La Lazio Rome est quatrième de Serie A.
La Lazio Rome est quatrième de Serie A. — Maffia/UK Sports Pics/SIPA

FOOTBALL

Ligue Europa: L'OM doit-il craindre la Lazio Rome, «moins forte que l'an dernier mais très réaliste»?

Cette troisième journée de la phase de groupes de Ligue Europa est décisive pour Marseille, en difficulté avec un seul point…

  • La Lazio Rome et son atypique 3-5-1-1 débarquent au Vélodrome, ce jeudi, pour affronter l'OM en Ligue Europa.
  • On vous présente cet adversaire que Marseille doit à tout prix battre pour espérer se qualifier pour les seizièmes de finale. 

On est entre nous, alors on ne va pas se mentir. La Lazio Rome, c’est typiquement ce club européen que tout amateur de foot connaît un peu… Sans être capable de citer nommément plus de deux joueurs de l’effectif. Faites le test autour de vous, allez-y… Ciro Immobile, peut-être. « Et puis le Serbe là, avec un nom composé un peu compliqué, Sergueï je sais pas quoi. » Sergej Milinkovic-Savic, donc. C’est une première étape : maintenant, vous avez l’orthographe. Essayons d’aller un peu plus loin à la rencontre de cette équipe, troisième adversaire de l'OM, ce jeudi, en phase de groupes de la Ligue Europa (21 heures).

>> Un dispositif tactique immuable​.

Ce coach, ancien formateur chez les jeunes, a été rappelé en catastrophe à l’été 2016, après que Marcelo Bielsa a planté la Lazio. Simone Inzaghi est depuis resté fidèle au club biancoceleste… Et à ses principes. Le frère de Pippo ne croit qu’en un système de jeu : le 3-5-1-1, avec deux latéraux très offensifs et un numéro 10 derrière l’attaquant. Le journaliste de RMC Sport Simone Rovera détaille :

C’est une équipe très bonne dans la verticalisation, très rapide en contre-attaque et qui sait trouver Immobile dans la profondeur. C’est sa grande qualité. Ils sont aussi très performants sur coups de pied arrêtés, avec notamment le grand Milinkovic-Savic, très bon dans le jeu aérien. Ils sont moins forts que l’an dernier… Mais très réalistes. »

La Lazio a en effet gagné six de ses sept derniers matchs. Face à Nice (victoire 1-0), l'OM a déjà été confronté à une équipe qui évolue avec trois défenseurs centraux, mais dans un registre plus défensif… « C’était une bonne réplique de ce à quoi on va être confrontés, même si l’animation est totalement différente », rappelle Rudi Garcia, dont l’équipe évoluera peut-être en 4-3-3, comme à l’Allianz Riviera.

Les Marseillais auront sans doute la possession, les Romains ne cherchant pas particulièrement à conserver le ballon. « C’est vrai que nous avons du mal quand on a le ballon, l’équipe peut sembler inoffensive, elle a du mal à créer du jeu dans les petits espaces », reconnaît un supporter de la Lazio expatrié en France.

>> Une équipe remaniée ?

Avec deux victoires en deux matchs, l’Eintracht Francfort s’envole tranquillement vers une qualification. Le deuxième ticket se jouera sans doute entre la Lazio et l’OM… Qui n’ont donc pas le droit à l’erreur. Marseille doit prendre quatre points lors des deux confrontations face aux Romains.

« Cette rencontre est décisive aussi pour nous : si on perd au Vélodrome, je nous vois mal capable de gagner à l’Olimpico, parce qu’on manque de mental, surtout contre les grosses équipes », s’inquiète Pierre-Marie, un autre supporter de la Lazio qui vit en Corse.

Pas sûr, toutefois, que Simone Inzaghi n’aligne son équipe-type ce jeudi au Vélodrome. « Je pense qu’on verra du turn over, car la Lazio reçoit l’Inter lundi prochain, c’est un concurrent direct pour la quatrième place, estime Simone Rovera… Face à Marseille, dans la double confrontation, c’est surtout le match retour qu’il faut gérer ! »

>> Milinkovic-Savic et Alberto, les mystères…

Plus que le turn over, le vrai mystère des Laziale, c’est le niveau réel des intermittents du spectacle Sergej Milinkovic-Savic et Luis Alberto. Impériaux la saison dernière, les deux hommes sont très décevants cette année. A tel point que les tifosis ont récemment déployé une banderole : « Milinkovic et Alberto, faux talents à la chasse à l’argent ». Les deux hommes ont en effet connu un mercato estival plutôt agité, au cours duquel le Serbe a été prolongé… et a doublé son salaire.

« Peut-être que ça a engendré une certaine fatigue mentale, avec en plus la fatigue physique de la Coupe du monde et l’absence d’une préparation mentale », esquisse Simone Rovera, qui juge que la baisse de régime de Luis Alberto est plus inquiétante : « C’est plus inexplicable pour lui et plus problématique : c’était l’homme de la dernière passe, celui qui faisait la différence dans les grands matchs. » Auteur de 21 passes décisives la saison dernière, l’Espagnol n’est même plus systématiquement titulaire, cette année.

Il peut toutefois profiter du Vélodrome​ pour faire mentir ses détracteurs… En tout cas, Rudi Garcia le craint : Alberto figure parmi les trois « joueurs de très haut niveau » spontanément cités par l’entraîneur marseillais. Qui note également que la Lazio est une équipe « qui prend très peu de buts. » Et qui sait attendre derrière. Ce qui ne promet pas forcément un grand spectacle, ce jeudi dans un Vélodrome à huis clos partiel.