Marabout, prière et préparation mentale... On aide la SIG Strasbourg à vaincre la malédiction des play-offs

BASKET Le club strasbourgeois dispute sa cinquième finale de championnat de France, après quatre revers consécutifs…

Alexia Ighirri et Bruno Poussard

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Marabout, cierge à la cathédrale, on aide la SIG à vaincre la malédiction des play-offs de Pro A
Marabout, cierge à la cathédrale, on aide la SIG à vaincre la malédiction des play-offs de Pro A — Yan Lerval/SIPA
  • Le club de basket strasbourgeois dispute sa cinquième finale de play-offs de Pro A cette semaine, contre Chalon, après avoir échoué quatre fois de suite entre 2013 et 2016.
  • La SIG a mal débuté sa série, facilement battue à Chalon (89-75) mardi. Prochaines rencontres: jeudi et samedi.

On n’a ni la taille ni le talent pour intégrer une équipe de basket. Encore moins pour fouler les parquets en finale des play-offs de Pro A. Mais on voulait quand même prêter main-forte à la SIG, qui affronte Chalon pour sa 5e finale et est appelée à vaincre la « malédiction » dont beaucoup parlent après ses quatre échecs contre Nanterre (2013), Limoges (2014, 2015) et Villeurbanne (2016). Surtout que la série a commencé de la plus mauvaise des manières avec une défaite des basketteurs strasbourgeois mardi (89-75).

Alors oui, la situation est différente : personne n’attendait la SIG en finale au vu de sa saison à rebondissements, Strasbourg n’a pas l’avantage du terrain, n’affrontera pas d’équipe au maillot vert… et «Clermont a gagné la finale de rugby », s’amusait Vincent Collet après la victoire de demi-finale. On nous encourage néanmoins à ne pas évoquer les manières de briser une quelconque malédiction avec le coach strasbourgeois qui préférait lundi aborder les choses « match par match » : « Il ne faut pas faire de conclusions hâtives, ne pas chercher à écrire le scénario avant. Il faudra rester très terre à terre ; »

« Des grigris ? Je ne suis pas là-dedans »

On a tenté notre chance avec cap’tain Jérémy Leloup. Après trois finales perdues, on a forcément eu envie de lui demander s’il avait prévu un grigri, un porte-bonheur, pour cette fois : « Non, non. Je ne suis pas là-dedans », sourit le joueur.

« Un fétiche spécifique peut être créé à cette occasion, assure pourtant Adeline Beck, administratrice du Château musée Vaudou à Strasbourg. Mais le plus souvent le bokono (prêtre/sorcier Vaudou) passera par une divinité existante et fera des offrandes sur son autel. »

Plutôt que de chercher à jeter un sort, il semblerait que le Vaudou serve surtout à se protéger soi-même ou à s’attirer chance et réussite, « à un examen, à une élection politique ou pourquoi pas sur un match, poursuit Adeline Beck. La divinité réactivée par les offrandes ainsi que par des incantations du prêtre et des gestes magiques sera réceptive et pourra nous donner un coup de pouce si elle estime notre cause légitime. »

L’appel aux dieux du basket

On a donc décidé de donner de notre personne pour aider la SIG à enfin décrocher le titre de champion de France. A commencer par un passage obligé quand on est à Strasbourg : la cathédrale. Vous nous voyez venir, on est bien allé allumer un cierge dans l’édifice religieux dans le but de se mettre les dieux du basket dans la poche.

Autre option, l’appel à un marabout. On a demandé à Professeur Sekouba, qui officie à Colmar, de nous dire comment briser la malédiction : « S’il y a eu un envoûtement comme il peut parfois y en avoir, un maraboutage peut permettre de désenvoûter. Cela peut venir d’un joueur, de l’entraîneur ou de l’équipe. » Il nous indique cependant qu’il doit rencontrer un représentant de l’équipe pour savoir s’il peut vraiment agir.

>> A chacun ses porte-bonheur : une de nos lectrices, Magali, a customisé son canard de la Duck race de Strasbourg aux couleurs de la SIG

On s’est donc retourné vers une personne qui a l’habitude de côtoyer les sportifs et qui a une approche un peu plus médicale. « Quand il y a une succession d’échecs, il faut se défaire de la croyance de se dire que cela peut se répéter. Il faut y aller comme si c’est la première fois. Aborder la finale sans a priori », juge Sandra Holtz, psychologue et préparatrice mentale au Creps d’Alsace et psychologue et sophrologue au centre médico-sportif Meinau.

Comment procèderait-elle ? « Je pense qu’il y a un point sur lequel s’appuyer : c’est que les joueurs de la SIG ne sont pas favoris cette fois. C’est un énorme changement. La pression principale n’est pas sur eux. Ensuite, j’aurais pris le temps d’analyser les précédentes finales, pour mettre en lumière les facteurs qui ont joué. L’idée, c’est de leur faire reprendre les rênes. Quand on comprend et analyse ce qui n’a pas été, on peut prendre de la distance. Et se dire alors qu’on ne fera pas les mêmes erreurs. »

Arriverons-nous à ce que la chance bascule définitivement du côté des basketteurs strasbourgeois ? On observera avec attention (en croisant les doigts) les prochains matches de la série : ce jeudi à Chalon (20h45) et samedi à Strasbourg (20h30).