Porto - OM : « Ce ne sera pas facile pour lui », André Villas Boas rêve de devenir le président de Porto

LIGUE DES CHAMPIONS L’entraîneur de l’OM, André Villas Boas retrouve ce mardi soir en Ligue des champions son club de cœur, le FC Porto, où il ambitionne de devenir le prochain président

Adrien Max

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André Villas Boas retrouve son club de coeur, le FC Porto, avec l'OM ce mardi.
André Villas Boas retrouve son club de coeur, le FC Porto, avec l'OM ce mardi. — CARLOS COSTA / AFP
  • André Villas Boas retrouve son club de cœur, le FC Porto, avec l’Olympique de Marseille pour la troisième journée de Ligue des champions.
  • André Villas Boas ambitionne de devenir un jour le président du FC Porto.

De notre envoyé spécial à Porto,

« Mon plus beau souvenir en tant que coach ? Le 5-0 avec Porto contre Benfica. C’était un match de fou. Je voulais un but supplémentaire parce que Porto avait déjà gagné 5-0 au stade de la Luz, j’étais dans les tribunes du stade quand j’étais petit. Donc je voulais un but en plus pour avoir ce record pour moi ». A l’heure d’affronter le FC Porto avec l'Olympique de Marseille pour la troisième journée de Ligue des champions, André Villas Boas n’hésite pourtant pas à faire les yeux doux à son ancien club. Comme lors de la victoire de l’OM contre Bordeaux (3-1), le 17 octobre dernier, lorsque la question de son plus beau souvenir pour son 400e match en tant qu’entraîneur professionnel lui a été posée.

Son amour pour le FC Porto n’est un secret pour personne, au point d’en faire un nouvel objectif de carrière. « Je ne veux pas rester trop longtemps entraîneur, j’ai établi un plan de carrière. Je veux prendre ma retraite à 45 ans. J’ai aussi d’autres ambitions dans le monde du foot, dans la gestion, j’ai de grandes idées pour mon club, le FC Porto, et j’ai un petit rêve un jour de devenir président de mon club », lâchait-il à RMC Sport en septembre 2019.

Socio dès sa naissance

Certains voient d’ailleurs dans ces louanges dressées par André Villas Boas, des éléments d’une précampagne. Mais l’entraîneur Portugais a bel et bien le sang bleu. « Le mari de ma grand-mère, que je considère comme mon vrai grand-père, m’avait fait socio du FC Porto dès ma naissance. Les deux oncles de ma grand-mère anglaise, Margaret Kendall, ont été avec Nicolau d’Almeida parmi les fondateurs du FC Porto », en 1893, a-t-il relaté à l’AFP.

Une passion qui ne le quittera jamais, puisque ado il intègre la « Superior Sud, la tribune des ultras au Das Antas », l’ancien stade. Avant d’approcher, avec culot, Bobby Robson, l’entraîneur de Porto, qui le fait rentrer dans le club. Il en devient l’entraîneur principal lors de la saison historique de 2010/2011, ponctuée par un quadruplé historique : Europa League, champion du Portugal, vainqueur de la coupe et de la supercoupe.

L’une des plus belles saisons de l’histoire du club

Une saison de folie qui, 10 ans plus tard, marque toujours autant les supporters. « Sa saison est l’une des plus belles de l’histoire du club, et en plus d’avoir tout gagné le jeu proposé était spectaculaire », estime Daniel Ribeiro, supporter du FC Porto. « Pour moi avec Bielsa il est le meilleur entraîneur que j’ai vu. Je me souviens à l’époque il avait une philosophie de jouer toujours vers l’avant. Il est humble, travailleur, respectueux et un grand passionné du foot et de sa ville natale », poursuit Benjamin Darbas, un autre supporter. « Son histoire est similaire avec Mourinho, il récupère le club en reconstruction et bat le record du club dans sa seule saison au club, son jeu était le même que celui de Barcelone de la même époque 4-3-3 basé sur le titi taka, porter par l’avant et surtout chirurgical devant le but avec l’humiliation infliger à notre ennemi de toujours Benfica 5-0, que de souvenir ! », se remémore Jonathan Da Costa.

De quoi en faire le successeur parfait de Pinto Da Costa, le président quasi éternel du FC Porto réélu pour un quinzième mandat de suite en juin dernier ? « C’est un socio qui en a les capacités, ce serait une bonne option pour le FC Porto », déclarait cet été Pinto da Costa, qui a pu bénéficier du vote de Villas Boas. « Il a 82 ans, il faut être réaliste, ce sera très difficile d’être candidat une fois de plus dans 4 ans. Lors de cette dernière élection, différents candidats sont apparus, le champ est ouvert pour de nouvelles candidatures », prévient Luis Cristovao, journaliste à Eleven Sports.

Vitor Baia, l’autre légende

Mais parmi les possibles futurs candidats, une autre figure emblématique du club, qui dispose d’un avantage certain, pourrait émerger. « L’ancien gardien Vitor Baia est l’actuel vice-président, c’est un avantage. C’est un candidat très sérieux », poursuit Luis Cristovao.

Vitor Baia, vice-président depuis 2007, n’est pas resté qu’une saison, à la différence d’André Villas Boas. « Le bémol est son départ après cette première année… Je pense qu’il pourrait faire un bon président, mais je préférerais voir une légende comme Vitor Baia prendre la tête du club. Le plus important est de maintenir la « mistica », l’état d’esprit de combat et de victoire car le FC Porto est plus qu’un club, c’est une région, une mentalité, un état d’esprit, une famille », rappelle Dosi Santos, supporter de Porto.

« Ce ne sera pas facile pour lui »

Mais Villas Boas est malin, et il ne se fait jamais oublier très longtemps de son club, à l’image de sa réponse sur le plus beau souvenir de sa carrière. Même si ce n’est pas pour autant suffisant. « Il est aimé, il maintient un discours pro Porto, il profite de chaque occasion pour déclamer son amour de Porto. Sans oublier un mot ou deux de mépris pour Benfica. Pour gagner une élection, tu dois être très présent dans la vie du club et auprès des supporters. Il faut connaître les gens bien placés, les forces en présence. Ce ne sera pas facile pour lui, je le vois plutôt candidater sur son nom et trouver de nouvelles personnes pour faire son équipe. Baia a cette capacité de déjà connaître tout ça », rappelle le journaliste.

« Villas Boas fera de toute façon partie de l’histoire du club et il a droit à sa statue au musée du club à côté de Sir Bobby Robson et José Mourinho de Madjer ou encore Fernando Gomes, Pedroto », estime Dosi Santos. Mais André Villas Boas est plus statut de président que statue de bronze.