Football amateur: Légère hausse des violences mais le phénomène reste «contenu» selon la FFF

VIOLENCES Les incidents et actes de violences verbales ou physiques lors de matchs de football amateur ont augmenté légèrement sur la saison 2017/2018

Thibaut Chevillard

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La saison dernière, sur les 618.867 matchs disputés dans le football amateur, 11.335 ont été entachés d'incidents ou de violences, selon la FFF.
La saison dernière, sur les 618.867 matchs disputés dans le football amateur, 11.335 ont été entachés d'incidents ou de violences, selon la FFF. — Philippe LOPEZ / AFP
  • Les incidents et actes de violences verbales ou physiques lors de matchs de football amateur ont augmenté légèrement sur la saison 2017/2018.
  • Selon les chiffres dévoilés ce jeudi, 49 % des incidents recensés sont des agressions verbales et 45 % des agressions physiques.
  • Pour faire face, la FFF a pris une série de mesures aussi bien éducatives que répressives.

Il ne restait que 20 minutes de match quand l’incident est survenu. Lors d’une rencontre opposant les moins de 15 ans de l’USRVN et du Montet-Bornala – deux clubs niçois –, un éducateur s’en est pris à l’arbitre après un carton rouge. Des joueurs l’ont suivi et ont à leur tour roué de coups la victime âgée d’une vingtaine d’années. Des sanctions exemplaires ont été prises. Il y a quelques jours, la commission de discipline du District de football des Alpes-Maritimes a condamné l’éducateur à vingt ans de suspension de toute fonction sportive.

Quant aux adolescents, quatre d’entre eux ont été suspendus pour neuf ans, trois autres pour six ans, comme le rapporte Nice-Matin. Ce déchaînement de violence sur un terrain est loin d’être un fait isolé dans le football amateur. Au cours de la saison 2017-2018, 11.335 matchs ont été entachés d’incidents, selon les statistiques de l’Observatoire des comportements mis en place par la FFF (Fédération française de football), analysées par l' ONDRP (Observatoire nationale de la délinquance et des réponses pénales), dévoilées ce jeudi.

Les arbitres particulièrement ciblés

Si le chiffre est important, ces incidents ne concernent qu’1,8 % des rencontres, soit 0,4 % de plus que la saison 2015/2016. Mais la tendance sur dix ans reste relativement stable. « Il n’y a pas d’augmentation réelle de la violence dans le sport », remarque Aurélien Langlade, adjoint au chef de l’ONDRP et responsables des études criminologiques. Dans le détail, les agressions verbales représentent 49 % des incidents observés et les agressions physiques 45 %. « Près de 90 % des auteurs sont des joueurs, sans surprise », poursuit Aurélien Langlade.

Les victimes, elles, sont principalement d’autres joueurs (57 %) ou des arbitres (38 %). Par ailleurs, 76 matchs ont été entachés d’un incident à caractère raciste ou discriminatoire. Si les auteurs sont, là aussi, majoritairement des joueurs (63 %), près d’un tiers sont des spectateurs. Les catégories les plus concernées par les violences sont les 17-18 ans (3,4 %) et les plus de 18 ans (2,7 %). Aurélien Langlade souligne que « plus l’âge baisse, plus le pourcentage de matchs à incident baisse ».

Un phénomène « globalement contenu »

« Nous ne sommes pas dans le déni, il y a des phénomènes de violence dans le football », souligne Pierre Samsonoff, directeur général adjoint de la FFF. Mais, ajoute-t-il, le phénomène est « globalement contenu ». D’ailleurs, « plus de 98 % des matchs se déroulent sans aucun incident ». Mais les violences restent un « sujet sérieux et important ». La Fédération a mis en place un « programme éducatif fédéral », déployé auprès de 800.000 licenciés de moins de 18 ans, composées de fiches « qui parlent aussi de vivre ensemble, de respect, de tolérance ».

La FFF a aussi lancé le « carton vert qui vise à récompenser lors des rencontres les gestes les plus fair-play », signale en outre Pierre Samsonoff. Une manière de « valoriser les comportements vertueux ». « On a aussi un volet répressif de plus en plus développé », fait savoir le directeur général adjoint de la FFF. Si les commissions de disciplines « répriment ces comportements » sur le plan sportif, la Fédération travaille main dans la main avec les préfets qui peuvent prendre des interdictions administratives de stade. Elle a également signé des conventions de coopération avec les parquets pour que les actes les plus graves « fassent l’objet d’une réponse pénale s’il y a lieu ».