Plovdiv-Strasbourg: Non, le Racing n'a pas déjà la tête à Francfort, son possible futur adversaire

LIGUE EUROPA Fait rare dans le foot, les joueurs du RC Strasbourg connaissent leur potentiel prochain adversaire, en barrages de la Ligue Europa. Est-ce possible de ne pas déjà y penser ?

Thibaut Gagnepain

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Jonas Martin et les Strasbourgeois ont-ils déjà le regard tourné vers Francfort ?
Jonas Martin et les Strasbourgeois ont-ils déjà le regard tourné vers Francfort ? — Patrick HERZOG / AFP
  • Le tirage au sort de la Ligue Europa a réservé une potentielle affiche alléchante au RC Strasbourg. Les Alsaciens pourraient affronter les Allemands de l'Eintracht Francfort en cas de qualification contre Plovdiv.
  • Les supporters y pensent déjà... Mais pas les joueurs à en croire Mohamed SImakan. Un discours jugé crédible par le directeur du centre de formation et ancien entraîneur du Racing, François Keller.
  • Au tennis, les joueurs connaissent leur tableau à l'avance. Est-ce qu'ils pensent à leur prochain adversaire ? La grande majorité oui, comme c'était le cas d'Olivier Mutis.

« Le derby de la saucisse ». Les matchs entre le RC Strasbourg et l’Eintracht Francfort ne sont même pas encore au programme qu’ils font déjà saliver. Depuis le tirage au sort des éventuels barrages de la Ligue Europa, beaucoup de fans alsaciens s’y voient déjà.

Qu’importe si leur Racing doit déjà éliminer les Bulgares de Plovdiv à partir de ce jeudi et qu’importe si les Allemands doivent aussi se débarrasser du FC Vaduz (Liechtenstein). Pour eux, le rendez-vous est déjà pris les 22 et 29 août !

Chez les joueurs, c’est sensiblement différent. Francfort ? « Franchement, je n’y ai pas encore pensé, je prends match après match, comme tous mes coéquipiers », assure le prometteur défenseur Mohamed Simakan. « Si on se projette tout de suite, on va oublier Plovdiv et puis derrière, il y a encore Metz, Reims… C’est vraiment loin Francfort ! »

« Il ne faut pas oublier d’où on vient »

De la langue de bois ? « Je ne crois pas », répond le directeur du centre de formation du Racing et ancien coach de l’équipe (2011-2014) François Keller. « Pour les joueurs, il y a tellement d’échéances avant cette éventuelle affiche qu’ils pensent d’abord à garder leur place pour le match suivant. En plus, si n’importe lequel dit l’inverse, il risque de se faire tuer dans les journaux en cas d’élimination contre Plovdiv ! Et puis il ne faut pas oublier d’où on vient… Vu notre histoire récente [descente en CFA 2 en 2011] à Strasbourg, je pense qu’on est préservé de tout ça ici. »

De tout excès de confiance ? De toute projection abusive ? Au tennis, il est commun de connaître le tableau à l’avance. Les joueurs vivent avec. « Pas tout le monde, quelques-uns font exprès de ne pas regarder qui ils vont affronter. Adrian Mannarino, ça lui arrive même d’entrer sur le terrain sans connaître son adversaire, c’est phobique chez lui », explique Olivier Mutis. L’ancien 71e mondial, huitième de finaliste à Roland-Garros en 2004, ne faisait lui pas exception.

« C’est compliqué de faire complètement abstraction »

« Oui, j’étais le premier à regarder le tableau, c’est trop tentant, reprend-il. Quand j’ai vu que je pouvais jouer Andy Roddick au 2e tour de Roland-Garros en 2004, je me suis dit que ça pouvait être sympa et ça m’a motivé. Ça faisait une carotte. De toute façon, c’est compliqué de faire complètement abstraction, tous les athlètes restent humains. Le risque, c’est de trop penser à la suite. En qualification à un US Open, je m’étais tellement projeté sur mon premier tour contre Roger Federer que j’en avais oublié de jouer… C’est un gros, gros regret. »

Du genre de ceux que ne veulent pas connaître les Strasbourgeois. Ce jeudi soir (19h30), c’est Plovdiv, avant un match retour à la Meinau le 15 août. Francfort viendra peut-être après.