Tour de France : « Ce n’est pas marrant tous les jours », confie Maxime Chevalier, le benjamin de l’épreuve

INTERVIEW Maxime Chevalier (21 ans), l’ancien coureur de l’US Pontchâteau (2008-2017), désormais sous le maillot de B & B Hotels-Vital Concept, vit un rêve éveillé à trois jours de l’arrivée à Paris. En début d’année, il est encore amateur

David Phelippeau

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Maxime Chevalier sur le Tour de France.
Maxime Chevalier sur le Tour de France. — @BBHotels_VC
  • Maxime Chevalier, benjamin du Tour de France à 21 ans, est sur le point de terminer sa première Grande Boucle, dimanche, à Paris.
  • Le coureur de B & B Hotels-Vital Concept, passé par l’US Pontchâteau, était encore amateur en début d’année.
  • Une ascension fulgurante pour ce jeune coureur, qui a chuté trois fois en début de Tour.

Mercredi soir, quand on l’a eu au téléphone alors qu’il était sur une table de massage, l’ancien licencié de l’US Pontchâteau (Loire-Atlantique) Maxime Chevalier avait le sentiment d’avoir changé de sport : « J’ai eu l’impression de faire de l’escalade avec des pentes impressionnantes jusqu’à 24 % ». Le coureur de B & B Hotels-Vital Concept, managé par le Nantais Jérôme Pineau, venait juste de se fader le col de la Loze dans les Alpes. Une terrible souffrance pour le benjamin (21 ans) de cette Grande Boucle qui il y a quelques mois courait encore en… amateurs. Entretien avec un cycliste pour qui tout est allé très vite.

Maxime Chevalier.
Maxime Chevalier. - @BBHotels_VC

Dans quel état d’esprit êtes-vous Maxime à quatre jours de la fin de votre premier Tour de France ?

J’ai vraiment hâte d’être aux Champs Elysées. Je n’attends que ça et j’espère pouvoir y arriver et connaître cette émotion de finir une Grande Boucle.

Pour un premier Tour, vous ne pouviez pas plus mal commencer…

Oui, ce fut compliqué dès le début. Je suis tombé le premier jour, une chute pas très grave. Je suis retombé sur la dixième étape sur l’île d’Oléron lors d’une chute collective. Ça va, c’était dans un champ. Le souci, c’est que mon vélo a cassé. J’ai changé et je suis alors rentré dans les voitures qui étaient devant moi. Je me suis fait un peu plus mal. J’ai galéré deux ou trois jours derrière.

On arrive à prendre du plaisir avec autant de souffrance ?

Oui, on prend du plaisir. Je sais que j’ai beaucoup de chance d’être là. J’en suis conscient. Il y a beaucoup de gars qui aimeraient être à ma place, même si ce n’est pas tous les jours marrant. Il y a beaucoup de souffrance. Pierre Rolland, mon coéquipier, me le disait encore tout à l’heure qu’il n’a jamais fait un tour aussi dur. Ça me rassure et je me dis que je ne pourrai pas connaître à l’avenir une course plus dure que celle-ci.

Réalisez-vous qu’il y a un an vous remportiez (sous le maillot de la formation du Pays de Loudéac) le Grand Prix de Fougères en Ille-et-Vilaine, une course amateur ?

Oui, je m’en souviens, c’était une super victoire obtenue en amateurs avec le sommet de la côte de la Pinterie. Mais, il y a pire que ça. J’étais encore amateur en début d’année. Je faisais le circuit des plages vendéennes par exemple. Je suis passé pro le 24 février pour être précis. C’est du jamais vu de commencer une saison chez les amateurs et de faire le Tour de France la même année. Les hélicos, le public, les médias etc. ça me change des courses amateurs…

C’est allé à une vitesse folle pour vous ?

Oui, d’autant plus que j’enchaîne les plus belles courses comme le Critérium du Dauphiné juste avant le Tour de France. C’est une chance de commencer par des courses aussi dures. J’apprends beaucoup.

Maxime Chevalier, masqué.
Maxime Chevalier, masqué. - @BBHotels_VC

Écarquillez-vous encore les yeux comme lors des premières étapes ?

De mois en moins. Au début, j’étais impressionné par l’événement. Maintenant, il y a une routine qui s’est installée. Je reste focus sur la course. Mon objectif est vraiment d’arriver à Paris dimanche et je m’accroche pour ça. Je ne considère pas que ça serait un exploit pour moi de finir, mais plus une grande fierté et un grand soulagement.

Y a-t-il encore quelque chose qui vous surprend sur le Tour avec vos yeux de novice ?

Ce qui me surprend le plus, c’est de voir des équipes rouler toute la journée alors que moi, je suis dans les roues et je suis en grande souffrance. Je me demande comment elles font. C’est un autre niveau, ça m’impressionne énormément. Je ne suis pas en mesure de faire ce qu’ils font. Je n’en suis pas arrivé à ce stade-là.