Coupe du monde féminine: La sélection américaine est-elle imbattable?

FOOTBALL Si vous trouvez des défauts à l’équipe américaine d’ici la finale de la Coupe du monde dimanche, n’hésitez pas à faire signe au sélectionneur néerlandais

Au Parc OL à Décines, Jérémy Laugier

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Forfait en raison d'une blessure aux ischio-jambiers, Megan Rapinoe a vivement félicité sa gardienne Alyssa Naeher, décisive mardi contre l'Angleterre (2-1).
Forfait en raison d'une blessure aux ischio-jambiers, Megan Rapinoe a vivement félicité sa gardienne Alyssa Naeher, décisive mardi contre l'Angleterre (2-1). — Javier Garcia/BPI/REX/SIPA
  • Les Etats-Unis ont dû batailler pour prendre le meilleur sur la sélection anglaise en demi-finale, mardi au Parc OL (2-1).
  • Finalement, ce succès compliqué peut-il vraiment donner espoir aux Pays-Bas ?
  • On ne miserait pas trop là-dessus, tant les partenaires d’Alex Morgan dégagent une véritable force collective, même en l’absence de Megan Rapinoe comme cela a été le cas mardi.

Chers lecteurs, on vous voit déjà vous insurger en mode : « Comment pouvez-vous estimer les Américaines imbattables alors qu’elles viennent de passer leurs trois tours à élimination directe à l’arrache (2-1 à chaque fois) ? ». Eh bien voyez-vous, c’est justement pour ce motif que la bande à Jill Ellis nous semble filer sereinement vers sa quatrième couronne mondiale, dimanche (17 heures) à Lyon contre les Pays-Bas.

Car après tout, personne ne pouvait imaginer que la Team USA allait démantibuler la concurrence de manière aussi éclatante que sa mise en bouche cadeau contre la Thaïlande (13-0). Oui, l’Angleterre a poussé cette sélection dans ses retranchements mardi, plus encore que l’Espagne en 8es, et à un degré moindre les Bleues en quarts. Mais dans le fond, les partenaires d’Alex Morgan dégagent une implacable force collective. Et les points faibles espérés par la concurrence n’en sont pas vraiment, dans le fond.

Megan Rapinoe est incertaine pour la finale, et alors ?

C’était LA tuile inattendue en vue d’une « finale avant l’heure » contre l’Angleterre. Auteur de l’intégralité des buts américains en 8es et en quarts de finale, la star Megan Rapinoe a dû déclarer forfait mardi en raison d’une « petite blessure aux ischio-jambiers ». Comment les Américaines pouvaient-elles réellement combler un tel manque ? Euh, en la remplaçant par l’excellente Christen Press, buteuse dès la 10e minute de jeu (1-0), what else ?

« Nous avons un banc suffisant pour remplacer Megan, confirme la sélectionneuse Jill Ellis. Christen Press a notamment livré un match incroyable. » Megan Rapinoe n’est pas certaine d’être rétablie pour la finale dimanche. Mais la sélection américaine a plus que jamais la conviction qu’aucune joueuse n’est indispensable pour glaner une deuxième Coupe du monde consécutive.

Un point faible au niveau de la gardienne, vraiment ?

Avant le fameux France-Etats-Unis de la semaine passée, on a trop vite estimé qu’Alyssa Naeher pouvait être un véritable point faible du côté américain. Souffrant évidemment de la comparaison avec sa glorieuse aînée Hope Solo, incontournable de 2007 à 2016 avec l’équipe nationale, la gardienne des Red Stars de Chicago n’inspirait pas une immense confiance sur ses interventions durant ce tournoi.

Mais ça, c’était avant. Contre l’Angleterre, elle a sorti le grand jeu à deux reprises. A savoir une spectaculaire horizontale pour claquer une puissante frappe lointaine de Keira Walsh (33e), puis surtout une parade décisive sur penalty face à Steph Houghton (83e). « Notre gardienne nous a sauvé les fesses, elle méritait d’être élue meilleure joueuse de ce match », confirmait la buteuse Alex Morgan, qui a obtenu ce trophée le jour de ses 30 ans.

L’arrogance peut jouer des tours aux Américaines, vous y croyez, vous ?

Portées par leur palmarès sans équivalent, les joueuses américaines sont bourrées de certitudes, c’est un fait. De quoi prendre leur adversaire à la légère dimanche en finale – les Pays-Bas –, maintenant que les trois plus grosses étapes semblent franchies ? On ne miserait pas notre fortune là-dessus, tant la bande à Rose Lavelle attaque sérieusement ses matchs, avec un but inscrit dans le premier quart d’heure de chaque rencontre depuis le début du Mondial.

Un potentiel de rouleau compresseur qui est ainsi parvenu d’emblée à étouffer totalement l’Angleterre mardi, avant que la demi-finale ne s’équilibre. Jill Ellis détaille toute la force de son groupe : « Toutes nos joueuses sont concentrées, elles ont un instinct de survie en elles. Elles ont cet esprit compétitif et cette force mentale, c’est le milieu dans lequel nous les formons. Elles sont tout le temps compétitives sous pression. Vous devez avoir confiance en ces joueuses. » Perso, nous sommes convaincus. Il est bien prévu en juillet 2021, l’Euro en Angleterre ?