Euroligue : « Un peu invincible » à l’Astroballe, l’Asvel rêve d’un nouvel exploit face au CSKA Moscou

BASKET Avant de défier ce vendredi (20h45) le CSKA Moscou, vainqueur de la dernière Euroligue, les Villeurbannais restent sur une impressionnante série de 16 succès consécutifs à domicile

Jérémy Laugier

— 

Charles Kahudi, ici lors de la première victoire en Euroligue à l'Astroballe, le 4 octobre contre l'Olympiakos.
Charles Kahudi, ici lors de la première victoire en Euroligue à l'Astroballe, le 4 octobre contre l'Olympiakos. — Romain LAFABREGUE/AFP
  • Pour conquérir en juin son 19e titre de champion de France, l’Asvel s’est notamment appuyée sur un parcours sans faute dans sa salle.
  • Entamée en avril, la série d’invincibilité à l’Astroballe (désormais 16 succès de rang) s’est depuis prolongée grâce à trois exploits pour le retour du club en Euroligue.
  • La bande à Edwin Jackson sera-t-elle capable de prolonger cette série ce vendredi (20h45), en accueillant un monstre européen et tenant du titre, le CSKA Moscou ?

« Ce qui est le plus dur à expliquer pour moi, c’est comment on a fait pour gagner nos trois matchs à domicile. » Interrogé sur le bilan partagé de l’Asvel en Euroligue, avec trois victoires à l’Astroballe et autant de défaites à l’extérieur, Zvezdan Mitrovic a trouvé cette amusante formule. Avant de défier ce vendredi (20h45) le CSKA Moscou, champion d’Europe en titre, l’entraîneur villeurbannais reconnaît « ne pas avoir imaginé pouvoir battre l’Olympiakos, le Panathinaïkos et Vitoria ». Ces trois grosses références ont été surprises par le club de Tony Parker, qui vient de retrouver l’Euroligue, dix ans après sa dernière participation.

« Notre approche est la même pour tous nos matchs d’Euroligue : on ne se met pas trop de pression, avec juste l’envie de profiter du moment, explique le coach monténégrin. A domicile, grâce notamment au public, nous sommes portés par quelque chose, on a une vraie force qui nous fait nous sentir un peu invincibles. »

« On a un surplus d’orgueil à la maison »

Et pour cause, la dernière défaite de l’Asvel (8e ex aequo en Euroligue et leader invaincu en Jeep Elite) à l’Astroballe remonte au 21 avril contre Nanterre (74-96). Le champion de France 2019 a depuis enchaîné 16 succès de rang avant d’accueillir le mastodonte russe, coleader de la compétition avec un seul revers en six journées. « Je ne pense pas que les nouveaux gars soient au courant de la durée de cette série, indique le capitaine Charles Kahudi. On sait qu’on doit mettre la même intensité partout mais à la maison, on a un surplus d’orgueil et on est poussé par le public. »

L’ailier de 33 ans en dit davantage sur le plan de route de l’Asvel pour exister en tant que « Petit Poucet et rookie » dans une cour des grands impitoyable, avec sa saison à 34 matchs, soit autant qu’en championnat de France.

On essaie de grappiller ce qu’on peut et d’apprendre très rapidement. Notre manière de faire, c’est d’être au contact de notre adversaire le plus longtemps possible. Et quand tu tiens toujours à moins de dix points d’écart à quelques minutes de la fin du match, ça peut très vite tourner. Aujourd’hui, on n’a pas de mecs capables de débloquer des situations comme un Mike James à Moscou. Il est donc impératif que notre jeu soit collectif. Et on a pu surprendre jusque-là en s’appuyant sur notre défense et notre impact physique. Mais le CSKA, c’est un challenge nettement au-dessus. »

« A nous de les jouer les yeux dans les yeux »

Si le CSKA peut piocher dans un effectif de 16 joueurs pros pour constituer son armada, l’Asvel va se présenter ce vendredi avec 12 joueurs, dont l’espoir de 17 ans Matthew Strazel, épatant contre Vitoria (9 points). Elle sera en effet privée d’Adreian Payne et d’Antoine Diot blessés, voire de Théo Maledon incertain. « Devoir enchaîner autant de matchs est usant », souligne Charles Kahudi. Imaginez, il s’agira du 16e match officiel, moins de deux mois après la reprise, et avec une seule déroute à noter, le 17 octobre dans la salle du Bayern Munich (104-63). Pour la première fois depuis le début de la saison, les joueurs villeurbannais viennent d’enchaîner cinq jours sans match avant d’accueillir le CSKA Moscou.

Présentant la plus mauvaise attaque d’Euroligue (moins de 70 points inscrits en moyenne), ils n’entendent pour autant pas avoir de complexe face à un club quatre fois vainqueur de la compétition. « Ce sont des matchs de prestige mais sur le terrain, il ne faudra pas les respecter ou cogiter, exhorte Charles Kahudi. A nous de les jouer les yeux dans les yeux comme on le fait depuis le début à la maison. » Après tout, l’Astroballe n’est plus à un exploit près.