Wendie Renard après son péno manqué contre le Nigéria.
Wendie Renard après son péno manqué contre le Nigéria. — FRANCK FIFE / AFP

FOOTBALL

France-Nigeria: Malgré leur petit match, les Bleues ont du mal à encaisser les critiques

Les Françaises ont semblé agacées par les doutes émis par la presse après leur courte victoire face au Nigeria

  • Lundi soir, à Rennes, l'équipe de France s'est imposée (1-0) face au Nigeria et termine première de son groupe. 
  • Pour autant, la performance globale des Bleues a laissé un goût de trop peu dans la bouche des observateurs. 
  • Alors qu'elles se disaient prêtes avant le Mondial à encaisser les critiques, certaines joueuses ont paru très agacées par les journalistes après le match. 

De notre envoyé spécial à Rennes,

Trois matchs, trois victoires, neuf points, l’équipe de France a parfaitement rempli son contrat et la voilà qualifiée haut la main pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde. C’est tout ? Pas vraiment, non. Car que ce fut dur encore une fois pour les femmes de Corinne Diacre, qui n’ont dû leur victoire face au Nigeria qu’à une double décision du VAR et un péno, comme ce fut déjà le cas mercredi à Nice contre la Norvège. Vous nous trouvez sévère ? Pour être tout à fait honnête, on s’est aussi posé la question.

Mais après d’âpres concertations, le VAR est formel : les Bleues ont réalisé une performance limite inquiétante face au Nigeria et, même si le principal est acquis, il y a de quoi se poser des questions quant à la suite de la compétition. Surtout quand on voit arriver à 2.000 à l’heure le rouleau compresseur américain. Les Américaines ont dû sortir le pop-corn et croiser leurs jambes devant la télé en voyant l’équipe de France rater une bonne partie de ce qu’elle a entrepris lundi soir. C’était un peu mieux en début de deuxième mi-temps, mais on partait de tellement loin.

Des circonstances atténuantes, mais…

« On a manqué de justesse technique, c’est ce qui fait qu’on n’a pas réussi à concrétiser nos occasions, a admis Delphine Cascarino après la rencontre. Mais on n’a pas non plus fait une mauvaise première période. » Zéro tir cadré quand même… « On sait que tout n’a pas été, mais je trouve qu’on a quand même fait un très bon match », maintenait pour sa part Eve Perisset en zone mixte. Pour Charlotte Bilbaut aussi, si « tout n’a pas été, l’important c’est celui qui gagne à la fin ». Didier Deschamps aime ça, lui qui se souvient du parcours chaotique de ses Bleus lors du premier tour du Mondial en Russie. Pour le résultat final qu’on connaît. Mais attention, les Françaises avaient des circonstances atténuantes et personne ne remet cela en question.

  • Les Bleues se savaient qualifiées au coup d’envoi et il n’est jamais facile d’aborder ce genre de match 3 avec la même niaque qu’un match couperet. Sans compter que, selon Corinne Diacre, « les filles avaient peut-être un peu peur de se blesser, ce qui expliquerait qu’elles n’aient pas toujours été au taquet dans les duels.
  • Les Nigérianes, réputées pour rentrer dans le lard de leurs adversaires, jouaient leur qualif’en 8es et se sont battues toute la soirée.
  • La sélectionneuse avait décidé de faire tourner son effectif et de se passer notamment d’Eugénie Le Sommer, d’Elise Bussaglia et de Kadidiatou Diani.

Il n’empêche, la faiblesse technique des Bleues n’a échappé à personne lundi soir, pas plus que l’incapacité à se créer des occas' dans le jeu ou la prestation de plus en plus préoccupante d’une Gaëtane Thiney dont l’excuse du « travail de l’ombre » ne tiendra plus très longtemps. Quand un journaliste demande à Corinne Diacre​ si elle était satisfaite du contenu de ce match 3, la sélectionneuse n’esquive pas mais préfère positiver : « Non, parce qu’on en demande toujours plus aux joueuses. Maintenant le contrat est rempli, même si c’est dans la difficulté. J’ai envie de dire qu’on savoure encore plus. Même dans la difficulté, on a réussi à gagner. »

Thiney préfère la presse sportive américaine

On savait que ce moment arriverait. Celui où les joueuses allaient devoir faire face à la critique. Mais contrairement à ce que les joueuses avaient laissé entendre [que ça faisait partie du job, qu’elles connaissaient les règles et qu’elles acceptaient ce revers de la médiatisation] certaines ont eu du mal à accepter. Charlotte Bilbault commence en douceur : « Forcément, vous, vous êtes journalistes… De toutes les façons, vous allez toujours trouver quelque chose qui ne va pas : "c’est inquiétant, il y a des doutes". Vous pouvez dire ce que vous voulez. Nous, on sait qu’on a une vraie force. »

« Vous attendiez quoi ? Qu’on ait neuf points et qu’on soit première du groupe par exemple ? », charrie Gaëtane Thiney avant de prendre un confrère américain à témoin : « Je suis contente qu’il y ait le journaliste du New York Times à côté de vous, il va pouvoir nous dire. Quand les filles gagnent, c’est merveilleux, c’est magnifique. Ce qui est sûr, c’est que là-bas, ils sont très positifs et quand elles gagnent 13-0 contre la Thaïlande, on dit que c’est un record historique. Ici, on aurait dit que la Thaïlande, c’était une petite équipe. » Pan, sur le bec.

Rappelons-nous que certains joueurs de l’équipe de France [Antoine Griezmann, pour ne pas le citer] avaient tenu des propos similaires l’an passé en réclamant le soutien inconditionnel des médias en pleine Coupe du monde. Comme quoi, footballeuses et footballeurs s’entendent au moins sur ce point.