PSG-OM: Des courses, des buts, des cœurs avec les doigts... Retour sur le grand soir d'Angel Di Maria

FOOTBALL L'Argentin a remboursé le prix du billet pour ce Classique à lui tout seul

Au Parc des Princes, Nicolas Camus

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Angel Di Maria a régalé lors de PSG-OM, le 17 mars 2019 au Parc des Princes.
Angel Di Maria a régalé lors de PSG-OM, le 17 mars 2019 au Parc des Princes. — Christophe Ena/AP/SIPA
  • Le PSG a battu l'OM dimanche soir en clôture de la 29e journée de Ligue 1. 
  • Angel Di Maria a été le grand bonhomme du match, avec deux buts et une passe décisive. 
  • L'Argentin réalise une saison pleine, et se montre encore meilleur depuis les blessures de Neymar et Cavani. 

Qu’aurait été ce «Classique» entre le PSG et l’OM sans Angel Di Maria? Dimanche, dans un match assez plat entre une équipe encore un peu la tête dans le sac et diminuée et une autre à peine convalescente, l’Argentin a remboursé le prix du billet à lui tout seul. Acharné comme rarement, il a été impliqué sur les trois buts qui ont permis à son équipe de l’emporter (3-1). On déroule le récital :

  • 45e+2 >> Récupération devant sa surface suite à un corner marseillais, deux petits crochets pour se débarrasser du pressing de ses adversaires, passe vers Verratti, et cinq secondes plus tard, après des relais de Dagba et Kehrer, c’est lui qui se retrouve avec le ballon 50 mètres plus haut pour lancer Mbappé vers l'ouverture du score.
  • 56e >> Quatre Marseillais dans le vent après un une-deux avec Kehrer, fixation de Caleta-Car et Mandanda, frappe enroulée petit filet opposé.
  • 66e >> Après avoir provoqué l’expulsion de Mandanda sur un contre joué à 100 à l’heure, il se charge du coup franc, à environ 30 mètres des buts... Frappe enroulée poteau rentrant, juste en-dessous de la lulu.
     

Si vous rajoutez à ça sa finition tout en douceur face à Mandanda annulée (à juste titre) par le VAR au quart d’heure de jeu, ses courses défensives à la Cavani pour soulager ses coéquipiers, ses crochets délicieux et ses tibias sacrifiés pour la cause, ça fait un bon gros match plein. Qui aurait pu se conclure sur un triplé si Mbappé lui avait laissé le penalty - qu'il a raté - dans les arrêts de jeu. Mais l'Argentin n’a pas argumenté bien longtemps, il savait qu’il avait déjà fait le taf.

«On savait que deux-trois joueurs chez eux pouvaient faire basculer le match, et ça a été le cas, notamment avec Di Maria, reconnaît Valère Germain. Sur le deuxième but on doit faire mieux, après le troisième c’est le talent personnel qui parle.» Thomas Tuchel n’a lui pas assez de superlatifs pour parler de son poulain: «Il a fait un match exceptionnel. C'est extraordinaire. Il a joué un match... exceptionnel. Il a été décisif. Je suis heureux car il l'a mérité.»

En route pour sa meilleure saison parisienne

C’est vrai que ça fait un bon petit moment que ça dure pour l’Argentin. «En ce moment, il il survole les matchs et les gagne à lui tout seul», relève Rudi Garcia. Souvent relégué au rang de «celui dont on sait pas trop quoi faire parce qu’il y a Neymar, Cavani et Mbappé à faire jouer», notamment la saison dernière avec Emery, il s’éclate cette saison. C’était déjà le cas avant les blessures du Brésilien et de l’Uruguayen, ça l’est encore plus depuis. «Il a beaucoup de responsabilités parce qu'il nous manque plusieurs joueurs clé, note le coach allemand. Lui et Kylian, ils ont confiance et prennent leurs responsabilités. »

On l’avait vu notamment à Manchester, lors du 8e de finale aller. Di Maria avait été magnifique, entre le coup de la bière pour moucher les supporters anglais et surtout ses deux passes décisives pour Kimpembe et Mbappé. Cela fait maintenant 16 buts et 14 passes dé pour lui cette saison, bien partie pour être sa meilleure sous le maillot parisien (21 buts et 12 passes la saison dernière).

Si on pouvait lui reprocher un petit quelque chose, hormis le fait d’être passé à côté au retour contre MU comme tous ses coéquipiers, ce serait qu’on aimerait l’entendre de temps en temps en zone mixte. Un soir comme dimanche était l’occasion parfaite, mais on ne se faisait pas beaucoup d’illusions non plus. Après quatre ans dans la capitale, on le connaît finalement assez peu. L'Argentin est un timide, qui répond encore à ses rares interviews en espagnol. Peut-être pour ça qu'il est l'un des derniers hommes sur terre à faire des cœurs avec ses doigts quand il est heureux... Au moins, ça, tout le monde comprend.