Dopage: « Le TAS a fermé les yeux sur les faits et les évidences », dénonce l’avocat de Sun Yang

NATATION Le nageur chinois a été condamné à huit ans de suspension pour s'être soustrait à un contrôle antidopage

N.C. avec AFP
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L'audience de Sun Yang (à d.) devant le TAS a lieu à Montreux (Suisse).
L'audience de Sun Yang (à d.) devant le TAS a lieu à Montreux (Suisse). — jean-guy PYTHON

L’avocat du nageur chinois Sun Yang, suspendu vendredi pour huit ans pour avoir détruit à coups de marteau un échantillon lors d’un contrôle antidopage inopiné en septembre 2018, a estimé samedi que « le mal a vaincu la justice ».

Zhang Qihuai, conseil du triple champion olympique, a réaffirmé l’intention de son client d’entamer des poursuites contre un inspecteur qui a selon lui fourni de « fausses preuves » dans un communiqué. Il a accusé également l’Agence mondiale antidopage d’avoir « falsifié les faits et abusé de son pouvoir ».

« Le pouvoir se substitue à l’évidente vérité »

« Le 28 février 2020 a été un jour sombre, écrit Zhang Qihuai. Il montre la scène du mal qui terrasse la justice et du pouvoir qui se substitue à l’évidente vérité. Ce jour-là, le TAS a fermé les yeux sur les règles et les procédures, fermé les yeux sur les faits et les évidences, et accepté tous les mensonges et les fausses preuves. »

Il a estimé que les agents de l’antidopage qui se sont rendus au domicile du nageur n’étaient ni compétents ni autorisés. La suspension de Sun a été saluée par la plupart des athlètes prônant un sport propre.

Mais l’Australien Mark Horton, l’un de ses plus farouches rivaux qui avait refusé de lui serrer la main et de monter sur le podium du 400m libre aux Mondiaux-2019, a précisé qu’il n’y avait rien de personnel dans son geste. « Ma position a toujours été (de défendre) un sport propre, pas de cibler des nations ou des individus », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision australienne Channel Seven. David Sharpe, qui dirige l’Agence antidopage australienne, a estimé pour sa part que le TAS « restaure la confiance dans le système antidopage ».

Avec cette sanction, Sun Yang, triple champion olympique et sacré onze fois champion du monde, se voit ainsi privé à 28 ans des Jeux olympiques de Tokyo, l’été prochain. En revanche, ses titres remportés postérieurement au contrôle rocambolesque, notamment les médailles d’or des 200 et 400m libre à Gwangju (Corée du sud) en juillet 2019, « ne sont pas retirés rétroactivement », a précisé le secrétaire général du TAS, Matthieu Reeb.