Pro A: Lors des play-offs, le jeu change-t-il par rapport à la saison régulière?

BASKET Les play-offs du championnat de France de basket débutent ce week-end

Alexia Ighirri

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Pro A: Lors des playoffs, le jeu change-t-il par rapport à la saison régulière?
Pro A: Lors des playoffs, le jeu change-t-il par rapport à la saison régulière? — Elyxandro CEGARRA/SIPA
  • Les play-offs de Pro A débutent ce week-end : Nanterre-Pau et Monaco-Limoges ouvrent le bal ce vendredi, tandis que Asvel-Le Mans et Dijon-Strasbourg se joueront samedi.
  • Il est coutume de dire à propos des play-offs que « c’est un nouveau championnat qui commence ». Le jeu est-il forcément différent ?
  • Intensité de la rencontre, défense plus rugueuse, arbitrage et tactique… Elements de réponse avec trois acteurs de l’affiche Dijon-Strasbourg : le coach de la SIG Vincent Collet, son joueur Florent Piétrus et son ancien ailier Jérémy Leloup désormais dans l’effectif bourguignon.

La phase régulière de la Pro A bouclée, place au moment fort de la saison :  les play-offs. Nanterre-Pau et Monaco-Limoges ouvrent le bal ce vendredi, tandis que Asvel-Le Mans et Dijon-Strasbourg se joueront samedi. Lorsque ces phases finales arrivent, il est coutume de dire – le coach de la SIG Vincent Collet le premier – que « c’est un nouveau championnat qui commence ». Mais dans le cadre de cette « nouvelle » compétition, le jeu est-il forcément différent ?

Trois acteurs de l’affiche Dijon-Strasbourg, Vincent Collet, son joueur Florent Piétrus et l’ex-ailier de la SIG Jérémy Leloup désormais dans l’effectif bourguignon, sont affirmatifs : le jeu change forcément en raison de l’intensité mise dans ces rencontres couperet. Pour l’intérieur strasbourgeois, « ça rend la chose beaucoup plus intéressante. L’intensité monte de 30 %. » Son coach poursuit : « C’est l’envie qui fait ça. Lors des play-offs, tout le monde cherche à élever son niveau. Et la première donnée, c’est l’intensité. »

La défense sera rugueuse

Comment se traduit-elle sur le terrain ? « C’est davantage d’efforts dans les courses, dans les petits déplacements que parfois on répugne à faire ou qu’on oublie. Les joueurs sont un peu plus focus sur ces aspects-là. Ils vont un peu plus forts dans tous les domaines : quand on attaque les rebonds, dans le repli défensif… Les choses qui devraient normalement être faites de façon permanente mais qui par exemple pour nous cette année étaient des lacunes », explique encore le coach de la SIG, 6e à l’issue de la saison régulière.

De ce fait, la défense est plus rugueuse pendant les play-offs. « Les tirs restent peut-être moins ouverts qu’en championnat parce que défensivement on est un cran au-dessus. Ce qui fait gagner les matchs c’est la défense, assure Jérémy Leloup. Il y a probablement plus de contacts qu’en championnat. On n’est pas là pour être gentils mais ce n’est pas pour autant qu’on va se taper dessus pour que ça finisse en bagarre. Il y a forcément plus de tension, mais les coups sont contrôlés. Le but n’est pas de blesser. Mais de faire comprendre qu’on ne va pas se laisser marcher dessus. »

Les arbitres s’adaptent

Alors les petits coups se perdent-ils sous la raquette ? « Ça fait aussi partie du jeu. Ce n’est pas méchant. C’est pour déstabiliser l’adversaire et le mettre dans une position inconfortable », répond Florent Piétrus qui sait qu’« au niveau de la pose des écrans, par exemple, ça va être beaucoup plus dur » mais que les joueurs sont conditionnés pour ces matchs intenses. Au vu de son expérience, « ça a toujours été comme ça, quel que soit le championnat ».

Vincent Collet souligne par ailleurs que si les défenses sont plus rugueuses, les tirs moins ouverts, le jeu est « plus haché en général aussi. Il y a souvent plus de fautes : dans l’intensité, c‘est plus dur de se contenir. » Pour éviter que le jeu ne soit trop interrompu, les arbitres ont tendance à s’adapter pendant ces rencontres, selon les trois interlocuteurs. Les deux joueurs jugent que le corps arbitral laisse volontiers les équipes s‘exprimer. Et Jérémy Leloup d’insister : « Il faut que ce soit les joueurs qui décident du résultat, pas l’arbitrage. » Vincent Collet nuance un chouïa : « Ils essayent de contrôler quand même : en général, le premier match ils sifflent pas mal pour réguler quand même, mais malgré tout ils s’adaptent quand les équipes ont à peu près le même niveau d’intensité. »

Une tactique gagnante ?

Et dans le contenu : stratégiquement le jeu change-t-il ? Sort-on de son chapeau une tactique secrète visant à surprendre l’adversaire au fil de la série ? « On peut sortir un nouveau système, mais ce n’est pas là-dessus qu’on gagne, affirme le tacticien alsacien. On ne surprend pas beaucoup. On est plus dans la qualité d’exécution. Le basket, c’est aussi un sport d’adresse : là on joue Dijon, qui est une équipe réputée pour sa défense fermant très bien la raquette, si vous n’avez pas un minimum d’adresse extérieure, il n’y a aucune chance de gagner. Même si vous jouez juste, et que vous trouvez les bonnes positions, si vous ne mettez pas les paniers, c’est mort. »

Le tout se cache alors dans les détails. « Ce sont des ajustements à faire, qui font qu’on peut prendre l’ascendant. La façon dont on exécute notre système », note Florent Piétrus. Surtout quand, au fil de la saison et des séries, « tu connais l’adversaire par cœur. Tu sais déjà ce qu’ils vont jouer, après c’est la façon dont ils vont le faire, la rapidité avec laquelle ils vont l’exécuter, fait que tu prends du retard sur le mouvement. » Reste à savoir qui prendra du retard dans cette première série des playoffs.