Dijon-OM : « A Marseille, c’est difficile d’être dans la nuance », estime Stéphane Jobard

FOOTBALL L’entraîneur du DFCO Stéphane Jobard, ancien adjoint de Rudi Garcia à l’OM, se confie avant Dijon-Marseille en Ligue 1

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Stéphane Jobard vit un début de saison compliqué à Dijon.
Stéphane Jobard vit un début de saison compliqué à Dijon. — Y. Coatsaliou / AFP
  • Stéphane Jobard, en difficulté à Dijon, revient sur son année passée sur le banc de l’OM au côté de Rudi Garcia.
  • L’entraîneur, qui a fait toute sa carrière au DFCO, est tombé sous le charme du Vélodrome.

« On bosse quand même un peu, vous savez ! » Stéphane Jobard entraîne la lanterne rouge de Ligue 1, mais il n’a pas perdu son sens de l’humour. L’entraîneur de Dijon, très occupé, a tout de même trouvé quelques minutes pour répondre à nos questions avant DFCO- OM, ce mardi (19 h). L’ancien adjoint de Rudi Garcia à Marseille a gardé un excellent souvenir de son expérience dans les Bouches-du-Rhône.

Ce match face à votre ancien club, quelques mois après l’avoir quitté, a-t-il une saveur particulière pour vous ?

C’est forcément particulier. Je connais précisément les joueurs en face pour avoir vécu un an avec eux. Je connais leurs points forts, même si la dynamique est meilleure que l’année dernière et qu’ils ont eu des arrivées importantes, notamment celle de Benedetto.

Comme vous connaissez les joueurs, connaissez-vous la recette pour les battre et remporter votre premier match cette saison ?

Je connais surtout leurs points forts : dès qu’ils commencent à s’installer dans votre camp, à gérer le rythme du match, ça devient très compliqué, car ils sont capables de jouer entre les lignes et d’aller très vite sur les côtés. Il y a quand même des points sur lesquels on peut les embêter, notamment leur charnière qui aura un manque d’automatisme (en l’absence d’Alvaro et de Kamara). Ce serait bien de les mettre en difficulté là-dessus.

Votre équipe est déjà face au mur, avec un point en six journées. Votre première expérience d’entraîneur en Ligue 1 ne se passe pas comme prévu…

C’est le moins que l’on puisse dire. C’est encore tôt dans la saison, on a des recrues arrivées tard donc un effectif pas encore abouti… Je m’attendais à ce que ce soit compliqué, mais là, il faut trouver rapidement des solutions et gagner rapidement des points.

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à l’OM ?

La passion qui entoure le club m’a marquée. Même si elle est parfois dans l’excès… On aime vivre les instants comme ceux qu’on vit sur le banc du Vélodrome. Il y a une ferveur populaire immense, quand elle vous porte c’est exceptionnel. Je me souviens d’un match contre Saint-Etienne, sur le terrain, à l’échauffement, on est obligés de se parler à l’oreille pour s’entendre. On a la sensation que tout l’édifice tremble, même le terrain, c’est assez incroyable.

Quel était votre rôle au sein du staff ?

Je n’étais qu’un adjoint parmi tant d’autres (rires). J’intervenais pendant les entraînements et je faisais des retours vidéo individuels. Je voyais les joueurs en tête à tête et on discutait de leurs performances.

Etaient-ils réceptifs ?

En tête à tête, ils sont tous à l’écoute ! J’ai particulièrement été admiratif de la prise de recul d’un mec comme Kevin Strootman, capable d’une analyse fine et précise. Le défaut, dans le monde professionnel, c’est parfois de mettre la tête dans le sable par rapport à ses lacunes. Lui, il était très objectif et vraiment dans l’échange. Je suis content qu’il fasse un bon début de saison.

On a beaucoup dit que le vestiaire était segmenté l’an dernier, c’est votre sentiment aussi ?

Je n’avais pas forcément cette impression de l’intérieur, en tout cas pas autant que ce qu’on lisait dans la presse. La saison a été difficile, c’est certain, on s’est vite mis dans le dur. J’ai senti le groupe mobilisé, globalement… Même si beaucoup ont lâché en fin de saison.

Etait-ce compliqué de trouver sa place au sein de ce staff XXL ?

Il faut faire attention où on met les pieds, c’est sûr. Mais Rudi est beaucoup dans le débat d’idées. C’est lui qui tranchait en dernier lieu mais il voulait être bousculé, il ne voulait pas des béni-oui-oui en face de lui.

Comment avez-vous vécu les violentes critiques contre Rudi Garcia ?

Il était en première ligne… Et c’est sûr qu’en tant qu’adjoint on ne peut pas rester insensible au flot de reproches faits au quotidien. Je trouve qu’il était solide, il faut avoir les épaules larges pour résister à tout ça. A Marseille, c’est compliqué d’être dans la nuance, j’ai l’impression ! (sourire).

Vous considérez Rudi Garcia comme un mentor ?

Le terme est un peu fort mais c’est quelqu’un qui a beaucoup compté dans ma carrière. Quand j’étais joueur, c’est lui qui m’a suggéré de devenir entraîneur et nos routes se sont souvent croisées ensuite. J’ai la sensation de grandir au contact du personnage.

Vous continuez d’échanger depuis que vous êtes devenu entraîneur numéro 1 à Dijon ?

Je l’ai sollicité quand j’ai eu cette proposition et il m’a dit : « Fonce ! » On parle régulièrement au téléphone, il me donne des avis sur la vision qu’il a de mon équipe. C’est intéressant d’avoir un regard extérieur. En tout cas, il a l’air de bien vivre sa période de break. Je pense qu’il avait besoin de souffler avant de reprendre une équipe.