Megan Rapinoe était radieuse au moment de soulever ses différents trophées de la soirée, entre la Coupe du monde, le titre de meilleure joueuse du tournoi ainsi que celui de meilleure buteuse.
Megan Rapinoe était radieuse au moment de soulever ses différents trophées de la soirée, entre la Coupe du monde, le titre de meilleure joueuse du tournoi ainsi que celui de meilleure buteuse. — Fotoarena/Sipa USA/SIPA

FOOTBALL

Coupe du monde féminine: «Elle prend la lumière sans se brûler les ailes»... Le triomphe est total pour Megan Rapinoe

L’ailière américaine a été la figure absolue du quatrième sacre mondial des Etats-Unis, s’offrant ce dimanche Coupe du monde ainsi que titres de meilleure joueuse et de meilleure buteuse du tournoi

  • Si les Etats-Unis sont parvenus, sans surprise, à remporter leur quatrième sacre mondial ce dimanche (2-0 contre les Pays-Bas), ils le doivent en partie à leur capitaine Megan Rapinoe.
  • L’ancienne ailière de l’OL, qui a ouvert le score sur penalty, a une nouvelle fois été déterminante, au point de finir meilleure buteuse et meilleure joueuse du tournoi.
  • Durant un mois, son importance aura clairement dépassé le terrain, avec un statut d'« icône » assumé bien au-delà du monde du football.

« Vive le VAR. » Megan Rapinoe a décidément toujours les bons mots pour faire face aux médias. L’ailière américaine est consciente qu’elle doit une partie de son titre de meilleure joueuse de la Coupe du monde, ainsi que celui de co-meilleure buteuse du tournoi (6 buts, tout comme l’Anglaise Ellen White et sa coéquipière Alex Morgan), à ses trois penaltys obtenus grâce à l’arbitrage vidéo, entre ses deux réussites contre l’Espagne en 8es de finale (2-1) et l’ouverture du score dimanche en finale face aux Pays-Bas (2-0).

Mais entendons-nous bien, la performance de l’ancienne joueuse lyonnaise durant un mois ne se résume en rien à son sang-froid sur penalty. Sans les inspirations de sa capitaine, blessée aux ischios, la Team USA a d’ailleurs vécu sa rencontre la plus accrochée en demies contre l’Angleterre (2-1). « Nous nous sommes reposées sur notre expérience tout au long de la compétition, explique l’intéressée, avec son sourire radieux bien à elle. Sur certains matchs avec beaucoup de pression, c’était vraiment difficile pour nous. Mais j’ai tout adoré dans cette aventure et je n’ai pas de mots pour décrire toutes nos performances. »

« Elle parle avec son cœur et elle a une éloquence incroyable »

S’il y a bien une joueuse qui ne semble pas subir une quelconque forme de pression parmi les désormais quadruples championnes du monde, c’est bien elle. Megan Rapinoe a ainsi porté médiatiquement l’équipe américaine, sans craindre de lancer des débats sociétaux durant des conférences de presse. Sans même que ces prises de position n’altèrent ses performances sur le terrain. « C’est sa personnalité, Megan est taillée pour être exposée, pour être la porte-parole du football féminin, décrypte sa sélectionneuse Jill Ellis. Elle parle avec son cœur et elle a une éloquence incroyable. Plus elle est exposée et plus elle prend la lumière sans se brûler les ailes. Ce n’est pas Icare. »

Comme face à la France (2-1), elle les a justement déployées ce dimanche pour célébrer son but déterminant avec le V de la victoire. « Je fais ça comme ça me vient, sourit-elle. J’aime bien montrer que c’est la gloire pour notre équipe. C’est iconique en quelque sorte et ça nous porte chance. » Niveau iconique, son nouveau boycott de l'hymne américain avant la finale, encore plus marquant en raison de son statut de capitaine, a entraîné frissons (et sifflets) dans le stade à chaque fois que son visage passait sur les écrans géants.

« Tout le monde est prêt pour que nous ayons l’égalité salariale »

Car après avoir réalisé « un tournoi incroyable », dixit Alex Morgan, Megan Rapinoe sait qu’elle a aussi profité de cette vitrine mondiale pour faire évoluer les mentalités comme rarement avant elle dans le sport féminin. Elle y est sans surprise allée de sa dernière sortie après la rencontre.

Il est temps de vraiment s’asseoir pour se mettre au boulot et passer à l’étape supérieure. Ce jeu représente tant pour nous tous. Toutes les joueuses durant ce Mondial ont produit le spectacle le plus incroyable. On ne peut rien faire de plus. Notre équipe a par exemple la volonté de changer le monde. Tout le monde est prêt pour que nous ayons l’égalité salariale. Il faut savoir maintenant comment on peut soutenir les fédérations et soutenir les championnats à travers le monde. »

Et si le virage nord du Parc OL, peuplé de milliers de supporters américains, s’est d’un coup mis à scander « Equal pay » après la finale, il est certain que cette attachante joueuse aux cheveux roses y a joué un rôle clé. Au moins autant que dans cette quatrième étoile américaine.