OM-FC Nantes : Cette défaite est-elle « grave », comme le pense André Villas-Boas ?

FOOTBALL Le coach de Marseille a été alarmiste après la défaite de son équipe face à Nantes, ce samedi, dans le cadre de la 26e journée de Ligue 1. A tort ou à raison ?

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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L'entraîneur marseillais André Villas-Boas soucieux lors du match OM-TFC, le 8 février 2020.
L'entraîneur marseillais André Villas-Boas soucieux lors du match OM-TFC, le 8 février 2020. — AFP
  • L’entraîneur de l’OM craint de voir son équipe se faire rattraper par Rennes et Lille dans la course à la Ligue des champions.
  • La défaite contre le FC Nantes (1-3), ce samedi, ressemble toutefois plus à un accident de parcours qu’à une vraie alerte.

La tête des mauvais jours. On l’a vu fou de colère – contre l’arbitrage – à la mi-temps. En conférence de presse, André Villas-Boas avait le regard noir et le verbe dur. Le confrère chargé de lancer les débats, qui l’a interrogé en lui demandant si cette défaite contre Nantes (1-3) n'était qu’un « joker grillé », ne s’attendait sans doute pas à une réponse aussi alarmiste de l’entraîneur de l’OM :

« Si, c’est grave ! On va peut-être perdre cette avance sur Lille, de 11 (sur Rennes) et 12 points d’avance (sur le Losc), on va peut-être passer à 8 et 9… La frustration est surtout pour ça. Mais aujourd’hui, on n’a pas été très bons. (…) Notre série en championnat touche à sa fin, c’est dommage. (…) Maintenant, il faut chercher entre nous les réponses pour gagner à Nîmes, pour oublier le résultat d’aujourd’hui. »

Y a-t-il le feu à la maison bleue et blanche ? Le capitaine Steve Mandanda a pris le contre-pied de la déclaration tonitruante de son coach : « C’est une fin de série, ça devait arriver, a-t-il relativisé. Aujourd’hui on tombe, mais je ne suis pas inquiet car on a encore une petite marge et on ne va pas se laisser abattre. »

Même optimisme du côté de Morgan Sanson, auteur d’un but aussi magnifique qu’inutile : « On a une assise assez favorable par rapport aux autres (équipes). » Et de rappeler l’impressionnante série d’invincibilité brisée par Nantes, ce samedi : « Si on reperd le prochain match dans 14 matchs, ça me va, on sera sur le podium ! »

Une défaite logique après une série impressionnante

Cette défaite face à Nantes n’a effectivement rien de dramatique. Elle est même logique : l’OM tournait à un rythme impressionnant depuis novembre. Le Marseille de Villas-Boas engrangeait 2,6 points par match. Un rythme de champion de France.

Or l’OM reste une équipe à l’effectif limité, avec très peu de profondeur de banc. Privé d’Hiroki Sakai (victime d’une petite alerte sans gravité) et de Nemanja Radonjic (opéré d’une pubalgie), André Villas-Boas disposait, ce samedi encore, d’un banc de touche plus digne d’une équipe de milieu de tableau que d’un « top club » : le pré-retraité Pelé, les très inexpérimentés Perrin, Chabrolle et Aké et le limité Khaoui.

Le seul motif d’inquiétude réside peut-être dans les très grosses difficultés affichées en termes d’animation offensive. Quand Dimitri Payet n’est pas dans un grand soir (14 ballons perdus sur 27 joués !), Marseille se crée très peu d’occasions. Dario Benedetto, que l’on pensait relancé par son but à Lille, a été transparent. Valère Germain n’a pas non plus été souvent trouvé.

« Ce manque de maîtrise de notre jeu offensif, c’est ma responsabilité », a soupiré André Villas-Boas. Un coach qui reconnaît ses erreurs et reste lucide sur les performances de son équipe : voilà qui devrait tout de même rassurer même les plus agacés des supporters marseillais.