Coronavirus : Comment les chaînes sportives s’adaptent et vivent ce « très mauvais moment » ?

CRISE SANITAIRE Entre rediffusions et documentaires, les chaînes sportives s’adaptent tant bien que mal à l’arrêt des compétitions pour cause de coronavirus 

Jean Saint-Marc

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Sans compétition à diffuser, les chaînes sportives optent pour des documentaires et des rediffusions.
Sans compétition à diffuser, les chaînes sportives optent pour des documentaires et des rediffusions. — S. Wallace/BPI/REX/SIPA
  • Les chaînes sportives jonglent entre documentaires et rediffusions depuis l’arrêt des principales épreuves sportives.
  • Certaines ont placé leurs salariés au chômage partiel. Toutes font appel au télétravail.
  • L'impact de cette crise du coronavirus sur les audiences est important. 

Koh-Lanta ou une énième redif' ? Le match de la télécommande devrait se terminer rapidement, ce vendredi soir. La crise sanitaire du coronavirus a au moins cela de bon : elle œuvre pour la paix des ménages. Plus de sport à la télé, c’est moins d’engueulades dans le salon. Mais pour les chaînes sportives, « c’est un très mauvais moment à passer », comme le confie Hervé Béroud, directeur de l’information et du sport chez Altice Média.

Quand les principales compétitions sportives ont été suspendues, il a commencé par « redispatcher un bon nombre de salariés d’RMC Sport vers les autres antennes du groupe, à commencer par la cousine RMC. » Plus de la moitié des journalistes spécialisés d’RMC Sport travaillent désormais en « info géné », notamment pour la radio, qui consacre six heures de son antenne chaque jour à une spéciale, « RMC Mobilisation Générale ». Pour les autres, « on réfléchit aux modalités, ça pourra être du chômage partiel, mais rien n’est tranché », explique Hervé Béroud.

« Revivre un grand moment de sport, ça reste très fort »

RMC Sport n’a bien sûr pas arrêté sa diffusion : « On sort des inédits de nos grands reportages et documentaires, comme Transversales, Comme jamais, Le Vestiaire, par exemple. Et on rediffuse des grandes affiches du passé, avec cinq « primes » consacrés aux plus grandes affiches du foot européen », énumère Hervé Béroud.

La chaîne L’Equipe a sensiblement la même stratégie. « C’est indéniable, le sport, c’est le plaisir de vivre le moment en direct, pose Jérôme Saporito, directeur de la chaîne. Mais revivre un grand moment de sport, ça reste très fort. » La chaîne de la TNT a donc décidé de racheter les droits de la Coupe du monde 2018 et proposera « des grands formats autour des compétitions sportives » : des matchs de l’épopée Bleue en Russie, donc, mais aussi « des matchs de légende des grands clubs français, l’OM ou Saint-Etienne », ou des compétitions déjà diffusées sur L’Equipe, le biathlon ou le Giro, par exemple.

La grille est encore en cours d’élaboration, « mais on a de la ressource en termes d’archives : dix ans de sport, il y a de quoi faire », rassure Jérôme Saporito. Eurosport, du haut de ses 31 ans d’existence, est encore plus riche. « On a un catalogue qui nous permet de proposer des rétrospectives thématisées, avec du cyclisme, du tennis, des sports d’hiver et les Jeux olympiques, puisqu’on a les contenus de la chaîne du CIO », indique un porte-parole de la chaîne.

Toutes les chaînes ont conscience que leurs audiences en prennent un coup : « Les conséquences sont forcément lourdes », soupire Florent Houzot, directeur de la rédaction et des antennes BeIN Sports. Bonne nouvelle dans une semaine noire, toutefois : « Nos ayants droit nous ont permis de continuer à proposer des contenus dont les droits avaient expiré. On va ainsi pouvoir reprogrammer la Coupe du monde 2018 ou la Coupe d’Afrique des nations. » Ce soir, ce sera le quart de finale Uruguay-France. Mieux que l’épreuve des poteaux ?