FC Nantes-Metz : « Calvaire », « souffrance »… Les Canaris en plein sabordage de leur fin de saison

FOOTBALL Samedi soir, les Canaris (10es) ont été tenus en échec (0-0) par Metz au terme d’une rencontre insipide comme jamais

David Phelippeau

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Kader Bamba à genoux... un peu comme toute l'équipe du FCN depuis deux mois.
Kader Bamba à genoux... un peu comme toute l'équipe du FCN depuis deux mois. — LOIC VENANCE / AFP
  • Le FC Nantes n’a même pas réussi à battre Metz (0-0), samedi soir, à la Beaujoire.
  • Une contre-performance qui laisse les Canaris dans le ventre mou de la Ligue 1.
  • Le coach Gourcuff a chargé ses joueurs et parlé « de suffisance et d’insuffisance » pour un match pourtant « charnière ».

Le fameux trou noir de l’hiver du FC Nantes. Celui qui vous fait prendre conscience que la fin de saison aura un arrière-goût bien fade et que les futures rencontres jouées sous des températures printanières ne revêtiront qu’un intérêt bien limité. Samedi soir, les Canaris ont été incapables de faire vaciller Metz. Un triste 0-0 devant à peine 21.000 spectateurs, lesquels ont vraiment dû se demander pourquoi ils n’étaient pas restés au coin de la cheminée. Pour la première fois de la saison, Christian Gourcuff, froid comme la petite bise qui traversait la zone mixte de la Beaujoire, a « chargé » proprement ses hommes :

« Cela a été 90 minutes de souffrance pour moi, mais aussi pour le public. C’est difficile à vivre. Heureusement qu’on avait une défense centrale retrouvée. On a montré trop d’insuffisances dans le jeu, mais aussi beaucoup de suffisance dans l’approche du match. Il ne faut pas qu’on se prenne pour ce qu’on n’est pas… »

Christian Gourcuff a lâché les chevaux en conférence de presse, ce que ses joueurs n’ont pas du tout été en mesure de faire sur la pelouse. Qui est visé par l’entraîneur nantais ? Pas la défense, globalement très solide grâce au retour d’un excellent Pallois et un peu aidée par une adversité faiblarde. Non, dans le viseur de Gourcuff, sans aucun doute Bamba, capable de fulgurances comme de gestes déplacés (un coup du foulard en pleine surface au lieu d’un centre et maladroit à la 75e sur un face-à-face avec le gardien messin), Blas, auteur d’une entrée en jeu insignifiante, Coulibaly, transparent pour son grand retour, mais à sa décharge manquant de rythme, et surtout le capitaine Touré, dont le déchet technique commence sérieusement à faire tache…

Cela tombe bien, quelques minutes après l’estocade du coach, Abdoulaye Touré a contre-attaqué, n’emboîtant pas du tout le discours de Christian Gourcuff :

« Dans cette situation-là, il faut plus se serrer les coudes. La situation n’est pas facile pour tout le monde. Ce n’est pas en trouvant des excuses et en tirant sur une tête ou deux qu’on trouve la solution… »

Le FC Nantes 2020 n’a plus le brin de réussite qui l’escortait entre août et décembre 2019. Une diabolique efficacité qui lui avait permis de gagner neuf fois par un but d’écart. « On s’est créé des occasions, mais quasiment exclusivement par Simon Moses, regrette Christian Gourcuff. Il faut regarder les choses en face. Ça doit servir de déclic, on ne peut pas continuer dans ce registre-là. J’ai vécu ce match comme un calvaire. On voit trop de limites techniques. Il n’y a aucune maîtrise. »

Une fin de saison bien longue en perspective

Nantes (10e), encore quatrième il y a deux mois, saborde chaque week-end un peu plus sa fin de saison, déjà dépourvue de Coupes (élimination en Coupe de la Ligue et en Coupe de France). Elle aurait pu être excitante, elle va devenir éreintante pour tout le monde à ce rythme-là. « C’est déjà trop long [cette période de six matchs sans victoire toutes compétitions confondues], souffle Dennis Appiah. On ne gagne pas à domicile, et chaque semaine, c’est compliqué et on se dit qu’il faut gagner le match suivant… » Eternel recommencement.

« On savait ce que c’était un match charnière ce soir [samedi soir], le plus important de la période, observe Gourcuff. Dans l’approche, on ne l’a pas considéré comme ça. » Le mot de la fin pour Charles Traoré, qui a sorti les clichés de communication en période de disette : « On va maintenant se regarder dans la glace et se dire la vérité là… […] Là, on est dans le faux. » Et ça, c’est complètement vrai.