Coronavirus : Comment s'organise le RC Strasbourg sans Thierry Laurey, positif au covid-19

FOOTBALL L'entraîneur du club alsacien pourrait de nouveau être absent vendredi contre Marseille

Thibaut Gagnepain
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Stefan Mitrovic devrait retrouver son partenaire en défense centrale, Alexander Djiku, vendredi contre Marseille.
Stefan Mitrovic devrait retrouver son partenaire en défense centrale, Alexander Djiku, vendredi contre Marseille. — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Testé au positif au covid-19 le 28 octobre, l’entraîneur du RC Strasbourg Thierry Laurey est depuis chez lui à l’isolement.
  • Il a déjà manqué le match à Reims, dimanche dernier, et pourrait rater la réception de Marseille, ce vendredi à la Meinau.
  • En son absence, c’est son adjoint Jean-Marc Kuentz qui dirige l’équipe. Mais Thierry Laurey n’est pas loin…

Sur les terrains d’entraînements tout neufs à côté du stade de la Meinau, il n’est pas là. Thierry Laurey ne peut même pas profiter des nouvelles installations du RC Strasbourg, celles « qui donnent de la vitesse au jeu » d’après les joueurs. Depuis qu'il a été déclaré positif au covid-19 mercredi dernier, le technicien en chef reste chez lui, à l’isolement.

Jusqu’à quand ? La réponse devrait tomber ce jeudi. « On vient tous de passer des tests, Thierry aussi, j’espère qu’il pourra vite revenir, je le souhaite », a expliqué ce mercredi Jean-Marc Kuentz. Dans le cas contraire, ce sera encore lui, l’habituel adjoint, qui sera sur le banc de touche, vendredi soir contre Marseille pour la 10e journée de Ligue 1. Comme à Reims dimanche dernier (défaite 2-1).

Pour l’ancien directeur du centre de formation du club, le rôle est nouveau. Que ce soit au Racing aux côtés de René Girard, Pierre Mankowski, Claude Leroy, Yvon Pouliquen et Yvan Hasek, puis avec Sabri Lamouchi et Julien Stéphan (à Rennes), il a toujours été dans l’ombre. Une volonté. Etre n°1, « ce n’est pas quelque chose à quoi j’aspire », a-t-il encore répété en conférence de presse.

Sauf qu’en ce moment, il n’a donc pas le choix. Le rôle aurait pu revenir à Fabien Lefèvre, également adjoint, mais l’Héraultais a aussi été touché par le virus. De quoi largement bouleverser l’organisation de l’équipe alsacienne. Qui s’est adaptée, au mieux. Avec Jean-Marc Kuentz qui se voit en « messager fidèle » du coach.

« Depuis le début, je l’ai au téléphone au moins trois fois par jour. Que ce soit pour préparer les séances, l’équipe, ça se fait en coopération et en toute transparence », détaille-t-il. « Il n’y a pas de problème particulier, si ce n’est la présence physique de Thierry. J’essaye de traduire au mieux ce qu’il souhaite faire passer aux joueurs. »

« J’ai beaucoup de respect pour tout ce qu’a fait Jean-Marc »

Ces derniers ne semblent pas s’en plaindre, à l’image de Stefan Mitrovic. « Ça se passe très bien », assure le capitaine strasbourgeois. « Bien sûr, le coach nous a manqué dans certains aspects de la préparation des matchs mais franchement, j’ai beaucoup de respect pour tout ce qu’a fait Jean-Marc. Il a été très honnête avec nous, il a dit la vérité à tout le monde. »

A Reims dimanche, « l’intérimaire » n’avait ainsi pas hésité à secouer le groupe, alors mené à la pause (2-1). C'est le défenseur Anthony Caci qui l’avait avoué après le match : « Il nous a dit à la mi-temps qu’il voulait une meute de loups et il a eu des agneaux ». Jean-Marc Kuentz transmettait-il alors un coup de gueule de Thierry Laurey ? Oui et non.

Comme pour la causerie d’avant-match, l’adjoint a « échangé » avec son responsable hiérarchique. « Mais je l’ai dite avec mes mots à moi et ma personnalité », précise l’intéressé, de nature plus discrète et posée. Pendant la partie, le même procédé a été utilisé, avec cette fois l’autre adjoint, Sébastien Roi, en responsable du standard téléphonique. Même pour les remplacements tactiques. « Thierry nous a donné son ressenti, nous le nôtre, et il a décidé des changements… Ce qui n’a pas vraiment changé de quand il est avec nous. »

Les joueurs l’ont peut-être ressenti différemment. Sur le banc, le fameux « body langage » de leur entraîneur n’était pas le même. A Reims, il ne s’est levé que quelques fois. D’habitude, le titulaire du poste est plutôt du genre à gesticuler et à… engueuler ses troupes.