VIDEO. Bretagne: Au Tro Bro Leon, les coureurs vont vivre l’enfer des ribinoù

CYCLISME Souvent surnommée «le Paris-Roubaix breton», la course se déroule ce lundi dans le Finistère

Jérôme Gicquel

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Sur les 200 kilomètres de course, les coureurs vont devoir emprunter 30 kilomètres de ribinoù.
Sur les 200 kilomètres de course, les coureurs vont devoir emprunter 30 kilomètres de ribinoù. — Sébastien Delaunay
  • La 36e édition du Tro Bro Leon se déroule ce lundi sur les routes du Finistère.
  • Comme chaque année, les coureurs devront se méfier des ribinoù, des chemins de terre étroits et parsemés de cailloux.
  • Surnommée «l’enfer de l’Ouest» ou «le Paris-Roubaix breton», le Tro Bro Leon a ses adeptes dans le peloton.

Il y a des courses dans la saison qui font kiffer plus que d’autres le peloton. On pense bien sûr à Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège ou au Tour des Flandres. Moins connu que ces grandes classiques, le Tro Bro Leon, qui se déroule ce lundi au départ de Lannilis, en fait également partie. « C’est une course unique. Pour tous les coureurs français, c’est devenu un objectif de la gagner », assure Jacky Durand.

L’ancien cyclo, désormais consultant pour la chaîne Eurosport, sait de quoi il parle. En 2001, il avait triomphé sur les routes du Finistère sous les couleurs de la Française des Jeux. Et comme beaucoup, il avait fini la course « rincé ».

Car le Tro Bro Leon n’a rien d’une partie de plaisir. Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme « l’enfer de l’Ouest » ou « le Paris-Roubaix breton ». Mais à la place des pavés du Nord, les coureurs doivent se farcir pendant plus de 200 kilomètres les fameux ribinoù, ces chemins de terre étroits parsemés de cailloux plutôt habitués à voir débouler des tracteurs. « Il y a souvent des chutes, des crevaisons et puis ça grimpe sec aussi. On n’a peut-être pas de col en Bretagne mais il y a de belles cotes », indique Perrig Quéméneur, le régional de l’étape.

Pour gagner, il faut être costaud et chanceux

Le coureur du team Total Direct Energie sera au départ ce lundi et tentera de remporter le porcelet, le cadeau offert au premier Breton sur la ligne d’arrivée. Vainqueur en 2008 dans des conditions dantesques, Frédéric Guesdon avait décroché la timbale. « C’est d’ailleurs ma seule victoire en Bretagne chez les pros », souligne le natif de Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine), qui se souvient avoir bien galéré pour sa première participation. « J’avais crevé deux fois et j’étais tombé. Cela ne m’avait pas plu du tout. Mais j’y suis retourné et j’ai adoré cette course », indique-t-il.

Pour gagner le Tro Bro Leon, il faut de toute façon être costaud et très attentif. « Le placement est très important, il faut se battre avant chaque ribine pour passer en tête », estime Jacky Durand. « Il y a aussi le facteur chance, encore plus que sur les autres courses vu le tracé », poursuit Perrig Quéméneur.

Une course en inspire désormais d’autres

En quête de spectacle, beaucoup d’organisateurs copient d’ailleurs désormais la recette du Tro Bro Leon en faisant passer leur course par des chemins de traverse. Ce qui a le don d’agacer un peu son fondateur Jean-Paul Mellouët. « Quand on me copie à l’étranger ça va, ça me fait de la pub. Ça m’ennuie un peu plus quand c’est en France », grommelle-t-il.

Le boss regrette aussi de ne pas réussir à attirer les grands noms du peloton sur son épreuve. La faute au calendrier d’abord, le Tro Bro Leon étant coincé entre les classiques flandriennes et ardennaises. Mais aussi à la situation géographique de la Bretagne. « C’est dur de les faire venir jusqu’à l’extrême ouest ! ». A défaut des Sagan, Alaphilippe et autres Van Der Poel, il y aura tout de même du beau monde ce lundi sur les ribinoù bretons avec 140 coureurs pro engagés.