Toulouse : « On voit des éducateurs payer des bières à des enfants »… Pourquoi le rugby s’engage contre les addictions

SOCIETE Associé au conseil départemental, les responsables du rugby haut-garonnais veulent sensibiliser jeunes et adultes contre les addictions et leurs dangers

Nicolas Stival

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En Haute-Garonne, instances du rugby et du département se mobilisent contre les addictions chez les jeune.
En Haute-Garonne, instances du rugby et du département se mobilisent contre les addictions chez les jeune. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Diffusé à 8.500 exemplaires et également disponible sur Internet, le livret Le rugby, c’est sans produit ! passe en revue les dangers des addictions dans le sport.
  • Cette brochure vise les jeunes joueurs et joueuses, mais aussi leurs parents et les éducateurs dans les clubs.

« Sur le terrain, besoin de rien ! » « Ce qui fait la troisième mi-temps, c’est l’ambiance, pas l’alcool »… Voici deux des phrases chocs contenues dans Le rugby, c’est sans produit ! Ce livret d’une dizaine de pages est diffusé à 8.500 exemplaires par le Conseil départemental de la Haute-Garonne dans les clubs, mais aussi à la Maison des adolescents. Il est également disponible sur Internet, notamment sur l’espace numérique de travail (ENT) des collèges.

Relayant une initiative du Comité départemental de rugby (CD 31), cette brochure ne traite pas tant de dopage que d’addictions. « C’est un outil, afin d’ouvrir des discussions, indique Jean Pous, responsable de la commission médicale du CD 31. Dès l’âge de 13-14 ans, on constate des conduites addictives, avec l’alcool, le tabac ou le haschich. » Plus que d’alerter ados et parents sur les dangers à long terme (cancers, maladies cardiovasculaires…), il s’agit d’insister sur la répercussion de tels comportements sur la pratique sportive.

« Le reste, c’est connu, redit, reprend le médecin. C’est plus intéressant de passer par le biais du sport que de jouer les donneurs de leçons. Nous voulons aussi montrer que le rugby n’est pas un sport de brutes mais que l’on réfléchit, que l’on est soucieux de la santé et de la sécurité des joueurs. »

Les boissons énergisantes également ciblées

Sans surprise, fumer un joint avant un match n’est pas le meilleur moyen pour espérer traverser le terrain ou réussir un 100 % au plaquage. Mais boire une petite canette houblonnée juste avant la douche n’est pas non plus recommandé, car cela augmente la déshydratation liée à l’effort. D’où une récupération musculaire retardée, source potentielle de blessures.

Voir un ado se griller une clope au coup de sifflet final d’un match, dans n’importe quelle discipline, n’est pas vraiment une nouveauté. Mais ces dernières années ont vu surtout exploser l’usage de boissons énergisantes, dont le mélange avec l’alcool peut-être détonant et dangereux.

Des numéros à contacter

« Récemment, on a viré un stand d’une société bien connue qui s’était installée lors d’un plateau », témoigne le Dr Pous, inquiet par ailleurs du comportement de certains éducateurs. « On en voit qui paient des bières à des enfants de douze ou treize ans ! Il faut leur rappeler la loi. »

Car, au-delà du côté pédagogique plus que contestable de ces initiatives, vendre ou offrir de l’alcool à un mineur est interdite et passible d’une amende, voire d’une peine de prison. Tout ceci est rappelé dans Le rugby, c’est sans produit ! dont les dernières pages recensent les numéros à contacter en cas de soucis d’addiction.