JO-2024: « Un partenaire légitime »… Avec EDF, le Cojo veut mettre les polémiques derrière lui

PARTENARIAT Cinq mois après l'échec de négociations avec Total, que la mairie de Paris ne voulait pas voir là, le comité d'organisation parisien des Jeux olympiques de 2024 a trouvé son deuxième sponsor premium

Nicolas Camus

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Tony Estanguet, le président du Comité d'organisation des JO 2024, en discussion avec la maire de Paris Anne Hidalgo.
Tony Estanguet, le président du Comité d'organisation des JO 2024, en discussion avec la maire de Paris Anne Hidalgo. — Louise MERESSE/SIPA
  • Le groupe EDF est devenu mardi le deuxième sponsor premium des Jeux olympiques de 2024.
  • Une annonce qui a fait l'unanimité au sein du CA du comité d'organisation, quelques mois après la polémique concernant Total et au lendemain de l'arrivée embarrassante d'Airbnb comme sponsor du CIO. 

Au moins, pour celui-là, il n’y a pas eu débat. Après les prises de bec au sujet de Total et au lendemain de l’annonce de l’arrivée d’Airbnb parmi les principaux sponsors du Comité international olympique (CIO) qui a déclenché l’ire de la mairie de Paris, le comité d’organisation des JO-2024 (Cojo) a officialisé ce mardi la signature d’un partenariat avec EDF. « Il y a eu un soutien unanime du conseil d’administration », a précisé dans un sourire le patron du Cojo, Tony Estanguet, conscient des remous des dernières semaines.

EDF devient ainsi le deuxième partenaire premium des Jeux parisiens, après le groupe bancaire BPCE. Il s’agit du rang le plus élevé pour les sponsors nationaux, et si aucun chiffre n’a été rendu public lors de la conférence de presse au siège de l’entreprise française, le montant habituel pour ce type d’accord se situe autour des 100 millions d’euros.

« Total était un problème majeur »

« Nous avons un lien fort avec les sportifs depuis 30 ans, a rappelé Jean-Bernard Lévy, le PDG d’un groupe présent aux côtés des Fédérations de football, de natation ou de canoë. L’objectif est que ces Jeux soient les plus verts de l’histoire, et notamment les premiers à être neutres en carbone. EDF veut aider Paris à atteindre ses objectifs environnementaux. » Le champion du nucléaire, qui vante son rôle dans la transition énergétique, sera le fournisseur officiel d’électricité et de gaz pour l’événement. L’ambition des deux parties est que la totalité des sites soient approvisionnés en énergie renouvelable.

Tout cela fait d’EDF un « partenaire légitime », estime Estanguet. Contrairement à Total, doit-on comprendre, « une des boîtes les plus polluantes du monde », avait taclé la mairie de Paris au moment des tractations en juillet dernier, ce qu'avait regretté le président Macron. « La Ville n’a pas vocation à commenter tous les partenaires de Paris-2024, ni à donner sa bénédiction, mais il peut nous arriver de réagir quand il y a un problème particulier, nous explique Jean-François Martins, l’adjoint en charge des sports, du tourisme et des JO. Total en était un majeur, ce n’était pas adapté pour les premiers Jeux qui se veulent alignés sur l’accord de Paris sur le climat, d’être associés à une entreprise symbole de l’industrie du carbone. »

Si la Ville n’est pas décisionnaire, elle fait partie, comme le département de la Seine-Saint-Denis ou la région Ile-de-France, par exemple, du Conseil d’administration de Paris-2024, où sont discutées toutes les stratégies. Attentive à tout, elle n’est « pas là pour autoriser, mais peut être là pour interdire », dit l’élu. Dans le cas d’Airbnb, en revanche, personne ne peut s’y opposer. C’est le CIO qui a décidé d’en faire un partenaire jusqu’en 2028, ce qui impacte Paris par ricochet.

La maire Anne Hidalgo a tout de même envoyé une lettre au président du Comité international, Thomas Bach, pour lui expliquer sa bataille actuelle contre le géant de la location de logements entre particuliers. « Nous voulons rappeler à cette entreprise, plus qu’au CIO, que ce statut de sponsor l’obligera d’autant plus à respecter la loi à Paris, ce qu’elle ne fait pas aujourd’hui », pose Jean-François Martins dans un langage plus apaisé que son collègue Ian Brossat, qui avait dénoncé lundi « un choix scandaleux et irresponsable ».

Le Cojo va prendre son temps pour les prochains partenaires

Tony Estanguet a rappelé ce mardi que l’annonce du CIO n’allait pas empêcher Paris-2024 de chercher un partenaire national dans le secteur de l’hôtellerie. « Nous avons besoin de 40.000 chambres d’hôtel, et le marché n’est pas fermé », a dit le patron du Cojo, qui sait le sujet des sponsors devenu sensible.

Selon son budget prévisionnel, Paris-2024 compte encaisser 1,2 milliard d’euros de ses sponsors nationaux, sur un total de recettes de 3,8 milliards d’euros. « Nous sommes très confiants en notre programme marketing, poursuit Estanguet. Beaucoup d’entreprises veulent nous rejoindre, mais on veut que les partenariats fassent sens. Les Jeux sont dans cinq ans, on n’a pas besoin de se précipiter. »