Coupe du monde de rugby: Mêlée, plaquages et bagarre... La roublardise argentine a bien embêté le XV de France

RUGBY Les Argentins ont réussi à sortir le XV de France de leur match avec un peu d'expérience et de roublardise

William Pereira

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FINISH HIM!
FINISH HIM! — Eugene Hoshiko/AP/SIPA

De notre envoyé spécial au Japon,

Rugby, grinta, football, grinta, Coupe Davis, grinta, toute la vie, grinta (ça sonne comme de la trap, c’est le but). Les Argentins ne savent pas faire autrement, c’est inné, ils ont ça en eux. Etre menés de 17 points à la pause par le XV de France n’aura pas suffi à leur faire baisser les bras, ils sont revenus sur la pelouse comme une meute de loups enragés, et on a bien failli finit dans leur estomac. Au prix de quelques diableries dont eux seuls ont le secret, il faut bien l’avouer. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si tout ce joyeux bazar s’est terminé par une mini-générale après le coup de sifflet final. Gaël Fickou raconte : « je vois un collègue tomber et après on y va. Je pense qu’ils étaient un peu aigris d’avoir perdu et c’est normal, à leur place on aurait été pareil. »

« Ils ont joué là-dessus »

Pour être tout à fait honnête, les Bleus n’ont pas eu besoin de perdre pour être agacés par les Pumas, chambreurs et râleurs, notamment en seconde période, quand ils ont senti que la roublardise avant de l’emprise sur ce XV de France un peu jeune et forcément un peu inexpérimenté dans ce genre de situation. « Je pense qu’ils ont joué là-dessus, acquiesce Poirot. Il y a eu deux ou trois plaquages limites, deux ou trois plaquages à retardement… Après ils ont mis la pression sur les ballon hauts où là ils ont été très bons. »

La pression, ils l’ont aussi beaucoup mise en entrée de mêlée au détriment des nouvelles règles qui préconisaient l’inverse. Ce qui a eu le don d’énerver le vice capitaine bleu. « On a bossé pendant des semaines pour ne pas mettre de pression lors de l'entrée en mêlée et sur les trois premières mêlées, ils nous mettent la pression et l'arbitre ne dit pas grand-chosePour les Argentins, il n'y a pas eu de changement de règle. Donc il y a une règle, mais elle ne sert à rien. » Une pensée émue pour Rabah Slimani qui, en plus des poussées de travers de Figallo, devait composer avec un arbitre qui ne le porte pas dans son coeur, en la personne d’Angus Gardner.

« On en a parlé avant le match, j’avais quelques doutes avec cet arbitre parce qu’on sait très bien que dans les matchs à chaque fois qu’il y a une mêlée qui tombe c’est du 50-50. Là c’est tombé sur moi. Ça a été un secteur où ça a pénible ce soir… En fait non, ça a pas été pénible, c’était carrément le bordel. Je l’explique même pas. Faudra quand même bosser là-dessus. »

Pour équilibrer les choses, Gardner nous a gratifié de quelques cadeaux dont s’est plaint le sélectionneur argentin Ledesma après la rencontre, comme un hors-jeu flagrant de Louis Picamoles non signalé. Comme ça, pas de jaloux, personne n’est content. Enfin eux un peu moins que nous. Et puis de toute façon, comme le dit Camille Lopez : « on s’en fiche de ces à côtés, l’important c’est la victoire et de gagner ce match. » Un peu de sagesse dans ce monde de brutes.