Tour de France : « Ce sera du bonus ! »... Combien de temps Julian Alaphilippe peut-il garder le maillot jaune ?

CYCLISME Julian Alaphilippe a remporté la deuxième étape du Tour de France, à Nice, ce dimanche. Il sera en jaune ce lundi et semble armé pour défendre quelques jours le maillot de leader

Jean Saint-Marc

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Julian Alaphilippe a remporté la deuxième étape du Tour de France 2020
Julian Alaphilippe a remporté la deuxième étape du Tour de France 2020 — Stéphane Mahé / AP / SIPA
  • Julian Alaphilippe ne gagnera sans doute pas le Tour de France. Mais le puncheur de Deceuninck-Quick Step, vainqueur d’étape ce dimanche à Nice, pourrait de nouveau s’offrir une épopée en jaune.
  • Le parcours relativement abordable de la prochaine semaine pourrait lui permettre d’arriver dans les Pyrénées avec le maillot de leader du classement général.
  • « Le maillot jaune sera du bonus chaque jour, on va continuer à aller à la chasse aux étapes », a-t-il relativisé.

De notre envoyé spécial à Nice,

Julian Alaphilippe n’avait pas assez transpiré. Le corps du puncheur héroïque avait encore quelques millilitres d’eau à perdre, malgré les cinq heures d’effort dans le cagnard. Il s’est effondré en larmes après sa victoire lors de la deuxième étape du Tour de France, ce dimanche à Nice.

Un membre du staff de son équipe, Deceuninck-Quick Step, était là pour lui enlever son casque, ses lunettes, lui tendre un masque et lui glisser une parole réconfortante. Mais Julian Alaphilippe a mis plusieurs minutes avant de reprendre ses esprits. En passant la ligne, il avait tendu un doigt vers le ciel, avant de donner des coups de poing rageurs dans son guidon. Un hommage à son père, Jo, décédé en juin dernier.

« C’est une année particulière : je n’ai pas gagné une course depuis le début de saison, j’ai travaillé dur malgré des moments difficiles », a-t-il confié, la gorge nouée par les larmes : « Je veux dédier cette victoire à mon papa. »

C’est la cinquième fois que Julian Alaphilippe lève les bras sur le Tour de France. Et, surtout, il portera ce lundi le maillot jaune qui lui allait si bien l’été dernier. Il l’avait conservé pendant quatorze jours. Est-il capable de rééditer cet exploit ? « Le maillot jaune sera du bonus chaque jour, a-t-il répondu, prudent. On va continuer à aller à la chasse aux étapes. On n’est pas venus ici pour gagner le Tour. »

Une équipe « très forte » et un parcours favorable

Bob Jungels, qui a préparé le terrain pour Julian Alaphilippe avec une accélération magistrale, a tout de même rappelé que les Deceuninck-Quick Step avaient les moyens de défendre la casaque jaune. « On a une équipe très forte, tout le monde est en forme, on l’a vu sur cette étape », lâche-t-il avec un sourire satisfait.

Le parcours de cette édition atypique propose la première arrivée en altitude dès mardi, avec une arrivée à Orcières-Merlette, à 1.825 mètres d’altitude. Un col de première catégorie, mais rien d’insurmontable pour Julian Alaphilippe (7,1 kilomètres à 6,7 % de moyenne).

« Je pense qu’il est capable de garder le maillot ce jour-là, c’est un col pour lui », assure l’ancien cycliste Danny Nelissen, consultant sur la chaîne néerlandaise Nos. Pour lui, Julian Alaphilippe peut même conserver son maillot jaune jusqu’à l’arrivée du peloton dans les Pyrénées, le week-end prochain. « Ça arrange aussi Jumbo-Visma et Ineos qui n’ont pas à se fatiguer en roulant en tête du peloton, rappelle l’ancien champion du monde amateur. Son équipe est solide et Julian a l’air d’être dans une forme ascendante, on l’a vu sur Milan San Remo (2e). »

Le Français devra se méfier de Primoz Roglic, qui, comme tous les favoris, n’a que 17 secondes de retard. L’ancien sauteur à skis a montré sur le Dauphiné qu’il était très fort au petit jeu des bonifications. Mais Julian Alaphilippe sait lui aussi sauter sur les opportunités.