Coronavirus : Déterminé à « sauver le sport français en crise », Tony Parker a été « rassuré » par Roxana Maracineanu

BASKET Le président de l’Asvel, en première ligne depuis quelques jours pour défendre les intérêts du basket français face à la crise du Covid-19, a échangé lundi avec la ministre déléguée chargée des Sports

Jérémy Laugier

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Tony Parker échange avec Roxana Maracineanu, le 31 juillet avant la finale de la Coupe de la Ligue entre l'OL et le PSG au Stade de France.
Tony Parker échange avec Roxana Maracineanu, le 31 juillet avant la finale de la Coupe de la Ligue entre l'OL et le PSG au Stade de France. — FRANCK FIFE / AFP
  • En raison de l’actuel confinement en France, Tony Parker redoute « la mort du basket français », qui tente actuellement de poursuivre une partie de sa saison à huis clos.
  • Le président de l’Asvel porte depuis quelques jours les revendications des clubs de Jeep Elite, qui dépendent clairement de la billetterie pour survivre.
  • L’ancienne star des Spurs et de l’équipe de France s’est entretenue lundi avec la ministre déléguée chargée des Sports Roxana Maracineanu.

De meneur de jeu des Bleus pendant 16 ans à meneur du basket français face à la crise du coronavirus. Depuis plusieurs jours, Tony Parker est en pleine tournée des médias afin de sensibiliser le gouvernement français sur la situation très délicate que traverse tout le sport français, à l’image de son club de l’Asvel. Joint en direct par L’Equipe du soir, le président villeurbannais a notamment confié avoir eu un long échange lundi avec Roxanna Maracineanu, la ministre déléguée chargée des Sports.

« J’ai bien aimé notre conversation téléphonique, elle m’a rassuré sur pas mal de points, a-t-il indiqué sur la chaîne L'Equipe. On va continuer cette discussion la semaine prochaine avec le ministre de l’Éducation [Jean-Michel Blanquer]. Il faut que l’on continue à sensibiliser les gens qui vont décider. Le but n’est pas de créer la polémique, on veut juste être sûr que le gouvernement prend en compte tout ce qu’il se passe en ce moment. »

Le huis clos entraînerait « la mort du basket » selon « TP »

Si Tony Parker, discret depuis le début de la crise du coronavirus en mars, se lance d’un coup en première ligne, c’est un souhait des dirigeants de Jeep Elite. « Les présidents ont tous poussé pour que je m’exprime et que je montre la voie, indiquait ainsi TP samedi sur beIN Sports. J’ai toujours essayé de fédérer les gens et d’être un ambassadeur pour le basket français. Je prends ce rôle-là avec plaisir pour sauver le sport français en crise, et pas seulement le basket. Nous sommes tous solidaires, tous mobilisés, mais jouer à huis clos toute une saison, ça serait la mort du basket. »

Volontaire, comme Monaco et Boulogne-Levallois, pour accueillir des matchs de championnat à huis clos durant la période de confinement, l’Asvel a battu Orléans (93-83) dans une Astroballe vide dimanche, un match retransmis sur la chaîne L’Equipe.

C’était important pour nous de montrer l’exemple en jouant à huis clos pendant un mois. Mais je l’ai toujours bien précisé : on ne pourra pas faire plus. On a déjà perdu des sommes énormes la saison dernière. J’ai peur pour le basket français : si ça continue, des clubs ne passeront pas le mois de janvier. »

Après la NBA, une « bulle » en Jeep Elite ?

Car comme le précise l’ancienne icône des Spurs, « pour beaucoup de clubs, la billetterie représente trois quarts de leur budget ». Il est prévu qu’un fonds d’aide de 110 millions d’euros pour le sport français soit distribué prochainement, ce qui « ne sera pas assez pour sauver le sport », estime Tony Parker. Qu’attend donc justement ce dernier de l’Etat ? « Le gouvernement peut faire beaucoup de choses pour nous aider à essayer de survivre pendant cette crise : le chômage partiel, le retrait des charges patronales », précisait-il samedi sur beIN Sports.

Parmi ses pistes au sujet de cette saison de Jeep Elite (les équipes ont disputé entre trois et sept matchs jusque-là), le président de l’Asvel évoque « une fin de championnat déplacée du 10 juin au 31 juillet ». Et même « une bulle », à l’image de ce qu’avait réalisé la NBA la saison passée. « C’est une option qu’on devrait étudier très sérieusement, insiste-t-il. Monaco, Paris et nous, on pourrait se positionner. »