Roland-Garros: Nadal impressionnant, Thiem moins frais… Au fait, ça vaut vraiment le coup de la jouer, cette finale?

TENNIS Entre sa domination sans partage à Roland-Garros et sa fraîcheur supérieure, Rafael Nadal semble promis à un douzième titre, avant la finale dimanche contre Dominic Thiem

Nicolas Stival

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Thiem-Nadal 2019, le remake de la finale de Roland-Garros 2018, facilement remportée par l'Espagnol?
Thiem-Nadal 2019, le remake de la finale de Roland-Garros 2018, facilement remportée par l'Espagnol? — Christophe Archambault / AFP
  • Au terme d’un combat de plus de quatre heures contre Novak Djokovic terminé samedi, Dominic Thiem a gagné le droit de retrouver Rafael Nadal, au repos depuis vendredi, en finale de Roland-Garros.
  • Tous les voyants sont au vert pour l’Espagnol, déjà titré onze fois à Paris.

A Roland-Garros,

Oui, on sait. Il faut prendre un point après l’autre, la glorieuse incertitude du sport, tout ça… Mais la finale 2019 de Roland-Garros semble, encore plus que d’habitude, promise à Rafael Nadal. L’Espagnol de 33 ans vise un douzième sacre à Paris face à Dominic Thiem (25 ans), qu’il a déjà battu à trois reprises à Paris, chaque fois en trois sets, comme l’an dernier en finale (6-2, 6-2, 6-3).

Au repos depuis sa victoire sur Roger Federer vendredi, « Rafa » a vu « Domi » batailler pendant cinq sets et 4 h 13 répartis sur deux jours pour finir par mater Novak Djokovic, samedi après-midi.

« Dominic aura joué les quatre derniers jours [jeudi contre Khachanov, vendredi et samedi contre Djokovic avant ce dimanche], alors que l’autre partie du tableau n’a eu qu’un match en quatre jours [Nadal avait joué son quart mardi], constate Nicolas Massu, l’entraîneur de l’Autrichien. Effectivement, ce sera difficile. Il va tout donner, on ne peut rien faire d’autre. On ne peut pas décaler le match de dimanche à lundi. »

Le clan Thiem aurait voulu jouer lundi

L’organisation du tournoi a dit « niet » à la (timide) requête de report du clan Thiem. Mais le technicien chilien y croit quand même un peu, non ? « Dominic a ses chances, répond Massu. Mais il sait parfaitement qu’il joue contre le meilleur joueur de toute l’histoire sur cette surface, et probablement le meilleur joueur de toute l’histoire du tennis. »

D’accord… Cherchons des raisons d’espérer, tout de même : s’il est mené 8-4 dans leur face-à-face, dont 7-4 sur terre, le numéro 4 mondial a battu le numéro 2 en demi-finale du tournoi de Barcelone, fin avril (6-4, 6-4). « Je ne l’ai jamais battu sur ce court [Chatrier], observe Thiem. Mais, j’ai joué de très bons matchs contre lui sur terre et j’ai déjà gagné. C’est très important que je puisse jouer mon match avec la conviction que je peux m’imposer. »

La défaite reste envisageable quand même, non ? « C’est très possible compte tenu de l’adversaire, admet-il. Alors, je ne vais pas me mettre trop de pression. » Depuis le revers barcelonais, Nadal est très nettement monté en puissance. Et puis, il joue en trois sets gagnants (et non plus deux) dans son jardin, où il n’a perdu que deux petits matchs (plus un forfait) pour 92 victoires. Un bilan aussi épatant à lire qu’à écrire.

Tout cela pourrait presque donner à un tennisman de furieuses envies d’oublier que l’on a rendez-vous sur le central ce dimanche à 15 h. Surtout pas, tonne Henri Leconte, qui évoque « une finale de rêve » entre « les deux meilleurs joueurs du monde sur terre battue ».

« Depuis la finale l’an dernier, Thiem a progressé, surtout mentalement, on l’a vu contre Djokovic. Tout le monde a sa chance. Dominic est prêt physiquement, ça va beaucoup se jouer émotionnellement. Même si ça risque quand même d’être compliqué. »

 

Autre glorieux ancien, Arnaud Clément est également assez confiant quant à la récupération de l’Autrichien. Après tout, après une première semaine assez poussive, il est monté en régime et n’a pas trop traîné sur les courts, avant cette fameuse demie saucissonnée sur deux jours.

« Les joueurs ont l’habitude de ce type d’enchaînements, ça ne leur fait pas peur, assène le consultant d’Eurosport. Nadal sera à 100 %. Est-ce que Thiem le sera ? Il sera peut-être à 95 % et ces 5 % peuvent faire la différence. » Pourtant, « la Clé » veut croire en « Dominator », que l’on avait un peu négligé selon lui pendant la quinzaine, « alors qu’il faisait parti des trois favoris avant le tournoi, avec Nadal et Djokovic ».

Comme Leconte, Clément insiste sur ses progrès depuis un an, mentaux mais aussi techniques : revers slicé, amorties bien senties… Tout en conservant son hallucinante capacité à distribuer les parpaings. « Il va devoir frapper très, très, très fort, défendre moins loin derrière la ligne et prendre des risques, juge Leconte. Je veux une belle finale. Mais en face, il y a un ogre. Et je crois qu’il n’est pas rassasié. » « C’est un match excitant, assure Clément. On n’est pas si sûr que ça de qui va l’emporter. »

Mais Thiem est sûr de ce qui l’attend : « C’est le défi ultime, l’un des plus grands que le sport puisse offrir. » Pourtant, quand on est un contemporain de Nadal, Federer et Djokovic, il faut en passer par là pour, enfin, défricher son palmarès en Grand Chelem.