Droits TV : Jean-Michel Aulas souhaite « un Spotify ou un Deezer du foot »

FOOTBALL Le président de l'OL ne croit plus au modèle actuel de vente des droits télévisuels 

N.C.
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Jean-Michel Aulas lors du festival du film d'Angoulème, le 1er septembre 2020.
Jean-Michel Aulas lors du festival du film d'Angoulème, le 1er septembre 2020. — CASTEL/MPP/SIPA

Jean-Michel Aulas avait été écarté du comité de pilotage de l’appel d’offres sur les droits TV de la Ligue 1, avant d’y être finalement intégré lors des dernières réunions. Aujourd’hui, alors que le groupe Mediapro a refusé payer sa deuxième traite de 172 millions d’euros début octobre et qu’il veut renégocier le prix d’achat (814 millions d’euros par an pendant quatre ans), le président de l'OL ​estime dans une interview au Parisien que le dispositif prévu par la LFP pour gérer ce dossier comporte « une faiblesse très importante ».

S’il ne parle pas « d’erreur », le fait de ne pas demander de garantie bancaire est problématique, selon lui. Il prend l’exemple de l’UEFA, qui fait payer une caution aux opérateurs. « Quand vous avez un contrat de plus 800 millions d’euros sur quatre ans, ça fait 3,2 milliards, si vous avez 10 % de "deposit" [caution], ça permet de voir venir les six premiers mois. Le fait de ne pas avoir ni de garanties bancaires, ni de "deposit", ça devient une faiblesse insigne, voire un drame pour le football français », expose-t-il.

D’après JMA, la situation financière de Mediapro ne s’est pas aggravée du jour au lendemain. Il estime qu’il y avait quelque chose, avant, que la LFP aurait dû voir. Mais plus que ressasser ce qu’il s’est passé, le président lyonnais veut voir plus loin. Il pense que la vente des droits TV doit évoluer.

« Une offre unique avec un prix attractif »

« Free s’installe. Amazon a acquis des droits en Angleterre et en Allemagne. L’UEFA discute aussi avec Alibaba. Des GAFA peuvent arriver dans le jeu ou des grandes sociétés de distribution mondiale, comme Netflix, qui ont les capacités de toucher un large public, détaille Aulas. Ils vont modifier les règles. Mais il faut trouver un prix beaucoup plus bas. L’idée que je veux défendre, c’est qu’il faut un Spotify du foot ou un Deezer du foot, il faut une offre unique avec un prix attractif et que le public n’ait plus à se poser la question sur quelle chaîne est le match. »

Voilà une piste intéressante. Le modèle classique d’un abonnement mensuel pour ne recevoir qu’une chaîne, et donc n’avoir accès qu’à ses matchs, semble en effet obsolète. La chaîne Téléfoot, qui vise les 3,5 millions d’abonnés pour rentabiliser l’investissement, n’en compte pour l’instant que quelque 300.000, selon divers médias. BeIN Sports avait atteint péniblement ce chiffre de 3,5 millions au bout de cinq ans, avec une offre bien plus large et un prix inférieur.