? Ou fournirait un talent brut au XV de France comme Anthony Bouthier ?
« Nous avançons avec prudence et humilité »
Ce jeudi, les Bretons défieront un autre grand nom du rugby français : l’Usap. « Avec Oyonnax, je pense qu’ils sont plus armés pour finir devant nous. Nous sommes ambitieux mais nous avançons avec beaucoup de prudence et d’humilité », estime le directeur général du club Martin Michel.
Parti de Fédérale 3, le club du Morbihan a peu à peu gravi les échelons pour atteindre la ProD2 en 2016, ce qu’aucun club breton n’a jamais fait. Entraîneur de l’équipe première depuis 2005, l’ancien joueur Jean-Noël Spitzer a grandement participé à la lente éclosion de son club de cœur. « C’est le symbole. Notre objectif à tous, c’est d’amener une équipe de rugby bretonne au plus haut niveau. Cette région en a les valeurs, elle le mérite », poursuit le directeur général, qui a également porté les couleurs du club en Fédérale 2. « La stabilité du staff technique apporte de la sérénité », estime Laurent Neveu, fidèle abonné au club qui a encadré les équipes jeunes.
« On voit qu’il y a de l’engouement mais pas de folie »
Si le club affiche son ambition d’évoluer en Top14 « dans quelques années », ses dirigeants se gardent bien de vouloir y aller trop vite. « Il faudra que l’économie bretonne se fédère, que notre club grandisse, que le stade et les infrastructures évoluent. On travaille sur ce projet mais il y a encore beaucoup à faire », prévient Martin Michel. Avec 10 millions d’euros de budget et 80 salariés, la structure est bien loin des 40 millions du Stade Français et même des « petits » comme Brive, Bayonne ou Agen. Le RC Vannes s’est déjà offert le droit de rêver, quand il a participé aux playoffs d’accession au Top14 en 2019, éliminé par Brive en demi-finale. Un exploit pour un club promu en 2016 à qui l’on promettait la relégation instantanée.
Quelques années plus tard, la trajectoire du RC Vannes ne fait plus rire personne et suscite l’admiration. « Ce club a la tête sur les épaules, il est très bien géré. On voit qu’il y a de l’engouement mais pas de folie », estime Laurent Neveu. Cet été, le club s’est même offert son premier « coup » en signant l’arrière Nick Abendanon, laissé libre par Clermont et alors convoité par Leicester. « J’ai fait un choix familial, celui de Vannes. J’ai toujours dit que j’aimais la France, que je m’y sentais bien et que j’avais envie d’y rester. Vannes me proposait deux ans et un joli projet sportif à la clé », expliquait l'arrière cet été au Midi Olympique, élu meilleur joueur européen en 2015.
« Nous étions arrivés au bout d’un cycle »
Son arrivée dans le Morbihan illustre parfaitement la stratégie de son nouveau club : mélanger jeunesse talentueuse et expérience. « Ils cadrent les plus jeunes, on le voit. Depuis quelque temps, je trouve qu’on ne perd plus les matchs serrés comme avant. On a plus d’expérience, on a plus de concurrence à chaque poste aussi », estime Laurent Neveu.
Au-delà de Nick Abendanon, le RC Vannes compte dans ses rangs le demi de mêlée Florian Cazenave, revenu doucement au rugby après avoir perdu un œil, l’ancien joker de Toulouse Pierre Pagès ou le pilier Morgan Phélipponneau, de retour au pays après avoir officié en Top 14. « Nous étions arrivés au bout d’un cycle et nous avons changé beaucoup de choses avec le départ de certains cadres comme Hugh Chalmers ou Manoa Vosawai. On voit que nos choix payent, estime le directeur général qui rappelle. Notre effectif est assez jeune mais il progresse, il prend plaisir et il se construit au fur et à mesure ». Toute l’âme de Vannes résumée en quelques mots.


















