NBA : Peu utilisé par les Boston Celtics, Vincent Poirier ne panique pas et « attend son heure »

BASKET Le pivot n'a eu droit qu'a de très courtes apparitions pour l'instant. Rien de grave, il s'y « attendait » pour ses débuts en NBA

Thibaut Gagnepain

— 

Vincent Poirier a inscrit deux points en NBA depuis ses débuts. C'était face aux New York Knicks début novembre.
Vincent Poirier a inscrit deux points en NBA depuis ses débuts. C'était face aux New York Knicks début novembre. — Bob Leverone/AP/SIPA
  • Arrivé cet été aux Boston Celtics, Vincent Poirier est pour le moment victime de la concurrence et des excellents résultats de sa franchise, leader de la conférence Est.
  • La situation ne décourage pas le pivot. « Je reste positif, j’attends mon heure », dit-il, convaincu qu’il aura sa chance à un moment donné.

En attendant, l’international français apprend, non seulement sur les parquets mais aussi en dehors, pour sa première expérience loin de l’Europe.

 

Deux petites minutes de jeu par-ci, cinq ou six par là… Voilà à quoi ressemble le début de saison de Vincent Poirier avec Boston. Arrivé cet été, le pivot doit pour l’instant se contenter de miettes au sein de la franchise la plus titrée de NBA (17 sacres).

Frustré, le Français ? « Je savais que ça allait se passer comme ça, je m’y attendais, désamorce-t-il. C’est une première saison rookie. Je viens d’Europe donc ils ne me connaissent pas forcément beaucoup. C’est un peu compliqué au début. Il faut apprendre beaucoup, il faut écouter. Je reste positif, j’attends mon heure. »

« Tu ne peux pas te relâcher une seconde »

L’ancien joueur du Paris-Levallois et de Vitoria a dû aussi s’habituer à un nouveau jeu. Bien différent de l’Euroligue, dont il avait terminé meilleur rebondeur la saison passée. « Il y a un gros changement physique. Ici, ça va haut, ça va vite, ça joue dur. Il y a un niveau d’exigence physique très élevé. Tu ne peux pas te relâcher une seconde, car on va te piquer la balle. En Euroligue, il y a plus de jeu posé. Ici, ça shoote vite », analyse le médaillé de bronze de la dernière Coupe du monde, pas inquiet sur ses capacités d’adaptation.

Le grand tatoué (2,16 m) semble déjà se faire à la vie américaine et à toute la démesure de la NBA. « Il y a beaucoup de monde pour prendre soin de nous, c’est vraiment impressionnant !, s’enthousiasme-t-il. Que ce soit les coachs, ou les services autour, le cuisinier qui est là à tous les déplacements… Ils mettent beaucoup de choses de notre côté pour qu’on réussisse et qu’on ait à ne penser qu’au basket. Les déplacements sont vachement facilités aussi. Quand tu atterris, tu montes dans le bus et tu arrives directement à l’hôtel. Pour un basketteur, c’est le top. »

Comme l’entente au sein l’équipe où, à l’en croire, « il n’y a pas un joueur à part ». Même des stars comme le meneur Kemba Walker ou l’ailier Gordon Hayward. « On a un très bon groupe, un groupe soudé. ll y a une bonne ambiance, on s’entend tous et on essaye de faire beaucoup de choses ensemble pour la cohésion d’équipe », insiste l’international français de 26 ans, qui n’a même pas eu droit à un bizutage en règle. « Ce n’est pas ma première saison professionnelle, donc j’ai une petite excuse. Pour l’instant, je passe un peu entre les mailles du filet, je n’ai pas eu à chanter ou des trucs comme ça. »

« J’ai déjà été la cinquième roue du carrosse »

Ça pourrait peut-être venir en cas de grosse performance sur le terrain. Si ses principaux concurrents dans la raquette, Enes Kanter et Robert Williams, se montrent un peu moins performants qu’actuellement. « J’ai déjà été la cinquième roue du carrosse », relativise-t-il, en repensant certainement à sa saison 2015-2016 avec le PL, quand il avait trouvé du temps de jeu avec le Centre fédéral en Nationale 1. « Je sais qu’à un moment ou un autre, j’aurai ma chance. Les saisons sont longues, il y a beaucoup de matchs. »

C’est le message que lui transmet son entraîneur, Brad Stevens. « Il a souvent deux trois mots pour me rappeler de rester prêt, me dire que la saison est longue. Pour l’instant, l’équipe tourne bien, mais cela peut changer à tout instant. » A priori, ça ne sera pas pour samedi, puisque l'actuel leader de la Conférence Est joueront à San Francisco face à des Warriors décimés. Mais le lendemain, ils seront à Sacramento, un soir où le match sera facilement visible par le public français, vu l’horaire (21h30). « C’est toujours plaisant de pouvoir jouer devant sa famille et ses proches. C’est toujours un plus d’avoir ça », apprécie Vincent Poirier, qui espère avoir l’occasion de se montrer. Un peu plus que deux ou trois minutes.