OL-Stade Rennais : « Talent d’orateur », entêté… En un an, Julien Stéphan a marqué la Ligue 1

FOOTBALL Le coach breton avait battu l’Olympique lyonnais 2-0 au Groupama Stadium pour ses débuts en Ligue 1

Camille Allain

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Julien Stéphan console Benjamin Bourigeaud, ici après l'élimination en Ligue Europa à Arsenal.
Julien Stéphan console Benjamin Bourigeaud, ici après l'élimination en Ligue Europa à Arsenal. — R. Stephenson / SIPA
  • Julien Stéphan a connu une première année folle sur le banc rennais en remportant la Coupe de France et en offrant des émotions au club breton en Ligue Europa.
  • Joueurs et dirigeants qui ont côtoyé l’entraîneur breton de 39 ans louent tous son sérieux et son investissement.

Un chef-d’œuvre de Ben Arfa et un pion de Siebatcheu. En deux minutes, le Stade Rennais avait terrassé un Lyon jouant pour le podium il y a un an. Sur le banc, Julien Stéphan​ vivait sa première expérience en Ligue 1, propulsé entraîneur des pros après l’éviction de Sabri Lamouchi. Un an plus tard, le fils de Guy Stéphan se présentera avec un tout autre statut pour défier les Lyonnais sur leurs terres ce dimanche. Auréolé d’une Coupe de France et d’une folle épopée européenne, l’entraîneur breton a fait sa place dans le cœur des supporters rennais mais aussi dans la liste des entraîneurs en devenir.

A 39 ans, Julien Stéphan s’est déjà taillé une solide réputation. Tout sauf une surprise. « C’est un incroyable tacticien, je n’ai jamais eu un coach comme lui. Il était capable de se caler huit heures d’analyse vidéo pour un match de CFA. Mais au coup d’envoi, tout le monde était prêt et savait ce qu’il avait à faire », se souvient Maxime Fleury.

L’ancien joueur du Stade Rennais a été entraîné par Julien Stéphan pendant trois ans. Comme tous ceux qui l’ont côtoyé, il évoque sans détour les incroyables causeries du patron. « C’était long, ça durait parfois plus d’une demi-heure, mais on buvait ses paroles », ajoute l’actuel attaquant du Puy-en-Velay, qui évolue en National. « Paul-Georges Ntep était même redescendu jouer avec nous parce qu’il avait entendu que notre coach était bon et que ça jouait au foot. ».

« Je n’ai jamais vu quelqu’un capter l’attention comme lui »

Un peu plus jeune, Matthieu Huard a également été supervisé par le fils de Guy Stéphan au milieu d’une génération incroyable composée d’Ousmane Dembélé, Jérémy Gélin ou Denis Will-Poha. « Il a un tel talent d’orateur ! A chaque avant-match, j’étais sous le choc de ses causeries, je n’ai jamais vu quelqu’un capter l’attention comme lui. Il savait nous motiver », témoigne l’actuel latéral gauche de l’AC Ajaccio (Ligue 2). Comme son compère Maxime Fleury, Matthieu Huard se souvient d’un coach « hyper pro », fasciné par la tactique et « toujours prêt à s’appuyer sur les failles de l’adversaire »

Le latéral évoque aussi la capacité de Julien Stéphan à « être l’acteur principal, celui qui contrôle les choses ». L’entraîneur rennais l’a démontré en mettant successivement ses tauliers Clément Grenier ou Mbaye Niang sur le banc quand leurs prestations n’étaient pas au rendez-vous. « C’est quelqu’un de très travailleur, il a un sens de l’analyse très pointu. Il a tous les attributs pour être un très très grand entraîneur », assure Eric Olhats, premier mentor de Griezmann et ancien conseiller de l’Atletico Madrid.

« Ça frôle l’entêtement »

Ce dernier a passé quelques mois auprès de Julien Stéphan la saison dernière. Appelé par Olivier Létang pour « améliorer la compétitivité » de l’équipe, Eric Olhats a aussi découvert un homme « très convaincu de ce qu’il fait ». Trop peut-être. « Il est très sûr de lui mais parfois, ça frôle l’entêtement », ose l’ancien de l’Atletico Madrid. « Il est pourtant dans l’écoute mais à la fin, c’est lui qui décide ». Matthieu Huard opine. « On peut le voir comme rigide ou fermé. Mais je pense que c’est juste qu’il est pro ».