Equipe de France: Maintenant que la qualif est en poche, que manque-t-il aux Bleues pour espérer aller loin dans ce Mondial?

FOOTBALL L'équipe de France va devoir monter en régime si elle espère réaliser son rêve de soulever le trophée le 7 juillet au Parc OL

Aymeric Le Gall

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Les Bleues joueront leur huitième de finale au stade Océane du Havre.
Les Bleues joueront leur huitième de finale au stade Océane du Havre. — FRANCK FIFE / AFP
  • L'équipe de France a réalisé un sans faute dans le groupe A avec trois victoires en autant de matchs. Place désormais au huitième de finale, dimanche soir au Havre. 
  • Mais avant de se projeter, voyons déjà les axes de travail sur lesquels le staff tricolore et les joueuses vont devoir plancher. 

Les Bleues ont rempli leur mission en terminant premières du groupe A, avec un bilan comptable irréprochable de trois victoires en trois matchs. Une première dans leur histoire en Coupe du monde. Mais ce n’étaient là que les entrées et, pour espérer avoir droit à la totale plat-dessert-digestif, l’équipe de France va devoir montrer plus de dalle.

Car contre des équipes sud-coréenne, norvégienne et nigériane qu’on ne peut pas vraiment qualifier de gros morceaux, les Françaises ont montré quelques signaux inquiétants qui nous poussent à croire que les cinq jours de préparation avant le huitième de finale, dimanche soir au Havre, ne seront pas de trop. Petit état des lieux de ce qu’il va falloir bosser si on veut prétendre rivaliser avec l’avion de chasse US, adversaire probable des Bleues en cas de succès dimanche.

Thiney, gros doute

On n’en est pas encore à se demander si le spectre de la Coupe du monde 2015 au Canada plane au-dessus de la tête de la meneuse des Bleues, quand la joueuse du Paris FC avait débuté la compétition dans la peau d’une titulaire avant de finir sur le banc en huitième et en quart. Quoique. Depuis le début du Mondial, Thiney est certainement l’élément majeur du onze tricolore qui a le plus déçu son monde. Lundi soir contre le Nigeria, encore, la Française a semblé loin du niveau qu’on est en droit d’attendre d’une meneuse de jeu titu’ dans une des équipes favorites pour le titre.

« Avec Bruno Bini, je jouais à gauche, je rentrais intérieur en deuxième 10. Avec Philippe Bergeroo, j’évoluais comme attaquante dans un 4-4-2. Là, je maintiens l’équilibre de l’équipe, j’essaie de faire le lien entre les lignes, entre l’axe et le côté et je dépense beaucoup d’énergie dans ce domaine », se défendait-elle samedi en conférence de presse. La capitaine Amandine Henry évoquait elle aussi son « travail de l’ombre » pour justifier un manque de peps dans les trente derniers mètres. Mais qu’est-ce que ce sera alors quand on va jouer des équipes qui ont d’autres ambitions que de mettre le bus devant leurs cages ?

« C’est sûr qu’elle peut faire encore mieux, mais je l’ai quand même trouvé plus à l’aise que lors de deux premiers matchs », jugeait pourtant Corinne Diacre après la victoire face aux Super Falcons. Dernier point, loin d’être un détail, son manque d’efficacité devant le but. Face au Nigeria, le public breton s’est pris la tête entre ses mains en voyant Thiney expédier cinq mètres à côté des buts un ballon de Cascarino qui semblait pourtant cadeau. Son manque d’efficacité, la Troyenne ne se « prend pas la tête avec ça », assure-t-elle. Sans se prendre la tête, ça doit quand même finir par cogiter.

Techniquement et collectivement, on est loin du compte

En revoyant le match contre le Nigeria à tête reposée – c’est-à-dire accoudé au zinc d’un petit troquet rennais deux heures après le match – on a arrêté de compter le nombre d’approximations techniques, de contrôles approximatifs, de frappes hors cadre et de passes dans le vent (quand ce n’était pas carrément directement en tribunes). « On a vraiment manqué de justesse technique, c’est ce qui fait qu’on n’a pas réussi à concrétiser nos occasions », concédait Delphine Cascarino après la rencontre. « On sait que tout n’a pas été, notamment sur ce point, mais on va essayer de corriger ça en vue des huitièmes de finale », assurait pour sa part la Parisienne Eve Périsset.

Il le faudra si les Françaises espèrent regarder les USA droit dans les yeux, lors du potentiel immense choc de ce Mondial, en quart de finale au Parc des Princes. Ce sera d’ailleurs l’axe de travail numéro 1 dans la semaine si l’on en croit la sélectionneuse​ : « On va se concentrer sur l’animation offensive. J’aimerais plus de justesse technique, on y travaille, mais on a tellement de situations qu’on ne peut que constater les échecs. Il faut persévérer, être plus adroite devant le but et dans les dernières passes. » Au boulot.

Bouhaddi, la grande inconnue

Pour ce qui est de la gardienne de l’équipe de France et de l’OL, ce n’est pas tant une réelle inquiétude qui nous habite, plus une petite interrogation. Vu le peu de boulot qu’elle a eu à faire jusqu’ici, si ce n’est poser son transat et siroter un lait-fraise, c’est difficile de savoir si la gardienne des Bleues sera au rendez-vous. Remarquez, c’est plutôt une bonne nouvelle, ça veut dire que devant elle, c’est Fort Alamo avec la « meilleure charnière centrale du monde » Renard-Mbock, selon l’avis de Gaëtane Thiney.

N’empêche, on aurait aimé savoir si Bouhaddi en avait un peu dans les gants, ce dont on a parfois douté au regard de ses sorties aériennes peu sûres. Mais détendons-nous et buvons un café, on n’est pas gardienne du triple champion d’Europe pour rien et à Lyon aussi, la Cannoise est habituée à se tourner les pouces pendant 85 minutes avant de claquer la parade décisive. Et c’est sûr que ce moment viendra tôt ou tard.