Lazio-Rennes: Qui est Sergej Milinković-Savić, le milieu que les plus grands clubs européens s’arrachent?

FOOTBALL Le milieu de terrain serbe sera l’un des atouts de la Lazio de Rome jeudi face au Stade Rennais en Ligue Europa

Camille Allain

— 

Le joueur de la Lazio Rome Sergej Milinkovic-Savic célèbre son but inscrit face au Genoa le 29 septembre 2019.
Le joueur de la Lazio Rome Sergej Milinkovic-Savic célèbre son but inscrit face au Genoa le 29 septembre 2019. — Andrea Staccioli / Sipa
  • La Lazio Rome affronte le Stade Rennais ce jeudi en Ligue Europa.
  • Battus à Cluj en ouverture, les Italiens comptent sur leur solide milieu de terrain Sergej Milinković-Savić pour étouffer les Rennais.
  • Formé en Serbie, «SMS» est pisté par les plus grands clubs européens, le PSG en tête.

C’est l’histoire d’un gamin un peu fainéant mais pétri de talent. L’histoire d’un joueur qui a quitté sa Serbie natale à 19 ans pour rejoindre Genk, en Belgique, avant de signer à la Lazio Rome un an plus tard. Titulaire indéboulonnable de l’équipe de Simone Inzaghi, Sergej Milinković-Savić devrait être aligné ce jeudi pour le deuxième match de Ligue Europa des Laziale face au Stade Rennais. Buteur ce week-end face au Genoa, le milieu de terrain est pisté par les plus grands clubs européens, le PSG et l’Inter en tête.

« Il a une technique fantastique et une vision du jeu incroyable. Il est capable de changer de décision en une fraction de seconde pour faire avancer l’équipe. Je suis certain qu’il pourrait s’imposer dans n’importe quelle équipe européenne aujourd’hui », assure Branko Babić à 20 Minutes. Le coach de l’équipe première du FK Vojvodina à Novi Sad (Serbie) avait lancé « SMS » en 2014, lui qui avait été formé au club. « On avait volontairement laissé partir nos cadres expérimentés pour faire de la place aux jeunes », se souvient l’entraîneur. Pour sa première saison en pro, Savić, mais aussi Mijat Gaćinović (qui joue à Francfort), Nemanja Radoja (Levante) ou encore Srdan Babić (Etoile Rouge Belgrade) mènent leur club jusqu’à une victoire historique (la seule à ce jour) en coupe nationale. « Il était au-dessus de tout le monde ».

Branko Babić savait-il que son protégé jouerait un jour la coupe d’Europe ? « Des journalistes m’ont posé la même question il y a vingt ans quand j’ai lancé Dejan Stanković. Je suis sûr que Sergej peut mener la même carrière ».

« Il se cachait parfois derrière les arbres »

Après sa très grosse saison en 2017-2018, le numéro 21 de la Lazio avait été annoncé partout en Europe et avait vu sa côte grimper en flèche (valeur marchande à 90 millions d’euros selon Transfermarkt), avant de décevoir la saison suivante. Mais il continue de rester fidèle au club romain, qui cherche à le prolonger.

Un choix du cœur (avec un salaire doublé quand même) un peu à l’image de la carrière du joueur technique malgré sa grande taille (1,91m). « Son développement était atypique. Il a toujours montré qu’il avait du talent, qu’il vivait pour le foot. Mais il était assez fainéant. Pendant la préparation hivernale, il se cachait parfois derrière les arbres quand les autres joueurs faisaient des tours de terrain », se souvient Milan Kosanović, ancien coordinateur de la Youth Acadademy du FK Vojvodina, où Savić a été formé.

« Savić, c’est le foot. C’est un joueur capable de jouer en "box to box" un peu comme Pogba. Ici, il a une bonne place dans le cœur des supporters. Mais si on ne se qualifie pas pour la Ligue des Champions, on aura du mal à le garder », estime Pierre-Marie Pieroni, supporter de la Lazio et administrateur du compte Twitter SS Lazio FR.

De remplaçant en U17 à champion du monde

Après un début de carrière éclair, le Serbe de 24 ans va rapidement devoir faire un choix. Rester à Rome ou tenter l’aventure ailleurs. « Il a déjà connu une trajectoire incroyable. En trois ans, il était passé de remplaçant en équipe U17 chez nous à une place de titulaire en Série A et à un titre de champion du monde des moins de 20 ans avec la Serbie », poursuit son ancien coach Milan Kosanović, aujourd’hui assistant à l’Etoile Rouge de Belgrade. Un palmarès qui ne demande qu’à s’étoffer.