PSG-OM: Entre polémiques et coups de bluff, Marseille n'aurait pas foiré la préparation du classico?

FOOTBALL L’OM de Mario Balotelli a vécu un dix-neuvième match sans victoire face au PSG d’Angel Di Maria. Alors que Paris était prenable cette année. Le rendez-vous a sans doute été mal préparé

Jean Saint-Marc

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Le boulard d'un attaquant, le spleen d'un capitaine, un coup de bluff... Et voilà comment on loupe un Classico.
Le boulard d'un attaquant, le spleen d'un capitaine, un coup de bluff... Et voilà comment on loupe un Classico. — SIPA, AFP et montage J.S.-M.
  • Un ancien joueur, un ancien entraîneur et un supporter de l'OM. Voilà le casting pour analyser la préparation de Rudi Garcia en amont du classico de dimanche, perdu 3-1 par l'OM.
  • Son possible coup de bluff et les frasques extra-sportives de Mario Balotelli n'ont pas aidé l'OM à aborder sereinement cette rencontre.

Avait-il un tee-shirt sous son maillot ? Avait-il la gastro ? Ce lundi, le petit monde des suiveurs de l'OM s’excite sur ces deux questions cruciales (et se demande si le mistral va souffler encore une semaine, ça devient pénible, là, enfin bon en même temps c’est de saison, je vous remets un demi ?) Les extravagances de l’attaquant Mario Balotelli animent un lendemain de classico d’une grande banalité : c’est le 19e match sans victoire marseillaise dans un PSG-OM.

Avant de rentrer dans le vif de l’autopsie, expédions les deux polémiques à la noix :

  • La gastro de « Balo » : L’attaquant n’a pas pris l’avion avec le reste de l’équipe, samedi, en raison de maux de ventre. Finalement, il était en pleine forme dimanche. Probabilité qu’il s’agisse d’un coup de bluff du staff olympien : 97 %.
  • Le maillot de « SuperMario » : De nombreux journalistes racontent qu’il avait prévu d’exhiber un tee-shirt à l’effigie de Marcus Rashford en cas de but, pour chambrer les Parisiens, éliminés en Ligue des champions. Balotelli dément. Intérêt de cette histoire : 9 %.

L’attaquant de l’OM avait-il mieux préparé ses éventuelles célébrations que ses combinaisons sur les coups de pied arrêtés ? Il est d’ailleurs sorti, après un match banal, en chambrant Auteuil. « On sait que ce garçon est fantasque et qu’il est complètement capable de se déstabiliser lui-même », se marre Albert Emon, ancien entraîneur de Marseille (2001-02 puis 2006-07, plus quatre ans dans le staff). Rudi Garcia devrait-il resserrer les vis, engueuler son poulain qu’il encourage à grands coups de « Vai Mario, vai ! » avant chaque match ?

« Peut-être nécessaire » de gronder Balotelli

« C’est peut-être nécessaire, mais la saison est tellement avancée qu’il faut peut-être plutôt le cajoler pour qu’il mette un ou deux buts de plus », hésite Albert Emon. Pour lui, Rudi Garcia a eu quelques bonnes idées, notamment tactiques, avant ce classico. Avec un audacieux 4-4-2, l'OM a eu « 30 ou 35 bonnes minutes », estime Emon, qui peste contre « les problèmes de concentration » des Marseillais, surpris par une contre-attaque incroyable de Di Maria, Mbappé et Kherer juste avant la mi-temps.

« Dès qu’elle s’attaque à plus gros, l’équipe est marquée par une réserve voire une pleutrerie hors de propos », peste le lyrique Camelus Blaah (ou Romain), chameau à la plume libérée sur horsjeu.net. Il développe :

Ce truc de dire qu’on était bien en place en première mi-temps, c’est l’argument de Rudi Garcia… Mais ce qui est terrible, c’est que Paris n’a pas eu à forcer pour nous battre. Ils marchaient sur des phases de jeux entières ! Au moins, quand ils étaient venus nous rouster 5-1 (en 2017), ils avaient une puissance de feu énorme. »

C’est systématique depuis l’arrivée de Rudi Garcia : face aux gros, l’OM se fait tout petit. En cinq confrontations face aux trois équipes mieux classées cette saison, l’OM n’a pris aucun point (sur 15 possibles) et a encaissé 14 buts. « C’est compliqué niveau résultats mais ça tournera peut-être, ils ont des joueurs d’expérience, qui ont du mental », assure l’ancien Marseillais Laurent Battles. Le désormais entraîneur de la réserve de Saint-Etienne juge que ces matchs se préparent naturellement : « En tant que joueur, j’y pensais tout au long de la saison ! »

Coup de bluff, coup dans l’eau ?

Aurait-il apprécié d’être victime d’un (éventuel) coup de bluff de son coach ? On se met à la place d’un Dimitri Payet qui a dû passer un sale week-end. La gastro-entérite de Balotelli aurait pu lui faire regagner sa place dans le onze… Loupé. « Effectivement, je ne suis pas persuadé que ce soit une bonne idée de bluffer », sourit Battles – qui rappelle, à raison, qu’il est impossible de savoir si la gastro était réelle ou fictive.

« Je dois vous avouer que j’ai souvent bluffé, ça fait partie du jeu », sourit Albert Emon. Qui reconnaît, après coup, que cela ne sert à rien : « Tuchel est un grand pro mais il ne connaît pas la moitié des joueurs français ! Il décide en fonction de son équipe, pas de l’adversaire ! »