Basket: Implication des joueurs, travail mental, entretiens… Comment préparer son équipe aux playoffs

BASKET Les basketteurs de la SIG Strasbourg affrontent ceux de Nanterre en quart de finale des playoffs mardi à 20h50 au Rhénus…

Alexia Ighirri

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Basket: Le coach de la SIG Strasbourg, Vincent Collet. (Archives)
Basket: Le coach de la SIG Strasbourg, Vincent Collet. (Archives) — G. Varela / 20 Minutes
  • La SIG Strasbourg débute ses playoffs du championnat de France de Pro A, mardi au Rhénus face à Nanterre.
  • Comment prépare-t-on son équipe à ce moment crucial de la saison? Réponse avec Vincent Collet, coach strasbourgeois, qui accorde beaucoup d'importance aux aspects mentaux.
  • Pas de préparation «en mode commando, mais ce n’est pas comme d’habitude. C’est un moment à part, qu’on prépare donc différemment. C’est-à-dire qu’on fait des réunions, des entretiens individuels avec les joueurs. Ce sont les phases finales, donc ça requiert une attention particulière.»

Water-polo, hockey, hand, foot (dont un Ajaccio-Le Havre qui a beaucoup fait parler), les playoffs s’invitent dans une majorité de disciplines, à tous niveaux. Si vous n’êtes pas familier avec ce système de séries éliminatoires en fin de saison déterminant, selon les divisions, l’accession au niveau supérieur ou le titre, mieux vaut ne pas tarder.

« D’un côté ce n’est pas très juste, mais d’un autre, la saison régulière ne serait pas toujours la même sans les playoffs. L’avantage que ça a, c’est au niveau des émotions : c’est plus fort. Comme c’est sur un laps de temps très concentré, ça met une charge émotionnelle de tous les côtés qui est plus importante. C’est pour ça que ça vient dans les autres sports. Aux Etats-Unis, ils n’auraient pas l’idée de faire autrement », estime Vincent Collet, coach de la SIG Strasbourg qui débute sa série en quart de finale dans son Rhénus ce mardi (20h50) contre Nanterre pour sa sixième participation consécutive aux playoffs du championnat de France de Pro A.

Des entretiens avec les joueurs pour préparer les playoffs

Parce qu’au basket, les playoffs sont une institution. Et le club de la SIG en a désormais l’habitude. Reste qu’il faut préparer ce moment crucial pour les acteurs sur le terrain, où toute la saison se joue sur des matchs couperets. De quelle manière ? En préparant les matchs comme les précédents ou en passant mode commando ?

« Non pas en mode commando, mais par contre ce n’est pas comme d’habitude. C’est un moment à part, qu’on prépare donc différemment, répond Vincent Collet. C’est-à-dire qu’on fait des réunions, des entretiens individuels avec les joueurs. Ce sont les phases finales, donc ça requiert une attention particulière. »

« On peut dire ce qu’on veut, même les matchs contre les meilleures équipes dans la saison ce ne sont qu’une étape sur les 34 qui constituent la saison régulière. Certaines sont plus importantes quand ce sont des adversaires directs, mais malgré tout ça reste une équipe. Alors que là, c’est “do or die”, c’est vaincre ou mourir. »

Le tacticien strasbourgeois s’accorde à dire que le côté mental est presque aussi important que le basket. « On prépare ça aussi. On a échangé entre nous, en leur donnant la parole d’ailleurs, parce que c’est une aventure humaine et commune dont les joueurs sont les principaux dépositaires. Moi, mon but c’est de les aider à gagner le prochain match. On réfléchit ensemble à comment faire, aussi bien sur les aspects basket que tout ce qu’il y a autour. »

Entre ses playoffs avec Le Mans, l’Asvel et Strasbourg, l’expérience emmagasinée par Vincent Collet est sans équivalent en France. Ses victoires et ses échecs l’ont évidemment fait « évoluer ». De son propre aveu, le coach insiste de plus en plus sur les aspects mentaux, soit « la spécificité de cette compétition, qui demande beaucoup de réactivité, d’adaptation pour les coachs mais aussi pour les joueurs. Et d’avoir cette capacité à être prêts tout de suite, tout le temps. »

Souviens-toi, c’était contre Nanterre en finale des playoffs

Domination sur le papier, avantage du terrain, série mal embarquée, malédiction des finales perdues par Strasbourg… S’il sait que ces commentaires « sont légitimes », Vincent Collet n’y prête pas attention. Là encore c’est l’expérience qui parle : « Ce que j’ai appris, c’est qu’à chaque série il y a un contrat à remplir. Et là le contrat c’est de gagner deux matchs sur trois. Nous, il faut qu’on soit dans l’opérationnel : préparer le mieux possible le match de demain (mardi). Et le match de demain, on s’en servira pour préparer le deuxième (vendredi), quoi qu’il se passe demain soir. »

« C’est ce que nous avions très mal fait en finale en 2013, après avoir surclassé Nanterre le premier jour. J’avais parlé aux murs pendant deux jours avant le match 2 : ça m’a impacté, ça m’a aussi éclairé. Même quand on est conscient de certaines choses, ça ne sert pas à grand-chose si les joueurs ne s’approprient pas à un moment donné le message. »

Cette fois Strasbourg et Nanterre s’affrontent en quart de finale. Gaffe toutefois à ne pas faire deux fois la même erreur, face au même club.