Stade Toulousain : « Ce devait être un match exceptionnel »… La Coupe d’Europe revient à Toulouse mais c'est pas la fête

RUGBY Pour son premier quart de finale européen à domicile depuis dix ans, le Stade Toulousain jouera à Ernest-Wallon devant au maximum 5.000 personnes, bien loin de la folie du Stadium

Nicolas Stival

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Le Stade Toulousain lors de la victoire en Top 14 sur La Rochelle (39-23), samedi au stade Ernest-Wallon.
Le Stade Toulousain lors de la victoire en Top 14 sur La Rochelle (39-23), samedi au stade Ernest-Wallon. — Frédéric Scheiber / AFP
  • Toulouse n’a pas accueilli de quart de finale de Coupe d’Europe de rugby depuis 2010.
  • Dimanche, les Irlandais de l’Ulster se présenteront à Ernest-Wallon.
  • Le match, initialement prévu devant plus de 33.000 personnes dans un Stadium incandescent, se jouera au maximum devant 5.000 spectateurs, sur fond de menace du Covid-19.

 

Plus de 10 ans que Toulouse attend ça. Dimanche, la capitale autoproclamée du rugby français accueillera un quart de finale de Coupe d’Europe, avec la venue des Irlandais de l’Ulster, initialement prévue le 5 avril, mais repoussée pour cause de Covid-19. Au printemps 2010, le Stade Français (en quart, 42-16), puis les Dublinois du Leinster (en demie, 26-16) avaient chuté au Stadium, chaque fois devant 35.000 spectateurs chauds bouillants. La bande à Jauzion avait fini le boulot au Stade de France lors d’une finale serrée face à Biarritz (21-19), avec à la clé un quatrième sacre continental, le dernier à ce jour.

Seulement, la grande fête dominicale si longtemps espérée aura plutôt des airs de réunion Tupperware. « Ce devait être un match exceptionnel, il avait tout pour être un moment partagé avec notre public, au Stadium, observe le manager Ugo Mola. C’est presque dommage d’avoir à jouer dans ces conditions-là, mais se plaindre ne servira à rien. » Ce jeudi midi, le manager toulousain se disait « un petit peu fataliste ». Il était alors toujours question d’une jauge à 5.000 personnes, comme samedi dernier pour la réception de La Rochelle, en Top 14 (39-23), lorsque les supporteurs avaient ambiancé comme ils avaient pu une enceinte de 19.000 places.

Mais ce sera peut-être moins, en fonction des décisions préfectorales attendues vendredi pour faire face à la recrudescence du coronavirus en Haute-Garonne. « Tout ce qui est hors terrain, je n’y pense pas trop », évacue l’ouvreur Romain Ntamack. Mais un peu quand même. « Il faut rendre les supporteurs fiers », assène le prodige de 21 ans. Notamment « ceux qui ne vont pas pouvoir venir assister à ce match et ceux qui rêvaient de cette rencontre au Stadium à guichets fermés ».

Une relocalisation « la mort dans l’âme »

Et on ne parle même pas ici du manque à gagner évalué à plus de 600.000 euros de cette relocalisation du quart de finale de Champions Cup à Ernest-Wallon (19.000 places), annoncé « la mort dans l’âme » la semaine dernière par le président Didier Lacroix.

« Le principe de notre sport et de ses phases finales, c’est de regrouper, d’attirer, de fédérer et de générer des émotions, reprend Mola. On aurait aimé avoir un stade plein derrière nous. Dans des moments-clé, c’est évident que ça pèse, que ça a une valeur ajoutée. »

S’ils arrivent à franchir l’écueil de l’Ulster, finaliste malheureux samedi dernier du Pro 14 (ex-Ligue celte) contre le Leinster (27-5), les Rouge et Noir se coltineront le vainqueur du duel 100 % anglais Exeter – Northampton en demi-finale, le 26 septembre. Sur le terrain du premier nommé si la logique est respectée, à Toulouse en cas d’exploit de Northampton. Devant combien de supporteurs ?