Coupe du monde féminine: «Nous devons être plus audacieuses»… L’Allemagne peut-elle vraiment aller au bout?
FOOTBALL•Malgré son net succès (3-0), ce samedi face au Nigéria en huitièmes de finale de la Coupe du monde, la sélection allemande n'a pas levé les nombreux doutes l'entourantAu stade des Alpes à Grenoble, Jérémy Laugier
L'essentiel
- L’Allemagne est la première sélection qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde après son succès, ce samedi à Grenoble, contre le Nigeria (3-0).
- Malgré un parcours jusque-là impeccable sur le papier, les Allemandes sont conscientes de prestations mitigées dans le jeu.
- La capitaine Alexandra Popp assure que son équipe « va monter en puissance » dans ce Mondial, avec un quart à venir contre la Suède ou le Canada.
On peut donc signer un carton plein avec quatre victoires en autant de matchs, neuf buts encaissés et aucun concédé, sans vraiment convaincre. Vous l’aurez compris, on parle de la sélection allemande, première équipe qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde, ce samedi à Grenoble, au terme d'une rencontre en apparence survolée face au Nigéria (3-0). Dans les faits, les joueuses de Martina Voss-Tecklenburg n’ont cadré que quatre frappes et ont le plus souvent manqué d’inspiration offensive contre la 38e nation mondiale au classement Fifa.
Pour accompagner cette impression, leur break rapide (2-0, 27e) s'est accompagné de nouveaux longs épisodes made in VAR, tant pour la tête d’Alexandra Popp que pour le penalty transformé par Sara Däbritz. « Nous avons gagné 3-0, comment ne pourrions-nous pas être satisfaites ? », a d’emblée répondu la troisième buteuse Lea Schüller, ce samedi après la rencontre. Tous les visages étaient ainsi radieux côté allemand, alors que s’annonce un test plus significatif dans une semaine, lors du quart contre la Suède ou le Canada.
Dzsenifer Marozsan de retour en quarts de finale
Après avoir affronté la France lundi (0-1) dans un match qui ne restera pas dans les mémoires, la capitaine nigériane Desire Oparanozie est bien placée pour juger ces deux prétendants au titre mondial : « On a pu faire mieux dans le jeu contre l’Allemagne que face à la France. On s’est davantage lâchées offensivement. C’est vraiment frustrant parce que les Allemandes n’ont pas eu besoin de montrer grand-chose pour inscrire ces deux premiers buts qui changent tout aujourd’hui ».
A leur décharge, elles étaient orphelines pour la troisième fois de rang de leur meneuse de jeu Dzsenifer Marozsan (fracture de l’orteil). Reverra-t-on la brillante milieu de l’OL d’ici la fin du tournoi ? « Elle sera là en quarts et c’est un très bel atout pour nous », a assuré ce samedi la sélectionneuse Martina Voss-Tecklenburg. « Cette blessure n’est pas si grave, ce sera fini dans quelques jours pour moi, confirme l’intéressée. J’essaie d’apporter de la bonne humeur et de soutenir les filles. »
« Notre football n’est pas aussi brillant que certains le souhaiteraient »
Le soutien de la meilleure joueuse de la dernière saison de D1 sera évidemment plus précieux encore sur le terrain. Sacrée championne du monde en 2007 et en 2011, la sélection allemande (également championne olympique en 2016) est consciente de ses failles jusque-là, surtout compensées par un réalisme clinique devant le but. « Oui, on pourrait jouer un meilleur football mais c’était difficile face à une équipe très agressive, reconnaît la milieu du Bayern Lina Magull. Nous avons beaucoup de grandes joueuses et on est là pour disputer la victoire finale. » Buteuse le jour de sa 100e sélection, l’indispensable capitaine Alexandra Popp poursuit avec lucidité.
« Nous pouvons être satisfaites d’avoir inscrit trois buts malgré toutes nos imperfections dans le jeu. Nous devons accélérer la transmission du ballon et être plus audacieuses. Après, on a tendance à voir ce qui n’a pas fonctionné et à rester assez critiques, c’est notre mentalité. Nous allons monter en puissance. » »
Sa sélectionneuse Martina Voss-Tecklenburg se veut encore plus sereine : « Même si notre football n’est pas aussi brillant que certains le voudraient, nous maîtrisons notre processus ». Un processus qui passe aussi par d’étonnantes motivations pour conduire l’Allemagne à Lyon. « On ne veut pas rentrer à la maison. Notre hôtel est super et nous sommes très contentes d’y retourner », se marre ainsi Alexandra Popp.


















