Tennis : Joueuses du Top 10 mondial, public, soleil... Comment le tournoi de Strasbourg a tiré profit du contexte

TENNIS Deux joueuses du Top 10 mondial sont en lice cette semaine en Alsace. Une rareté

Thibaut Gagnepain

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Elina Svitolina l'a emporté ce mardi face à la Polonaise Magda Linette.
Elina Svitolina l'a emporté ce mardi face à la Polonaise Magda Linette. — C'est qui maurice/Michel Grasso
  • Le tournoi de tennis a débuté dimanche au pied du Parlement européen. Avec un plateau bien plus réjouissant que les années précédentes !
  • Pas moins de deux joueuses du Top 10 mondial font partie des têtes d’affiche, avec la Française Alizé Cornet par exemple.
  • Autre bonne nouvelle au vu de la période : le public est autorisé, à jauge réduite. Malgré tout ça, il n’y a pas grand monde et les organisateurs craignent de boucler cette édition exceptionnelle en déficit.

Steffi Graf, Lindsay Davenport, Jennifer Capriati… Depuis leur lancement en 1987, les Internationaux de Strasbourg (IS) ont vu défiler du beau monde. Enfin, beaucoup moins depuis 2010 et le sacre de Maria Sharapova. Jusqu’à cette année !

Depuis lundi, une joueuse du top 10 mondial a déjà goûté à la terre battue installée au pied du Parlement européen : Elina Svitolina (n°5). La deuxième engagée, Kiki Bertens, y aura droit mercredi. « A un moment, on s’est même retrouvé avec quatre top 10 mondiales qui avaient confirmé leur venue, alors qu’on n’en avait plus eu une depuis dix ans », savoure Denis Naegelen. Le directeur du tournoi en oublierait presque les ultimes forfaits de Karolina Pliskova (n°4), Sofina Kenin (n°6), Viktoria Azarenka (n°14) et de la première française au classement WTA, Kristina Mladenovic (n°44).

« Ça devient un peu une semaine exceptionnelle »

Il faut dire aussi que ces IS reviennent de loin. « Depuis mars, on était dans le doute. On ne savait pas si on pourrait ou non les organiser », se souvient l’ancien tennisman, qui s’est dès lors battu pour non pas une annulation, mais un report. Jusqu’à connaître les dates de Roland-Garros et placer son rendez-vous la semaine d’avant, comme toujours. « Le Masters 1000 de Rome a voulu aussi prendre ce créneau et je ne m’explique encore comment la WTA a réussi à la décaler… »

Résultat, le tournoi strasbourgeois se retrouve sans concurrent au calendrier des joueuses, contrairement à ces dernières années où il devait faire face à Nuremberg. « Ça devient un peu une semaine exceptionnelle », sourit Denis Naegelen. D’autant plus qu’elle ne se disputera pas à huis clos, comme par exemple le dernier US Open.

Les organisateurs strasbourgeois ont obtenu des autorités une jauge réduite à 50 % de sa capacité. En clair, le Central, qui pourrait normalement accueillir jusqu’à 3.200 personnes en même temps, sera limité à 1.600 spectateurs. Avec port obligatoire du masque, sauf au moment de consommer assis, et un siège d’écart obligatoire entre chaque groupe de 10 personnes maximum.

Des stars mais peu de public

Alors, content le public alsacien ? En ce début de semaine, cela ne s’est pas vu. Les tribunes étaient bien vides, comme souvent ces dernières éditions. « Il n’y avait pas beaucoup de monde, c’était une bonne transition entre l’US Open et Roland-Garros », s’en est même amusée Alizé Cornet lundi, au lendemain de s'être plainte de croiser trop monde.

« La pandémie fait peur aux gens, qui sortent moins. Il reste beaucoup de places mais on sait d’expérience qu’on vend 50 % de la billetterie sur place, pas sur Internet, rassure Denis Naegelen. Vu toutes les mesures qu’on a prises et notre protocole sanitaire de 68 pages, les gens sont plus en sécurité aux IS que dans la rue. »

Même en cas d’afflux soudain de public, le tournoi aux « trois millions d’euros de budget » devrait quand même boucler l’édition dans le rouge financièrement. « On va être entre -50.000 euros et +50.000 euros », anticipe son directeur, qui a déjà obtenu des rallonges de la Fédération et des collectivités territoriales. « On n’a jamais été en perte. C’est près de 300.000 euros de moins que notre objectif mais ça ne met pas les IS en danger. » Pas en vue d’une prochaine édition où le plateau sera peut-être moins clinquant.