Roland-Garros: Joueuse de cricket, ambassadrice aborigène... Ce qu'il faut savoir sur Ashleigh Barty, la championne 2019

TENNIS A 23 ans à peine, Ashleigh Barty a déjà connu une vie bien remplie avant de remporter son premier tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros, ce samedi

Nicolas Stival

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L'Australienne Ashleigh Barty a remporté son premier tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros, le 8 juin 2019.
L'Australienne Ashleigh Barty a remporté son premier tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros, le 8 juin 2019. — Kazuki Wakasugi / AP / Sipa
  • Après une facile victoire en finale de Roland-Garros contre la Tchèque Vondrousova, Ashleigh Barty a remporté son premier tournoi du Grand Chelem en simple.
  • L’Australienne de 23 ans a fait une pause d’un an et demi dans sa carrière pour se consacrer au cricket.
  • D’origine aborigène, elle est officiellement l’ambassadrice du tennis de sa communauté.

A Roland-Garros,

Elle avait souffert vendredi en demi-finale de Roland-Garros, face à la toute jeune Américaine Amanda Anisimova, 17 ans (6-7, 6-3, 6-3). Samedi en finale, Ashleigh Barty n’a fait qu’une bouchée de la Tchèque Marketa Vondrousova, 19 ans, en deux sets et 1 h 10 de jeu (6-1, 6-3). L'Australienne de 23 ans, tête de série n° 8, a remporté son premier tournoi du Grand Chelem en simple. La voici promise à la deuxième place mondiale derrière la Japonaise Naomi Osaka, son meilleur classement d’un début de carrière déjà agité.

Une pause d’un an et demi pour jouer au cricket

Extrêmement prometteuse, Barty a remporté Wimbledon junior en 2011, à 15 ans à peine. En septembre 2014, elle décide pourtant de faire une pause, pour se consacrer à une carrière de joueuse de cricket de haut niveau. Une étonnante parenthèse qui durera jusqu’en février 2016 et dont elle a beaucoup parlé tout au long de Roland-Garros.

« C’était la meilleure décision de partir, et encore une meilleure décision de revenir au tennis », a-t-elle commenté après la finale, au sujet de cette « période incroyable ». « J’avais besoin d’un peu de recul pour vivre une vie normale, car le tennis ne permet pas une vie normale, et de temps pour mûrir. Ensuite, c’était une progression naturelle de revenir dans le tennis. La compétition me manquait. »

Pendant qu’elle s’adonnait à ce sport incompréhensible pour 99% des Français, la native d’Ipswich (Queensland) n’a toutefois jamais « arrêté de jouer au tennis, de taper des balles ».

Pas une spécialiste de la terre battue

Barty avait déjà gagné un Grand Chelem avant samedi, en double l’an dernier à l’US Open (sur dur). En simple, après Wimbledon junior (sur herbe, donc), elle a remporté quatre tournois en pro, dont Miami cette année, sur dur toujours.

Tout ça pour dire que l’ocre n’est pas une surface naturelle pour la jeune femme, qui n’est pas australienne pour rien. « Avec la terre battue, j’ai une relation d’amour-haine », avoue celle qui avait pris la porte dès les huitièmes de finale mi-mai à Rome, balayée par Kristina Mladenovic (6-2, 6-3). Avant cette année, Barty n’avait jamais franchi le deuxième tour à Paris lors de ses cinq premières participations.

Un style particulier, « à la Barty »

Dès la fin de la finale, les messages de joueuses se sont bousculés sur les réseaux sociaux pour saluer la nouvelle championne de Roland-Garros. Car « le style Barty » comme le définit elle-même la joueuse, plaît beaucoup. Un tennis varié, qui s’appuie déjà sur un excellent service, malgré son 1,65 m. « Je ne suis pas si petite », s’est-elle presque énervée en conférence de presse ce samedi lorsqu’un confrère l’a interrogée sur sa taille.

En visite à Paris au cours du tournoi, l’ancienne idole argentine Gabriela Sabatini avait dévoilé son penchant pour le jeu de l'Australienne, en particulier « son revers slicé » mais aussi pour son sens de la stratégie.

Une ambassadrice du tennis aborigène

Au moment d’évoquer ces idoles, Barty a parlé d'« Evonne ». C’est-à-dire Evonne Goolagong, joueuse aborigène sept fois titrée en simple en Grand Chelem, dont une fois à Roland-Garros en 1971, qui lui a envoyé un message de félicitations après son succès. « Quand j’ai grandi, j’ai réalisé ce qu’elle avait fait et c’était incroyable », commente celle qui, par son père Robert, appartient à la communauté des Ngarigo.

Depuis l’an dernier, elle est très officiellement l’ambassadrice du tennis indigène en Australie, afin d’attirer les jeunes Aborigènes vers le tennis. « Il faut faire savoir aux enfants que c’est une opportunité de carrière », a-t-elle expliqué ce samedi, en couvant des yeux la coupe de Roland-Garros.