Sex-dolls, zoom-party, portraits en carton… On a tenté de classer les artifices à ambiance pour les matchs à huis-clos

FOOTBALL Beaucoup d’imagination certes, mais ça n’a pas toujours été payant

B.V.

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Les tribunes en carton à Mönchengladbach
Les tribunes en carton à Mönchengladbach — SIPA

Maintenant que l’Angleterre a repris, on peut faire un premier bilan. Pas particulièrement sportif, il est encore trop tôt, mais plutôt de ce qui nous a vraiment passionné depuis que l’Allemagne a relancé le ballon : les fausses ambiances dans les stades. Ligues, supporters et clubs ont rivalisé d’imagination à travers le monde pour trouver des artifices capables de rendre un peu moins tristes les huis clos quasi généralisés en raison de la pandémie. On a tenté de vous les classer. Avec un seul espoir : que ça n’arrive jamais chez nous.

L’idée qui a mal tourné : les portraits en carton

Le concept réunissait un peu tout, des supporters aux commerciaux des clubs. Et si, plutôt que des tribunes vides, on plantait quelques bonshommes en cartons sur les sièges avec la tronche des fans ? Un joli moyen de remplir le stade et de donner une impression de présence aux joueurs, tout en renflouant un peu les caisses du club à hauteur de 19 € la place cartonnée dans le stade.

De Mönchengladbach à l’Australie en passant par l’Asie, l’idée a rapidement fait son chemin. Jusqu’au moment où elle a dérapé, forcément. A ainsi été aperçu en tribunes, lors d’un match de rugby en Nouvelle-Zélande, un certain Harold Shipman, que sa page Wikipédia présente comme « un médecin généraliste anglais qui est jusqu’alors le tueur en série de l’histoire criminelle en Angleterre, qui commit le plus de crimes (plus de 250, même si quinze seulement lui ont été imputés) ». Autre invité surprise ? Adolf Hitler, dont on vous passera la biographie wiki.

L’idée semblait pourtant bonne, au départ…

La bonne idée qu’on ne verra jamais : l’appli venue d’Allemagne

Début mai, tous les médias européens ne parlaient que de ça. Une appli confectionnée en Allemagne grâce à laquelle les supporters – jusqu’à 350.000 sur le même match – peuvent transmettre leurs émotions en cliquant (crier, siffler, chanter) sur leur téléphone, tout ça directement relié à la sono du stade. Super ! Sauf que depuis, aucune nouvelle de myApplause, qui ne semble pas avoir trouvé d’accord avec la Bundesliga.

Il y a quelques jours, le Parisien révélait que de jeunes étudiants canadiens avaient mis au point une appli plus ou moins similaire, « HearMeCheer ». « Cette application utilise le micro de votre smartphone ou de tout autre appareil pour capter les réactions à votre domicile. En moins d’une demi-seconde, un algorithme filtre et compresse tous les sons récoltés pour le match sélectionné et les restitue dans une ambiance comparable », explique le quotidien. Mais bon, le temps qu’elle arrive de par chez nous, le public sera déjà revenu dans les stades.

La vraie mauvaise idée : Les sex-dolls coréennes

Alors celle-là, fallait oser. Plutôt que des supporters, plutôt que des cartons, allons-y gaiement sur poupées gonflables. Et puis quitte à y aller sur des poupées gonflables, autant prendre des sex-dolls. Félicitations au FC Séoul pour avoir eu cette brillante idée, qui leur a coûté près de 80.000 euros d’amende auprès de la ligue coréenne et de plates excuses. 

Les sex-dolls de Séoul
Les sex-dolls de Séoul - SIPA

La fausse bonne idée : les jeux vidéo des années 2000 en Espagne

Sur le principe, c’était ambitieux. Pourquoi pas recréer en image de synthèse une sorte de public virtuel visible par les téléspectateurs ? La Liga espagnole a tenté l’affaire, en association avec une boîte norvégienne. Le résultat est comment dire… bluffant. Mais dans le mauvais sens du terme. On a bien du mal à assimiler cette bouillie digne des jeux vidéo pré-années 2000. Sans compter que le truc saute sur un plan sur deux. Bref…

La moins pire des idées : La Zoom party à l’anglaise

Découverte mercredi soir, pour la reprise du championnat anglais. L’idée est une sorte de zoom-party géante, un peu comme vous et vos potes pendant le confinement. L’idée : une quinzaine de supporters de l’équipe à domicile se mettent derrière leur webcam en tenue et encouragent les joueurs depuis leur salon, en direct. Leurs images sont diffusées en mode galerie par plusieurs écrans géants, dont certains placés derrière le but permettent aux joueurs de les voir. Et de sentir un peu de présence humaine. Mieux que rien.

La zoom party version Premier League
La zoom party version Premier League - SIPA

L’idée qui marche le mieux : le fond sonore sobre

S’il y a bien une chose à retenir de tout ça, c’est bien qu’on ne remplacera jamais le public. Mais dans cette situation, et puisqu’il faut bien trouver des solutions pour ne pas rendre ces matchs chiants à mourir, c’est sans doute les Anglais qui ont le mieux préparé leur histoire, avec un fond sonore timide de chants du club local, pas trop présent pour ne pas survendre une émotion – comme la Bundesliga le faisait avec des bandes sonores qui sonnaient très factice – mais suffisamment fort pour couvrir le bruit de la pluie, par exemple. Le résultat est à peu près celui espéré : on a l’impression d’être dans un vrai match de foot, mais on ne cache pas son aspect exceptionnel. A noter que les fans anglais, devant leur télévision, ont la possibilité de couper ce fond sonore.