Nathalie Dechy: «Pas de regret»
TENNIS•L'ancienne tenniswoman ne regrette pas d'avoir pris sa retraite à 31 ans...Propos recueillis par Sandrine Dominique
Jeune retraitée du circuit féminin depuis 2009, Nathalie Dechy (31 ans), marraine de l’Open GDF-Suez de Marseille, était mercredi au Tennis Club de Marseille pour jouer quelques balles avec les enfants. Rencontre.
Vous revenez à Marseille en tant que marraine. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
J’ai été très heureuse que la demande vienne de Bernard Fritz [le nouveau directeur du tournoi]. C’est quelqu’un qui a fait beaucoup pour le tennis français et pour qui j’ai beaucoup de respect. J’étais très contente de lui dire oui. En plus le Tennis club de Marseille est l’ancien club de mon mari. Il y a une histoire un peu autour de ça. Et puis j’ai un super souvenir quand j’étais petite d’avoir joué quelques balles avec Mansour Bahrami. Il y a toujours de belles surprises dans ces moments-là. Et je me suis dit « c’est vraiment une bonne idée de rendre ce que j’ai reçu, de jouer quelques balles avec les enfants en revenant à Marseille ».
Où vous avez joué également…
Oui j’en parlais avec Nathalie Benvéniste [présidente du TCM] qui s’en rappelle très bien, j’ai joué ici en 1994, j’avais 15 ans avant que le tournoi soit labellisé GDF. Avec Anne-Gaëlle Sidot et Amélie Mauresmo, nous étions venues ici grappiller nos premiers points WTA. J’avais été éliminée en qualifs, j’étais très déçue. Mais j’en garde de bons souvenirs! C’est agréable de revenir. Car comme je suis une jeune retraitée je connais encore pas mal de joueuses. Les filles sont contentes de me voir, on discute des raisons de ma retraite soudaine [elle était enceinte de petit garçon qui a aujourd’hui 4 mois].
De retrouver l’ambiance des tournois, cela ne vous fait pas regretter votre décision ?
Non je n’ai pas de regret. C’était le bon moment. J’ai eu une carrière bien pleine pendant quinze ans quasiment sans blessure. J’ai eu ma dose d’émotions, d’engagement physique. Je ne me vois pas reprendre aujourd’hui. Il faut savoir arrêter à un moment donné, place aux jeunes maintenant ! Et puis c’est une nouvelle carrière qui démarre. Je m’occupe de mon petit bonhomme, depuis décembre 2009 je suis une formation continue de Management et Marketing du sport, plus quelques trucs à droite à gauche. J’ai été consultante pour Orange pendant Roland Garros. Je ne m’ennuie pas du tout et je retrouve même, en tant que spectatrice, le plaisir de la passionnée de tennis.
Quel est votre regard sur les jeunes joueuses actuelles ?
J’avais entendu parler de Caroline Garcia et je m’étais dit que ce serait compliqué pour celle qui allait la jouer au 1er tour. Malheureusement c’est tombé sur Alizé [Cornet], c’est un peu dommage. Mais c’est le genre de joueuse qu’on a envie de voir par la suite. Il y a aussi Christina Mladenovic que je suis depuis qu’elle est toute petite.
Comment analysez-vous le passage à vide actuel d’Alizé Cornet ?
Pour Alizé c’est très difficile. Mais c’est la dureté de ce sport. A part Federer et Nadal qui gagnent plus qu’ils ne perdent, tous les joueurs connaissent l’échec dans un tournoi. Il faut réussir à accepter la défaite, à apprendre de la défaite. Alizé est dans une période difficile mais cette année il y a plein d’indices positifs. Elle a gagné son premier match de Fed Cup, c’est quelque chose de fort, elle gagne le double à Strasbourg même si c’est en double c’est important pour la confiance. Il y a plein de petits facteurs qui montrent qu’elle est sur la bonne route. Mais la confiance c’est très compliqué. C’est facile à perdre et difficile à regagner. Il faut juste qu’elle soit persévérante et ça va passer. J’espère pour elle car c’est une chouette fille.
Vous vous verriez justement dans le rôle de coach ?
Pour le moment non. Il faut digérer ce qu’on a vécu en tant que joueuse. J’ai envie de rester dans ce milieu car j’adore le tennis mais pas forcément en tant qu’entraîneur. Car pour ça il faut avoir la passion de l’enseignement et je ne sais pas si j’ai toutes ces qualités-là. Capitaine de Fed Cup ? On en a un très bon actuellement. Vraiment aujourd’hui j’essaie de profiter de ce que je fais, de l’école de management après on ne sait jamais ce que la vie nous réserve… Pourquoi pas d’ici quelques années, si les filles en font la demande ? Mais on est plusieurs à avoir arrêté en même temps, il y a aussi Amélie. On verra bien.


















