Coupe du monde féminine: Au bout de l'ennui, un éclair de Groenen permet aux Néerlandaises de défier les Etats-Unis

FOOTBALL Vainqueurs de l'Euro 2017 à domicile, les Pays-Bas se hissent pour la première fois de leur histoire en finale du Mondial grâce à leur succès (1-0, après prolongation) contre la Suède. Mais que cette demi-finale a été décevante

Au Parc OL à Décines, Jérémy Laugier

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La milieu de terrain de Francfort Jackie Groenen a libéré sa sélection en inscrivant l'unique but de la demie contre la Suède, ce mercredi en prolongation. FRANCK FIFE
La milieu de terrain de Francfort Jackie Groenen a libéré sa sélection en inscrivant l'unique but de la demie contre la Suède, ce mercredi en prolongation. FRANCK FIFE — AFP
  • Au lendemain d’un sublime Angleterre – Etats-Unis (1-2), la deuxième demi-finale du Mondial s’est révélée très fade ce mercredi entre les Pays-Bas et la Suède (1-0, après prolongation).
  • Victorieuses durant la prolongation grâce à un exploit individuel de Jackie Groenen (1-0, 99e), les Néerlandaises se qualifient pour la première finale d’une Coupe du monde de leur histoire.
  • Imaginer voir les championnes d’Europe faire tomber les Américaines dimanche (17 heures) serait une drôle de sensation.

Les Bleues ont sans doute pu nourrir des regrets comme jamais, depuis leur élimination prématurée de « leur » Coupe du monde, vendredi en quart de finale contre les Etats-Unis (1-2). Ce mercredi, devant leur écran, elles ont en effet découvert à quel point le niveau de jeu de ce Pays-Bas - Suède (1-0, après prolongation) était à des années-lumière de ce qu’on peut attendre d’une demie de Mondial. C’est simple, il y a manqué tous les ingrédients qui avaient rendu mémorable la soirée précédente, pour Angleterre - Etats-Unis (1-2). Les limites françaises ont été multiples durant cette compétition, mais les joueuses de Corinne Diacre ont aussi clairement été dans la mauvaise partie de tableau.

Un ennui profond contrastant tellement avec l’autre demie

Un grand merci à la centaine de supporters néerlandais, calés en bas du virage nord du Parc OL, pour avoir enchaîné à la trompette les tubes Hey ! Baby, Go West, We Will Rock You… Il fallait bien ça pour ambiancer un tantinet un rendez-vous ayant inhibé de manière assez dingue les deux équipes. Car hormis quelques mouvements suédois, avec le plus souvent la Montpelliéraine Sofia Jakobsson à la baguette, comme sur ce service gaspillé par Stina Blackstenius (13e), on a eu l’impression d’assister à un match de poule sans enjeu en première période.

Impossible notamment de reconnaître la sélection néerlandaise qui avait enchanté toute l’Europe en 2017 en remportant le premier Euro de son histoire sur ses terres. Pour la première fois du tournoi, Sarina Wiegman a choisi de miser sur la jeune ailière Lineth Beerensteyn (22 ans, Bayern Munich) plutôt que sur la Lyonnaise Shanice van de Sanden. Ce pari n’a pas été une immense réussite au vu du déchet technique colossal des tombeuses du Japon et de l’Italie.

Un léger emballement à l’heure de jeu

Allez, même si on n’était pas si loin que ça de la soirée galère parfaite à encéphalogramme plat, il faut reconnaître que la deuxième période s’est par moments un peu emballée. Chaque équipe a même touché un montant adverse à moins de dix minutes d’intervalle. Déjà impeccable face à Stina Blackstenius (13e) et Lina Hurtig (36e), Sari van Veenendaal s’est détendue pour dévier sur son poteau une tentative de Nilla Fischer (56e).

De l’autre côté, Hedvig Lindahl n’avait quasiment rien eu à faire avant de s’arracher pour claquer la tête de Vivianne Miedema sur sa transversale (64e). Entendons-nous bien, cette demi-finale n’était pas officiellement lancée pour autant. Les plus grands frissons, ce mercredi dans les travées du Parc OL, ont quasiment été au moment de l’entrée en jeu de Shanice van de Sanden (71e). La rapide ailière de l’OL tentait d’emblée de mettre le feu avec un coast to coast (avorté), puis en haranguant la foule (77e).

Aura-t-on droit à une « vraie finale » ?

Mais la délivrance est venue de Jackie Groenen, qui a déclenché une superbe frappe lointaine pour expédier sa sélection dans la première finale de Coupe du monde de son histoire (1-0, 99e). Hormis cet éclair qu’on n’osait plus espérer, les Néerlandaises ont semblé extrêmement loin du niveau affiché la veille par la bande à Alex Morgan et Rose Lavelle, surtout durant la première heure de jeu. On se demandait d’ailleurs dès mardi soir si l’équipe américaine n’était pas imbattable, tout du moins sur ce Mondial.

Ce n’est clairement pas ce qu’on a vu (ou pas) durant ce Pays-Bas – Suède qui va nous inciter à envisager une rencontre accrochée dimanche (17 heures) au Parc OL. Lors de la finale du Mondial 2015, les Américaines menaient 4-0 après 16 minutes de jeu face au Japon (5-2 au final). Lyon va croiser les doigts pour qu’il y ait cette fois un vrai match pour conclure la compétition reine de football féminin.