« C’était un phénomène », quand l’ado Lewis Hamilton venait faire le spectacle en kart à Bercy

FORMULE 1 Il y a quelques mois, une vidéo a été ressortie des placards. Elle y montre un Lewis Hamilton hyper dominateur en kart à l’âge de 15 ans

B.V.

— 

Hamilton fou de joie
Hamilton fou de joie — JORGE GUERRERO/AP/SIPA
  • Lewis Hamilton est devenu à 35 ans le recordman de victoires en F1 dimanche au Portugal.
  • Il y a 20 ans, le jeune Lewis se promenait dans une compétition de karting à Paris-Bercy, que 20 Minutes vous raconte.

Les joies de l’auto-play youtube. Alors qu’on se remettait l’une des 92 victoires en Grand Prix de Lewis Hamilton, nouveau record de l’histoire de la Formule 1, l’algorithme magique nous envoie tout droit vers une petite pépite. « Lewis Hamilton wins the Elf Masters final 2000, Paris Bercy ». Image pas super nette, vieux logo Eurosport qui nous rappelle nos tristes après-midi d’adolescence à regarder le snooker sans en comprendre les règles, mais vrai trésor : l’une des premières courses télévisées du futur meilleur pilote de l’histoire, et à Paris en plus.

On y voit le tout jeune Lewis Hamilton, 15 ans, massacrer des pilotes de quatre ou cinq ans de plus que lui dans la course espoir des ELF Masters, compétition organisée au palais omnisport de Paris Bercy de 1993 à 2001. Story-telling un peu facile, l’explosion devant le grand public d’un gamin parfaitement inconnu qui allait devenir la star de son sport. Bruno Besson, longtemps au duel avec Hamilton dans la course, remet tout ça dans son contexte :

« Il venait d’être sacré champion du monde et d’Europe de kart et est venu avec ses propres mécano, son propre baquet, raconte-t-il. Nous, avec toute une clique de Français autour de la vingtaine, on était passé en monoplace et ça faisait quelques années qu’on ne faisait plus de kart. On avait été invité mais on était surtout là pour s’amuser, on sortait les soirs. Lui était déjà le ‘petit protégé’, tout le monde connaît l’histoire… »

Pas sûr, alors on la refait en trois mots : petit prodige du volant, Hamilton est invité à 9 ans à un dîner de gala où il rencontre Ron Dennis le grand manitou de l’équipe McLaren. Ce dernier lui promet de financer sa carrière si le garçon continue de briller en kart, ce qui ne tarde pas à arriver. Alors quand il arrive à Bercy à 15 ans, il arrive avec des sponsors, une équipe et une réputation. Bruno Besson :

« Il était tout petit, tout réservé, mais c’était déjà une machine, ce que j’appelle les pilotes computer, où tout est programmé pour eux et vous savez déjà que ça va aller loin. Les pilotes comme ça, quand ils sont jeunes champions en kart, qu’ils montent ensuite en formule Renault, leur destin est tout tracé, ils sont de la trempe des avions de chasse. Partout où ils vont ils sont faciles, avec un coup de volant au dessus de la moyenne, ils ont tout pour eux. »

C’est donc avec la pancarte qu’Hamilton se retrouve sur la ligne de départ à Bercy. Mais c’est pourtant Besson qui réussit le meilleurs temps des qualif’. En finale, les deux hommes se tirent la bourre en tête de la course. Enfin, surtout Besson. « Il était mega plus vite que moi, en rigole le pilote français, désormais devenu entraîneur. C’était un phénomène, au-dessus du lot. J’ai réussi à faire la pole je ne sais pas comment, mais le petit il était en karting, c’était son truc, c’était sur et certain qu’il allait passé. Je me suis bien débrouillé jusqu’à la mi-course, mais je ne savais que ça n’allait pas durer 15 ans, je serrais les cordes un peu partout. »

Ça n’a pas loupé. Hamilton passe et Besson se fait même éjecter du podium après un accrochage. Interrogé à l’époque sur son week-end parisien, Hamilton n’avait pas donné l’impression d’avoir trop forcé non plus. « Je voulais gagner, mais je voulais aussi offrir au public un peu de spectacle, donc je suis resté pendant un petit moment deuxième avant de passer et de gagner. Ce n’était pas si compliqué que ça de gagner. »

Confiant, le gamin. « Il a raison, il n’y a pas de souci à le dire, retient Bruno Besson. Je l’ai recroisé plus tard dans les paddocks, c’est quelqu’un de très simple, de pas du tout arrogant. Les vrais champions sont sur d’eux, ils ont rien à craindre. »

Ce week-end, le pilote français l’a quand même bien gardé en mémoire. Preuve qu’il s’était passé quelque chose à Bercy. « J’y repense de temps en temps, et les gens aiment bien me chambrer avec ça : j’ai fait la pôle devant lui et j’ai pas eu exactement la même carrière derrière. »