VIDEO. Saint-Etienne: Quand les «Mamies foot» chaussent les crampons pour illuminer la Coupe du Monde

MONDIAL FEMININ Des grands-mères françaises ont endossé le maillot tricolore pour affronter « les Granny Soccers » sud-africaines mercredi après-midi à Saint-Etienne

Caroline Girardon

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Pour la première fois des Mamies foot ont chaussé les crampons en marge de la Coupe du monde de football féminin.
Pour la première fois des Mamies foot ont chaussé les crampons en marge de la Coupe du monde de football féminin. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Pour la première fois, des « mamies foot » françaises ont chaussé les crampons pour se mesurer à une équipe de grands-mères sud-africaines.
  • Cette rencontre s’est déroulée mercredi à Saint-Etienne en marge de la Coupe du Monde féminine.

Pas de Wendy, Eugénie, Amandine ou Gaëtane. Mercredi, les stars de l’équipe de France de football féminin s’appelaient Francine, Arlette, Simone ou Olga. Elles n’avaient jamais touché un ballon de foot il y a encore deux mois. Et affichent une moyenne d’âge de 70 ans.

Ces « mamies foot » ont été recrutées à travers toute la France pour se mesurer mercredi à Saint-Etienne, aux « Granny soccers », des « petites jeunes » d’une soixantaine d’années venues d’Afrique du Sud, qui ne vivent que pour le foot et le pratiquent depuis une quinzaine d’années pour certaines.

 

Leur rêve était de venir en France pour la Coupe du Monde afin d’assister à une rencontre et de jouer contre des vétérantes tricolores. Le projet n’aurait pas été possible sans l’association Oldyssey qui prépare un documentaire sur la façon dont on vieillit dans plusieurs pays du monde.

Au final, « une belle rencontre », souligne Tina, 79 ans, propulsée au poste de milieu défensif. « Nous avons partagé nos cultures et créé des liens très forts. Mais j’espère qu’elles seront assez fair-play pour ne pas nous écraser d’entrée de jeu », éclate de rire la septuagénaire. Car en face, il y a de l’expérience. Et balle aux pieds, ça ne plaisante pas. « Elles n’ont que 4 grands-mères de notre âge dans leur équipe. Les autres, ce sont des championnes », poursuit Tina, hilare.

Francine, 84 ans, doyenne de l’équipe de France

Francine, 84 ans est la doyenne française. Elle est venue d’Aix en Provence et a découvert ses coéquipières de jeu pour la première fois au mois de mai. « Mes petits enfants me soutiennent à fond. Mon fils m’a disputée. Il pense qu’à mon âge, ce n’est pas raisonnable de jouer car j’ai deux prothèses de hanche », sourit-elle, précisant qu’elle sera remplaçante au coup d’envoi. L’octogénaire avoue n’avoir jamais joué au foot de sa vie bien qu’elle suive chaque édition de la coupe du monde à la télé.

« A midi, on a très bien mangé mais je crois qu’avant un match, c’est un peu imprudent… Là, je suis un peu stressée mais ça ira mieux ce soir car ils ont prévu un dîner de gala où l’on pourra danser », ajoute-t-elle.

Adriana, 67 ans, aura la lourde tâche d’être le renard des surfaces, postée à la pointe de l’attaque tricolore. « J’espère que j’arriverai quand même à marquer un but… car jusque-là, je n’ai jamais réussi », expose-t-elle. Edith, 69 ans, qui vient de Pont-Aven en Bretagne, n’aura pas cette chance. Elle s’est blessée au mollet et le kiné lui a suggéré de rester sur le banc de touche. « J’en ai pleuré car je me suis entraînée d’arrache-pied pour réaliser quelque chose. C’est dur de ne pas pouvoir jouer car c’est tellement motivant de vivre cette aventure exceptionnelle. Et le foot, c’est loin d’être inné. Je me suis accrochée pour être au rendez-vous », raconte-t-elle.

« Il y a deux mois, elles n’étaient pas capables de le faire »

Edith n’a en effet pas lésiné sur les moyens. Elle a demandé à son fils, entraîneur pour les petits, de lui apprendre les rudiments. Avant de poursuivre sa préparation avec Jean-Marc, ancien coach et mari de sa copine Marie, elle aussi recrutée dans l’équipe. « Au début, il a fallu commencer par les bases : les dribbles, les combinaisons de balle, la maîtrise du ballon », explique le principal intéressé. Et à l’écouter, sa mission n’a pas été des plus simples. « Elles manquent un peu de souplesse, sourit-il. Elles apprennent moins vite que les enfants mais c’est normal. Et puis avec un peu de patience, on y est arrivé ». Aujourd’hui, le coach se dit « fier d’elles ». « Il y a deux mois, elles n’étaient pas capables de le faire ».

Sur le bord des terrains, les encouragements redoublent. L’addition sans surprise est un peu salée. 7-0 pour les Sud-africaines à la mi-temps. 10-0 à l’arrivée. Qu’importe le résultat. L’essentiel est ailleurs. « Ma mère a 82 ans et je ne le vois pas jouer au foot », lâche dans le public un spectateur impressionné. « J’aimerais bien en faire autant, poursuit une pimpante septuagénaire. J’ai le même âge qu’elles mais je serais incapable de courir sur un terrain ». « Le foot n’est finalement qu’un prétexte. Le plus important c’est l’échange et la rencontre », conclut Tina.