Roland-Garros: Anisimova, Vondrousova... Tremble Simona, les «teenagers» sont entrées dans Paris

TENNIS L'Américaine Amanda Anisimova, 17 ans, et la Tchèque Marketa Vondrousova, 19 ans, sont les têtes d'affiches à Roland-Garros d'une nouvelle génération bien déterminée à bousculer le tennis féminin

Nicolas Stival

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L'Américaine Amanda Anisimova, pas encore 18 ans, l'avenir du tennis féminin.
L'Américaine Amanda Anisimova, pas encore 18 ans, l'avenir du tennis féminin. — Rob Prange / AP / Sipa
  • Marketa Vondrousova, 19 ans, s'est qualifiée pour sa première demi-finale à Roland-Garros ce mardi. Elle défiera l'Anglaise Johanna Konta.
  • Grand espoir du tennis mondial, Amanda Anisimova, 17 ans, rencontrera mercredi en quart de finale Simona Halep, la tenante du titre.

Pour la première fois depuis 1970 dans un tournoi du Grand Chelem, les dix premières têtes de série du tableau masculin étaient présentes en deuxième semaine de Roland-Garros. Rien à voir avec le chamboule-tout chez les dames. Seule la numéro 3 et tenante du titre, Simona Halep, a franchi les trois premiers tours parmi le Top 5, un cap que l’éternelle Serena Williams (n° 10) n’a pas non plus réussi à passer, sortie par la jeune Américaine Sofia Kenin (20 ans).

Deux post-ados restent en course pour le sacre. La Tchèque Marketa Vondrousova (20 ans le 28 juin) a déjà son billet pour les demi-finales, face à l’inattendue Britannique Johanna Konta (28 ans). L’Américaine Amanda Anisimova (18 ans, le 31 août) le validera si elle renverse Halep, la favorite, ce mercredi en quart.

La Tchèque Marketa Vondrousova fêtera ses 20 ans le 28 juin.
La Tchèque Marketa Vondrousova fêtera ses 20 ans le 28 juin. - Rob Prange / AP / Sipa

Anisimova, victorieuse de son premier titre WTA en avril à Bogota et tombeuse au deuxième tour de la Biélorusse Aryna Sabalenka (tête de série numéro 11), n’a vraiment pas l’air perturbée par son ascension express. « Je ne sais pas qui a fait quoi à quel âge, lâchait lundi la 51e mondiale, après avoir découpé (6-3, 6-0) l’Espagnole Aliona Bolsova, à peine plus âgée (21 ans). Les gens me le disent et j’oublie une seconde après, parce que je m’en fiche un peu. » C’est beau l’insouciance de la jeunesse, chez la finaliste de Roland-Garros juniors en 2016.

Du flou dans la hiérarchie

Elle est sans doute favorisée par le flou dans la hiérarchie, alors que chez les hommes, les trentenaires (Djokovic, Nadal, Federer) tiennent encore fermement la barre.

« Il y a pas mal de joueuses qui prétendent ou ont prétendu à la première place mondiale, observe l’ancienne numéro 11 mondiale Nathalie Dechy, inscrite au Trophée des Légendes, tournoi amical réunissant de glorieuses et glorieux retraité(e)s. Depuis une dizaine d’années, ça tourne beaucoup plus. On aimerait avoir plus de consistance au plus haut niveau mais il reste de super matchs féminins à Roland-Garros, comme Osaka – Azarenka et Svitolina – Muguruza cette année, et les deux dernières finales ».

Ceci dit, les jeunes s’engouffrent dans les brèches laissées ouvertes par l’intermittence de Serena Williams (37 ans) et l’inconstance des cadors ou supposées telles (Osaka la numéro 1 mondiale, Pliskova, Bertens, Kerber)… « Cela peut être positif de ne pas toujours avoir les mêmes joueuses qui gagnent tout le temps, estime Gabriela Sabatini, icône argentine des années 1980-90. Je vois beaucoup de joueuses que je n’avais jamais vues avant. Et je suis très, très surprise de la manière dont elles jouent, c’est magnifique. »

Anisimova, la grande promesse

Une préférence parmi les jeunes, Gabi ? « Ashleigh Barty, la joueuse australienne. J’aime beaucoup son revers slicé. C’est aussi une joueuse très stratégique. » « Barty ? Elle a 23 ans, ce n’est pas une teenager, lui répond à distance Daniel Dobre, l’entraîneur d’Halep. Pour moi, une teenager, c’est une fille âgée de 17 à 19 ans. Et je ne sais pas si elles ont le niveau pour être Top 10 dans les six prochains mois. »

En huitièmes de finale, sa joueuse a déjà brutalement mis fin au rêve d’une autre révélation de la quinzaine, la Polonaise Iga Swiatek (18 ans) en 45 minutes (6-1, 6-0). Place donc à la grande et puissante Anisimova (1,80 m), née dans le New Jersey de parents russes, qui devrait cartonner dans les prochaines années. « C’est une très bonne joueuse, elle sera forte, confirme Dobre. Elle a une très bonne mentalité, elle est concentrée. Elle est un petit peu comme Sharapova à l’époque. »

La Polonaise Iga Swiatek, 18 ans, l'une des révélations de Roland-Garros 2019.
La Polonaise Iga Swiatek, 18 ans, l'une des révélations de Roland-Garros 2019. - Rob Prange / AP / Sipa

La médiatique Maria avait gagné Wimbledon à 17 ans en 2004. Halep en a 27 aujourd’hui, et a attendu l’an dernier pour gagner son premier Grand Chelem. « Notre génération était un peu plus timide, celle d’aujourd’hui est plus courageuse, les jeunes se battent avec n’importe quelle autre joueuse au top, juge la Roumaine. J’apprécie cela et c’est bien pour le tennis. » A condition de ne pas voir seulement passer des étoiles filantes.