Coupe du monde de rugby: Pour Poirot et Guirado, «faire trop monter la sauce avant le match, c'est pas la bonne solution»

RUGBY Les joueurs du XV de France n'en font pas des caisses avant le premier match de Coupe du monde contre l'Argentine

William Pereira

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Jefferson Poirot, le pilier de l'UBB et du XV de France.
Jefferson Poirot, le pilier de l'UBB et du XV de France. — Christophe SIMON / AFP

De notre envoyé spécial au Japon,

C’est avec un peu de retard sur l’heure prévue et l’air concentré, mais sans plus, que le capitaine Guilhem Guirado et son bras droit Jefferson Poirot se sont attablés dans une vaste pièce de l’hôtel Keio Plaza improvisée en salle de conférences de presse, la dernière avant le premier match du XV de France contre l'Argentine. Où il ne s’est rien dit de transcendant, ce qui peut se comprendre. Des jours et des jours que les journalistes peinent à réinventer leurs questions et les joueurs leurs réponses.

Celle qui revient concerne évidemment le supposé état de tension dans lequel, on imagine, se trouvent actuellement les hommes de Jacques Brunel, lesquels ont pu se rendre compte plus tôt dans la journée de la ferveur – toute relative – des supporters japonais en passant par le Stade Ajinomoto, où les Nippons ouvrent ce midi le Mondial contre la Russie. Poirot : « c’est vrai que le fait d’avoir vu les supporters japonais à côté du stade et hier l’entraînement au stade, ça a commencé à vraiment nous mettre dans l’ambiance Coupe du monde. »

Poirot a déjà fait le match mille fois dans sa tête

La tension croit si naturellement que Guilhem Guirado a jugé bon de ne pas trop bassiner le reste du groupe avec des discours martiaux. Etre concentré, oui, tétanisé, non. « Demain, avec l’ensemble du staff et Jeff on va faire monter [le reste du groupe en pression]. Mais ça sert à rien de jouer le match avant et de se mettre trop de pression », explique le capitaine. Le « vice » abonde.

« Le match de demain je l’ai vu mille fois dans ma tête mais faut pas le jouer avant comme le dit Guilhem. Faire trop monter la sauce avant le match c’est peut-être pas la bonne solution parce qu’il y a déjà 31 mecs qui de leur côté se sont fait le match [dans la tête] ».

C’est bien, tous ces calculs. Mais un seul de ces matchs comptera, et il se jouera demain sur la pelouse du stade de Tokyo. « J’espère que demain on sera tout là-haut », conclut Guirado.