Auto-moto: «Ce sont des sports de machos», lance une femme qui galère à trouver des sponsors

KARTING Adeline Quilez, originaire de La Ciotat, près de Marseille, s’est qualifiée pour la finale internationale du master Sodi World Series de karting, cet été, à Valence. Sauf qu’elle ne trouve pas de sponsors pour financer sa participation

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Adeline Quilez fait de la compétition depuis 2008.
Adeline Quilez fait de la compétition depuis 2008. — A.Q.
  • Aucune entreprise n’accepte de financer Adeline Quilez, qui est pourtant la femme pilote la mieux classée en karting.
  • Elle estime que le sport auto est un milieu machiste et témoigne des nombreuses réflexions qu’elle entend sur le bord des pistes.

« Help. » C’est par cet objet de mail qu’Adeline Quilez a attiré notre attention : la pilote, originaire de La Ciotat, près de Marseille, se disait « désespérée », dans ce message de la dernière chance, envoyé à 20 Minutes. Fin avril, elle doit s’inscrire pour la finale internationale du master Sodi World Series de karting, à Valence. Première femme du classement international, elle rêve d’aller défier le gratin mondial cet été… Mais pour ça, il faut trouver environ 1.700 euros pour financer son inscription et son voyage. Adeline Quilez a dû lancer une cagnotte​ en ligne car, pour l’instant, aucun sponsor ne s’est montré intéressé.

Pourquoi ne parvenez-vous pas à trouver de sponsors ?

C’est vraiment très compliqué pour une femme de se faire sponsoriser. Le sport auto, c’est un sport de machos ! Pour eux, ça reste un sport d’hommes. J’entends sans cesse des choses du style : « T’es une femme, t’as rien à faire ici, qu’est-ce que tu fais sur un circuit ? » Il faut avoir un caractère d’homme pour s’imposer. Heureusement que c’est mon cas.

Mais faute de sponsors, vous devez financer toutes vos courses vous-même…

Je paye tout directement depuis que j’ai commencé la compétition, en 2008. J’ai été la première femme au classement mondial en 2016 et en 2018… Mais aucun sponsor n’accepte de me financer. « Le karting, c’est un sport d’homme » : voilà ce qu’ils me disent. C’est impossible d’être crédible, malgré mon palmarès. Un homme avec un palmarès équivalent croule sous les sponsors : c’est beaucoup plus facile pour eux !

Que va-t-il se passer si vous ne trouvez pas de sponsors pour la finale internationale ?

Je vais devoir me résigner : sans sponsor, je n’irai pas à Valence, alors que je me suis qualifiée et que je rêve de participer à cette compétition, pour affronter les meilleurs mondiaux et tenter de me faire une place dans le Top 20. Mais la fin des inscriptions, c’est le 30 avril… Il y a urgence, je commence à désespérer ! Je prospecte énormément, je contacte des entreprises sur Facebook, je vais les voir… Je ne fais que ça !