Marseille: Une piscine polluée par un «dégueulasse»? «Alors, elle est mal traitée», affirme un spécialiste

CANICULE La seule piscine de plein air de Marseille est fermée au public. L’explication avancée par la mairie est « approximative » selon un spécialiste, qui met en cause le système de traitement des eaux

J.S.-M.

— 

Les piscines sont rares à Marseille (photo d'illustration).
Les piscines sont rares à Marseille (photo d'illustration). — G. Varela / 20 Minutes
  • Richard Miron, adjoint en charge des sports à la mairie de Marseille (LR) affirme que l’eau d’une piscine a été polluée par « un dégueulasse. »
  • Une explication « très approximative » selon le microbiologiste Didier Raoult, qui affirme que « s’il y a des staphylocoques dans la piscine, c’est que l’eau n’est pas traitée normalement. »

EDIT : Le microbiologiste Didier Raoult met en cause frontalement l’explication de l’adjoint au maire Richard Miron au sujet de la pollution de l’eau de la piscine de la Pointe Rouge, à Marseille. Cet article, publié initialement ce mardi, a donc été mis à jour ce mercredi.

Avis de tempête sur la piscine de la Pointe rouge. Le seul bassin en plein air de Marseille est fermé depuis le début de la semaine. Et l’explication avancée par la mairie de Marseille serait fantaisiste, selon un expert. Car selon l’adjoint aux sports Richard Miron (LR), c’est à cause d’un « dégueulasse » que la piscine a été fermée. C’est ce qu’il expliquait ce mardi à 20 Minutes :

S’il n’y avait pas une personne sale, dégueulasse, qui s’était baignée dedans sans prendre de douche avant, les analyses que nous faisons tous les jours seraient bonnes. Il se trouve qu’il y a un ou une pourrie qui s’est jeté à l’eau sans douche ni rien, donc il y a des staphylocoques dans l’eau. »

Contacté ce mercredi matin, le microbiologiste Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée infection à Marseille, dément cette explication : « La justification microbiologique est, de mon point de vue, très approximative. Les piscines contiennent normalement de tels antiseptiques que l’on pourrait faire tomber un clochard dans l’eau sans contaminer les autres baigneurs. »

Un problème de traitement de l’eau ?

Comment se fait-il, dans ce cas, que les mesures de qualité des eaux aient mis en évidence la présence de staphylocoques, comme l’annonce Richard Miron ? Selon Didier Raoult, cela révèle peut-être un problème plus grave à la piscine de la Pointe rouge :

Si la piscine est entretenue normalement, le fait qu’une personne sale se baigne n’empêche pas les autres de plonger. Un quart des Français portent des staphylocoques, c’est banal ! Mais le chlore, la Javel ou le brome présents dans l’eau les empêchent de se développer dans l’eau. Donc s’il y a des staphylocoques dans la piscine, c’est que l’eau n’est pas traitée normalement. Point final ! »

De nouveau contacté ce mercredi matin, Richard Miron ne cache pas son agacement face à cette mise en cause : « Si lui est plus fort que tous les autres, qu’il se mette au service de la mairie », peste l’élu, qui assure avoir « dit ce que les services de la mairie avaient dit ». Il maintient d’ailleurs cette version, assurant que ce genre de problème « arrive très régulièrement ».

Il est encore trop tôt pour savoir si la piscine pourra réouvrir ce jeudi : si les analyses sont négatives, ce sera le cas. Sinon, il faudra vidanger le bassin, ce qui va naturellement prolonger la fermeture. Elle se produit en plein épisode de canicule, dans une ville qui ne possède qu’une seule piscine de plein air. Et, globalement, largement moins de piscines que les autres villes françaises de taille comparable.