TFC : Investisseur, combat pour rester en Ligue 1, effectif… Toulouse navigue en plein brouillard

FOOTBALL L’époque est à l’incertitude pour tous les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. A Toulouse, sans doute encore un peu plus qu’ailleurs

Nicolas Stival avec B. C.

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Le TFC, comme ici l'attaquant Aaron Leya Iseka, ne semble pas vraiment savoir où il va.
Le TFC, comme ici l'attaquant Aaron Leya Iseka, ne semble pas vraiment savoir où il va. — Daniel Cole / AP / Sipa
  • Alors qu’Amiens multiplie les initiatives médiatisées pour tenter de rester en Ligue 1, Toulouse, l’autre club condamné à la relégation, a choisi le silence.
  • Le plus grand brouillard règne autour du club, qui pourrait changer de mains cet été.

Pétition, omniprésence du président Bernard Joannin. soutien des élus locaux… Impossible d’échapper au combat judiciaire et médiatique entamé par Amiens SC pour obtenir son maintien en Ligue 1, malgré son avant-dernière place lors du gel du championnat. Pendant ce temps, au TFC, c’est l’encéphalogramme plat. Un peu comme sur le terrain, avant la fin prématurée de la compétition pour cause de Covid-19 : trois victoires, quatre nuls et 21 défaites en 28 journées, pour une indiscutable lanterne rouge, déjà en difficulté les années précédentes.

La dernière publication sur le site officiel remonte au 30 avril, pour annoncer des soldes à la boutique du club. Le même jour, la LFP actait la fin de la saison, à l’arrêt depuis début mars, et donc la descente du dernier de L1 en compagnie d’Amiens. Depuis, Joannin a bien indiqué, comme l'a rapporté France Bleu Occitanie, que le président toulousain Olivier Sadran déposait lui aussi une requête. Mais toute demande de confirmation auprès du club amène la réponse laconique : « pas de commentaire ».

Les politiques locaux derrière Amiens, pas derrière le TFC

Le député Modem de Haute-Garonne Jean-Luc Lagleize, avec son communiqué de soutien, semble bien seul : l’ensemble du monde politique local ne pousse pas derrière le TFC comme son homologue picard. « On a accordé des facilités au club, je suis conscient de la situation dans laquelle il se trouve, au même titre que le Stade Toulousain, expliquait vendredi le maire de Toulouse et président de la métropole Jean-Luc Moudenc (LR). Le sport est gravement menacé, mais est-ce que c’est mon rôle de soutenir un recours ? Je ne le pense pas, ce n’est pas le rôle d’une collectivité locale. »

L’élu affirme par ailleurs n’avoir aucune information sur la possible cession du club, même s’il est « en lien » avec Sadran. Après la piste sino-américaine, Olivier Létang semblait en pole position pour s’implanter dans un club que Sadran, maître absolu de l’île du Ramier depuis 2001, se dit prêt à lâcher, complètement ou en partie. Mais samedi, RMC Sport annonçait que l’ancien président de Rennes ne viendrait probablement pas au Stadium, ni comme investisseur, ni comme directeur sportif.

« Les joueurs et leur famille se posent énormément de questions »

La situation reste donc très nébuleuse et les contextes sanitaire et économique aussi incertains qu’anxiogènes contribuent à densifier le brouillard. « Les joueurs et leur famille se posent énormément de questions, indique un bon connaisseur du contexte local. Qui sera le président ? Est-ce qu’il y aura un directeur sportif ? Qui sera le coach ? »

A la différence de l’entraîneur Denis Zanko et de son staff, certains membres de l’effectif n’ont guère d’interrogations à se poser quant à leur avenir en Violet : Yaya Sanogo arrive en fin de contrat, Nicolas Isimat-Mirin, William Vainqueur, Jean-Victor Makengo et Lovre Kalinic en fin de prêt. Autant d’éléments qui ne découvriront pas Pau ou Dunkerque la saison prochaine, en cas de (très probable) descente en L2. On imagine mal par ailleurs Max-Alain Gradel, Wesley Saïd, Matthieu Dossevi et leurs gros salaires rester dans l’antichambre de l’élite.

Pour l’heure, la date de reprise de l’entraînement n’est pas fixée. « Il existe plusieurs hypothèses, en fonction de l’évolution sanitaire », assure-t-on du côté du club. Chez les supporteurs, le flou est également de mise, ne serait-ce que pour connaître les modalités du remboursement des abonnements. « Nous n’avons absolument aucune nouvelle du TFC depuis notre dernière réunion avec Olivier Sadran en février, assure Jean-Philippe Dinh, un fan historique, fondateur notamment du Viola Club. J’espère juste que les joueurs ont plus d’infos que nous. » Pas sûr.