Mercato : « Dans l’imaginaire collectif, l’agent est voleur un peu bling bling », regrette Thomas Buanec

FOOTBALL Le trentenaire basé à Lille n'est pas une star du milieu mais un intermédiaire actif depuis bientôt dix ans, particulièrement bien implanté en Belgique

Vincent Billet

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L'agent Thomas Buanec dans son bureau lillois.
L'agent Thomas Buanec dans son bureau lillois. — V.Billet/20 Minutes

Une paire de crampons dans le couloir, des maillots accrochés aux murs et un portable toujours prêt à sonner… Impossible de se tromper : si Thomas Buanec (33 ans) n’est pas aussi connu que Mino Raiola ou Jean-Pierre Bernès, il est bel et bien agent de joueurs.

Cela fait bientôt dix ans qu’il a décroché sa licence officielle. Jeune diplômé en droit (Master 2), il lance son activité alors qu’il était toujours sportif de haut niveau, en rink hockey. Un passé utile. « Je sais ce que c’est de gérer des relations avec un entraîneur, des sollicitations. De vivre dans un vestiaire ou d’être bloqué par un club… », sourit-il.

Son agence lilloise emploie deux personnes

L’agence qu’il dirige, 4-4-2, a bien grandi. Basée à Lille, elle emploie deux personnes et gère la carrière d’une trentaine de footballeurs, principalement en D1 belge. « La clé, c’est la constitution du réseau. Savoir qui sont les décideurs dans les clubs, quelles sont les luttes d’influence… » Joueurs, entraîneurs, clubs, directeurs sportifs, l’agent a multiplié les rencontres, notamment en Belgique, où il connaît très bien le marché.

Avec l’ouverture du mercato hivernal, l’intensité de son activité est montée d’un cran. « Il y a plus de pression et tout le monde est tendu, parce qu’il est court. C’est excitant, car c’est un moment-clé, avec des prises de décision, des négociations et des ajustements. »

Deux à cinq matchs par week-end dans les stades

Et forcément de l’argent… « Dans l’imaginaire collectif, l’agent est voleur, un peu bling bling et dans le foot business. Et certains ne nous aident pas à faire passer cette fausse idée. On entend aussi qu’on travaille deux mois l’été et un mois l’hiver… Je travaille sept jours sur sept et pas que pendant le mercato, avec deux à cinq matchs à voir par week-end en plus des vidéos. Une grosse partie du travail est aussi d’accompagner les joueurs au quotidien. »

Sans star dans son escarcelle, Thomas Buanec mise sur la fidélité de ses protégés. Il a notamment eu à gérer la carrière de l’Angevin Ismaël Traoré, ou celle de Steeven Willems (Charleroi). « Je l’ai récupéré au Losc où il n’avait pas de contrat. Là, il est 2e en D1 belge et a joué des matchs de Coupe d'Europe. C’est génial de voir évoluer un joueur, tout comme faire signer un premier contrat pro est magique. »