TFC : Qui est Denis Zanko, l’entraîneur « pompier » qui va découvrir la Ligue 1 à 55 ans ?

FOOTBALL Troisième entraîneur du TFC, lanterne rouge, cette saison, Denis Zanko s’assiéra pour la première fois sur un banc de Ligue 1 samedi contre Brest

Nicolas Stival

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Denis Zanko lors de sa première conférence de presse comme entraîneur du TFC, le 9 janvier 2019 au Stadium de Toulouse.
Denis Zanko lors de sa première conférence de presse comme entraîneur du TFC, le 9 janvier 2019 au Stadium de Toulouse. — Nicolas Stival / 20 Minutes
  • S’il a déjà été appelé pour des « missions maintien » en Ligue 2, Denis Zanko, 55 ans, va découvrir la Ligue 1 avec le TFC, samedi contre Brest.
  • L’ancien directeur technique du centre de formation toulousain est le troisième entraîneur du dernier du championnat cette saison, après Alain Casanova et Antoine Kombouaré.
  • Ce proche de Pascal Dupraz va tenter une nouvelle « remontada ».

Assez détendu, avec quelques petites blagues en prime. Denis Zanko a passé ce jeudi au Stadium son premier oral médiatique dans son nouveau costume d’entraîneur du TFC, dernier de Ligue 1. A 55 ans, l’ancien milieu de terrain né et formé à Laval s’assiéra pour la première fois sur un banc de Ligue 1, samedi contre Brest.

« Je pense être quelqu’un d’humble, lâche l’ex-joueur aux 300 matchs pros (essentiellement en deuxième division). Aujourd’hui, il n’y a aucun club de L1, voire de L2, qui m’aurait appelé. J’étais directeur technique du centre de formation du club. »

Au moment d’éjecter Antoine Kombouaré samedi soir après l’élimination en Coupe de France à Saint-Pryvé-Saint-Hilaire (National 2), lors d’une dixième défaite d’affilée (1-0), le président Olivier Sadran a donc opté pour une promotion interne. Comme en 2008 (Alain Casanova), en 2015 (Dominique Arribagé) et en 2018 (Michaël Debève).

« Si on parle de mon cas personnel, ma trajectoire est très singulière, admet Zanko, arrivé au TFC à l’été 2017 comme entraîneur de la réserve sur « cooptation » de Pascal Dupraz, le coach de l’époque. Cela ne veut pas dire que je manque d’ambition ou que je fais des complexes mais il faut aussi être lucide. »

Sadran : « Ce n’est sans doute pas un cadeau »

Lundi, derrière le même pupitre du Stadium, Sadran avait reconnu : « Il serait bien prétentieux d’être certain que c’est le bon choix dans une situation difficile. Ce n’est sans doute pas un cadeau et je remercie Denis d’accepter ce challenge. Mais ça nous paraissait la solution la plus efficace. »

Autrement dit : vu la catastrophe actuelle, avec deux entraîneurs déjà essorés (Casanova et Kombouaré), une équipe en déliquescence et cinq points de retard sur le barragiste, Zanko, qui connaît déjà le club, ne peut pas faire pire. « Il est préposé pour finir la saison, et je l’espère au-delà », lance le président.

Au retour d'un stage en Espagne, Denis Zanko a dirigé sa première séance comme entraîneur du TFC jeudi à Toulouse.
Au retour d'un stage en Espagne, Denis Zanko a dirigé sa première séance comme entraîneur du TFC jeudi à Toulouse. - Nicolas Stival / 20 Minutes

Dans sa carrière, le Mayennais a déjà été appelé trois fois au chevet d’un club malade, en Ligue 2 : à Valence (1999-2000), au Mans (2011-2012) puis à Laval (2013-2014). Si la formation drômoise est descendue en National, le technicien a réussi à maintenir les deux autres. « Je n’ai pas pris mon habit de pompier, mais a priori ça me va pas trop mal », plaisante l’intéressé.

Avant de se prêter à l’exercice de l’autoportrait : « Je suis un passionné, j’aime le terrain, l’entraînement. Si on fait ce métier, c’est pour vivre des émotions et Dieu sait si on est amené à en vivre. Les joueurs attendent trois choses de leur entraîneur : qu’il les respecte, qu’il les fasse progresser et qu’il partage les émotions. »

Fin connaisseur des équipes de jeunes du TFC, le twittos Labinocle 81 a vu évoluer la réserve made in Zanko en National 3.

« Pour moi, c’est un choix par défaut, à moindres frais. C’est un entraîneur qualifié qui a montré des lacunes dans la détection du potentiel, comme avec Todibo, et qui au niveau tactique ne me semble pas enthousiasmant. Il fait des choix et s’y tient même s’ils sont mauvais. »

Du positif quand même ? « Je ne suis pas son plus grand fan mais il arrive à point nommé après une série catastrophique et un "Club Med" bien implanté. Remettre tout ce monde au travail et mettre en place un schéma simple et partagé par tous me semble dans ses cordes. »

Motus sur le capitaine par intérim

Il s’agira sans doute d’un 4-4-2 dans lequel la recrue Gabrielsen et Diakité constitueront la charnière titulaire pour tenter de solidifier une défense bien trop urbaine (39 buts encaissés en 19 journées). Zanko, flanqué du même staff que Kombouaré, n’a pas voulu parler recrutement ce jeudi, ni donner le nom de son capitaine, en l’absence de Gradel, toujours blessé.

Si le stage de dimanche à mercredi à Peralada, en Catalogne espagnole, lui a permis d’appréhender le groupe, il connaissait déjà les Pitchouns passés sous ses ordres (Koné, Ngoumou, Adli, Diakité…). D’où l’optimisme raisonné manifesté par cet agent de joueurs : « Le TFC compte sur ses jeunes pour renforcer l’équipe. Qui est la meilleure personne que Zanko pour faire jouer les jeunes ? »

Un « moins bon client » pour les médias que son ami Dupraz

Pour lui, pas de doute, « c’est l’homme de la situation, Il a la légitimité pour cela. D’autant qu’il ne reste plus trop de personnes présentes depuis l’affaire Machach qui avait marqué le club. » Fin octobre 2017, le jeune Zinédine Machach avait été licencié par le TFC un mois et demi après une altercation avec le technicien.

Aujourd’hui, le milieu évolue à Cosenza (D2 italienne), où il est prêté par Naples, alors que Zanko va donc tenter une « remontada », quatre ans après celle réussie par son ami Dupraz. « Je suis plus maîtrisé que lui, je serai un moins bon client pour vous », sourit l’ancien joueur du Métro Racing, Tours, Dunkerque et Valence. Avant de se faire plus grave. « Il n’y a pas beaucoup de personnes qui pensent que c’est faisable, mais on n’est pas illuminés. Des éléments concrets peuvent nous faire penser que c’est possible. » Mais tant que les Violets ne renoueront pas avec un succès en championnat qui leur échappe depuis le 19 octobre contre Lille (2-1), cela restera hautement improbable.