Vendée Globe : Le skipper Sébastien Destremau est-il victime d'une « vendetta » ?

VOILE FaceOcean a été de nouveau dégradé au port de Toulon. Sébastien Destremau, qui prépare le Vendée Globe 2020, se demande qui peut lui en vouloir ainsi

Jean Saint-Marc

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Pour la deuxième fois en six mois, le bateau du skipper Sébastien Destremau a été dégradé dans le port de Toulon.
Pour la deuxième fois en six mois, le bateau du skipper Sébastien Destremau a été dégradé dans le port de Toulon. — F. Tanneau / AFP
  • Le bateau de Sébastien Destremau, dernier du Vendée Globe 2016-17, a été dégradé.
  • Le skipper se demande s’il ne fait pas l’objet d’une vendetta.
  • Une enquête de police a été ouverte.

Sébastien Destremau n’est pas un homme peureux. Il ne craint ni le cap Horn, ni les tempêtes, ni les tentatives d’intimidation. C’est avec le sourire que le dernier du Vendée Globe 2016 raconte que, dans sa folle jeunesse, le «  bar à prostituées » dont il s’occupait a essuyé « deux coups de fusil à pompe dans le plafond. » Quarante ans plus tard, le skipper, qui prépare le Vendée Globe 2020, vient d’être de nouveau victime d’un étrange faits divers. Son bateau, FaceOcean, a été méchamment dégradé dans le port de Toulon.

Les câbles de FaceOcean ont été coupés.
Les câbles de FaceOcean ont été coupés. - S. Destremau

Le 19 décembre dernier, un homme est filmé près du bateau, en plein après-midi. Il lance quelques outils sur le pont arrière, se déshabille et plonge dans l’eau glacée. Après avoir traversé les quelques mètres qui séparent FaceOcean du quai, il monte à bord et coupe méticuleusement tous les câbles électroniques, avant de prendre la fuite. Calmement.

«Pas des branleurs qui boivent des coups»

« Sans faire de paranoïa à deux balles, j’ai bien peur qu’il s’agisse d’une sorte de vendetta contre nous. En tout cas, c’est du banditisme, pas du vandalisme », lance le skipper, dont le bateau avait déjà été dégradé par des soiffards, en juin dernier. « Cette fois-ci, ce ne sont pas des branleurs qui boivent des coups, c’est un mec qui avait une mission à remplir », lance Destremau, qui a porté plainte auprès de la Sûreté départementale :

A mon sens, ça ne peut pas être une histoire d’argent, car j’ai payé tous mes fournisseurs. Ça peut-être quelqu’un qui est jaloux ou envieux, parce que mon histoire a eu du succès. Ça peut être aussi une vengeance personnelle, car bien sûr, je me suis fait des ennemis dans ma vie ! »

Près d’un mois après l’ouverture de l’enquête, les policiers n’ont pas identifié ni interpellé l’homme qui est monté à bord de FaceOcean. « On ne laisse aucune piste de côté : ça peut être une vengeance personnelle, mais ça peut aussi être autre chose », confie à 20 Minutes une source policière. L’analyse de la vidéosurveillance est compliquée, car la scène « est un peu lointaine. »

Sébastien Destremau, qui est en train de vendre ce bateau, se demande si cette histoire peut perturber sa participation au Vendée Globe 2020. Les câbles à changer ne coûteront que quelques milliers d’euros, mais la protection du futur bateau, qui devrait arriver à Toulon en mars, pourrait être ruineuse. « Nous avons des endroits plus sécurisés que celui-là », lance un responsable du port de Toulon, que l’on sent très gêné par l’affaire. Mais Sébastien Destremau ne veut pas mener son projet « derrière des miradors. »

Lors d’un repas de Noël, il a eu une idée surprenante, avec sa mère, Thérèse, qui a longtemps travaillé dans l’accueil des SDF : « Peut-être qu’on va proposer à un sans-abri de s’installer à bord du bateau : ce n’est pas un super appart mais c’est déjà pas mal. Et ce serait plus beau que des vigiles dans un poste de garde ! »